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Éloge du sein des femmes

Recettes virginales

Ouvrage curieux (Chapitre IX)



Auteur :

Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes, Chapitre IX : « Recettes virginales », Ouvrage curieux dans lequel on examine s’il doit être découvert, s’il est permis de le toucher, quelles sont ses vertus, sa forme, son langage, son éloquence, les pays où il est le plus beau et les moyens les plus sûrs de le conserver, Éd. A. Barraud, Paris, 1873.


CHAPITRE IX
RECETTES VIRGINALES. — MOYENS À EMPLOYER POUR EFFACER LES RIDES ET DIMINUER L’AMPLEUR DU VENTRE ET DE LA GORGE ET DE LA FAIRE CROÎTRE À CELLES QUI SONT PRIVÉES DE CE BEL ORNEMENT.

Quelquefois, après la grossesse, la gorge et le ventre restent flétris et plus volumineux. L’art offre ici plusieurs moyens : ils sont ou mécaniques, ou thérapeutiques ; les premiers consistent dans l’application de bandelettes pour le sein, et de larges bandes sur le ventre, aussitôt après les couches, avec la précaution de les resserrer graduellement, pour laisser à l’organe de la génération les moyens de contraction qui lui sont alors nécessaires. L’habit européen est, à cet effet, plus favorable aux femmes que la veste asiatique qui, ne contenant point les intestins, permet à la texture molle de leurs enveloppes, d’acquérir des dimensions énormes. Plus soigneuses de leur gorge et de leurs pieds, les Géorgiennes, les Otaïtiennes, les Chinoises, les Bayadères captivent leur gorge enfantine dans un étui, qu’elle ne peut dépasser [1], et emprisonnent, dès le berceau, dans une babouche étroite, leur pied qui ne s’accroît que très-peu. On a ridiculisé ce goût fondé cependant sur quelque raison. En effet, une main calleuse, un pied plat et long annoncent une basse extraction, une vie exercée aux travaux les plus rudes, tandis qu’un pied mignon, présage flatteur d’attraits plus cachés, semble être le résultat d’une éducation soignée : et ne fît-on que retracer cette fameuse Rhodope, déjà citée par nous, dont le joli soulier, emporté par un aigle et tombé à Memphis, dans le bain du roi Psammétique, fit marcher son petit pied à si grands pas vers la fortune, et valut à Rhodope les honneurs du trône ; on avouera qu’on a quelque droit à placer ce genre d’attrait parmi ceux qui exercent sur l’homme un grand empire.

On a vanté la mélisse pilée et appliquée sur la gorge, et l’arbrisseau de Vénus, le myrte, s’honore d’offrir aussi un moyen de faire disparaître les traces du culte qu’on rendit à la divinité auquel il est consacré. En général, les sumacs (rhus coriaria), les chênes (quercus ilex), les épines, les arbousiers et tous les végétaux styptiques contiennent un tannin très-propre à cet usage.
Enfin, le médecin des dames [2] dit :

Si mulierum sinus pudoris sit nimium dilatatus, quod accidit tùm propter partus, tùm propter frequentes coïtus, debent mulieres tunc uti sequentibus remediis [3] :

Prenez, dit-il, noix de galle encore vertes, faites-les bouillir dans du vin avec quelques clous de girofle, trempez-y un linge et appliquez.

Ou bien : alun, sang-dragon, gomme arabique, suc d’acacia, feuilles de plantain, de renouée, de tormentille, fleurs et fruits de grenadier, capsules de glands, sorbes non mûres, roses de Provins, faites bouillir dans du vinaigre, et appliquez au moyen de compresses.

Ou : quatre onces d’huile d’amandes amères, une once de cire blanche ; faites fondre au bain-marie ; ajoutez deux gros d’alun, une once de suie et un gros d’orcanette, vous avez une pommade styptique [4] ; ou, enfin : alun, une once, acide vitriolique, demi-gros ; faites fondre dans quatre onces de vinaigre et quatre onces d’eau de plantain ferrée ; ajoutez deux onces d’esprit de vin et servez-vous-en, mais avec discrétion, pour imbiber, avec une éponge, certaines parties qui laisseraient des preuves non équivoques de fécondité, ou au moins, comme disait Fontenelle, que l’amour avait passé par là.

Un moyen plus simple et non moins efficace, c’est d’extraire le tannin, en versant de l’eau sur du tan en poudre dans un appareil semblable à celui des salpêtriers. Cette eau, en traversant le tan, lui enlève une portion de son principe styptique ; versée sur du nouveau, elle en dissout une autre quantité, et ainsi de suite jusqu’à ce que le tan soit plus disposé à lui en enlever qu’à lui en céder ; alors la concentration est parfaite, et on l’emploie comme les décoctions ci-dessus prescrites ; mais tous ces moyens ne peuvent que succéder aux compressions graduelles des bandes à sec, et longtemps après que tous les résultats de couche sont terminés, ou bien on courrait le risque d’une suppression souvent mortelle et toujours douloureuse. Enfin, avec les mêmes précautions, les bains froids et répétés offrent le plus sûr comme le moins dangereux de tous les topiques.

POMMADE VIRGINALE DITE À LA COMTESSE.

- Sulfate de zinc : 40 gr.
- Noix de galle : 20 gr.
- Noix de cyprès : 20gr.
- Écorce de grenade : 30 gr.
- Feuilles de myrte : 30 gr.
- Sumac : 30 gr.

Mélangez ces substances pulvérisées avec quantité suffisante d’onguent rosat. Cette pommade a la propriété de resserrer le sphyncter ou muscles constricteurs de la vulve et du vagin trop relâchés.

Formulaire magistral.
 
On doit d’ailleurs scrupuleusement observer que tous ces topiques, lotions ou pommades, ne doivent jamais s’employer pendant le tribut lunaire, ou toute autre hémorrhagie utérine ; et qu’ils ne sont suivis du succès désiré, qu’en s’imposant la sagesse la plus austère. La femme déjà trompée, et qui s’exposerait encore à l’être, n’est plus digne de notre intérêt, et du motif bien pur qui nous anime à consoler son sexe des injustices du nôtre.

Quant au moyen de s’opposer au développement excessif de la gorge, l’art offre des procédés certains pour réprimer ce luxe de la nature, de même qu’il en présente pour la forcer à accorder ses dons à celles envers qui elle s’est montrée trop avare en ce point ; et nous croyons faire plaisir à nos lectrices, en publiant, en leur faveur, le manuscrit suivant, trouvé dans les décombres du délicieux château de Crécy, bâti pour la belle Pompadour, qui paraît avoir profité de la recette qu’il contient. On sait qu’elle n’obtint que fort tard, le genre d’attrait dont il s’agit ici. On pardonnera à l’auteur ses peintures un peu vives en faveur de son motif.

« Vous m’ordonnez, madame, de consulter l’oracle d’Épidaure, pour ajouter à vos attraits ce que vous seule y trouvez à désirer : que peut, en effet, demander aux dieux, celle qui réunit à la majesté, la douceur ; à l’élégance des formes, la régularité des traits ; enfin, à l’air imposant de la reine des dieux, la fraîcheur des bergères du Mont Ida ? Heureux disciple d’Esculape, je suis appelé, par votre confiance dans mon art, à embellir la beauté même : plus occupé de mon bonheur qu’effrayé de ma témérité, je vais tenter d’unir à vos attraits des charmes nouveaux ; et j’ose croire au succès, puisque vos beaux yeux m’encouragent d’un regard.

« Dans ce siècle fortuné, où, renonçant au vain luxe des mots, les savans s’occupent avec succès des choses, on applaudit au novateur heureux qui soulève le voile de la nature, pourvu qu’il en obtienne une réponse… On veut même que les oracles qu’il surprend à l’antique déesse soient précis, et l’on pardonne à la nudité de ses expressions, pourvu que son but soit moral, c’est-à-dire, tende à la perfection, au bonheur de l’humanité. J’ose donc essayer, madame, de vous apprendre l’art d’acquérir ce nouvel attrait qui fera de vous le modèle de la beauté, et donnera à nos jeunes Françaises la confiance de vous imiter ; cet attrait qui anime le poëte, enflamme le peintre, ravit le sculpteur, inspire le musicien, et fait délirer depuis le simple cultivateur sous le chaume, jusqu’au grave philosophe au sein de ses livres poudreux ; cet attrait, dont les fières amazones consentaient à sacrifier la moitié pour gagner en adresse ce qu’elles perdaient en appas ; cet attrait, dont la pomme de Paris n’offrait qu’une imparfaite image, et qui la fit tomber de ses mains ; enfin, cet attrait qui date des premiers jours du monde, si c’est par lui qu’il faut expliquer cette autre pomme plus fatale, auquel le genre humain doit, dit-on, la perte du bien et la connaissance du mal.

« S’il est recherché par les hommes, les femmes s’honorent de l’offrir à nos yeux, c’est l’aiguillon du plaisir, le prélude du bonheur !… C’est le secret de ce don charmant que, sans m’arrêter à le depeindre, je voudrais conquérir pour les femmes qui en sont privées, et quoique ce ne soit point une fiction, c’est dans la fable que je puiserai la leçon que je viens vous offrir.

LA COUPE D’HÉBÉ (ALLÉGORIE).

« Hébé, trop jeune encore, ne comptait que quatorze printemps : le lys et la rose se disputaient ou plutôt se partageaient l’honneur de nuancer son teint… de grands yeux bleus, où déjà se peignait l’amour sans qu’elle s’en doutât, s’ouvraient lentement sous de noires et longues paupières ; un front uni, un nez droit, une bouche de la couleur et de la forme d’un bouton de rose qui s’entrouvre, une haleine qui en avait le parfum, des dents d’un émail opalin, de charmantes fossettes offrant des niches à l’amour indécis [5], un col blanc et onduleux, une taille et flexible et légère, des bras arrondis, des doigts délicats ; enfin de petits pieds effleurant à peine les parvis de l’olympe… Hébé avait tout en partage, et les dieux, auxquels elle versait le nectar dans la coupe de l’immortalité, étaient plus enivrés de ses charmes que de sa liqueur éthérée… elle réunissait tout… tout ? non… quelque chose manquait à ses charmes, et ce fut l’orgueilleuse Junon qui s’en aperçut. Hébé entrait dans cet âge où la nature indécise semble n’avoir qu’ébauché son chef-d’œuvre. Offrant également les attraits des deux sexes, elle n’avait point encore reçu ce double présent qui décèle une vierge et que caresse l’œil furtif de l’amant timide… Le dieu de la foudre lui-même, souriant à la remarque de l’auguste Junon, témoigne le désir de voir Hébé parfaite… Il dit, et fils aussi soumis que galant époux, Vulcain prend la coupe des mains d’Hébé ; il en couvre l’un des hémisphères du sein de Vénus, et l’arrondit sur ce modèle à la vue des dieux frémissants d’envie et de volupté. Sous son léger marteau le métal docile s’étend, se contourne, se creuse, et façonnée de même sur le second hémisphère de la belle déesse, naît une seconde coupe. Le dieu de Lemnos les place sur le sein d’Hébé qui, ainsi parée, ressemble à la chaste Pallas ; bientôt sous ces deux coupes protectrices son sein s’élève, un double mont bondit, et sa gorge s’accroît sans dépasser ces heureuses limites. Les dieux applaudissent… Cette ingénieuse invention passa jusqu’en Grèce ; l’Inde s’en fit honneur, mais elle se perdit comme tous les usages antiques et fut conservée par les seules Bayadères… Ces coupes amoureuses furent réservées pour les banquets des dieux, et ce sont elles qui, remises depuis aux mains d’Hébé, désaltèrent encore les fortunés habitants de l’Empyrée, et leur inspirent les désirs, l’espérance et la joie en leur rappelant le moule heureux sur lequel elles furent arrondies.

« C’est ce prodige de la mythologie que l’art veut reproduire pour vous, belles, à qui il ne manque que cet attrait pour être accomplies, et vous aussi pour qui sa possession excusera l’absence des autres.

« En drapant légèrement les formes imparfaites de votre douce amie, jeunes époux, imitez le disque rond de Phébé ; échancrez [6] l’étoffe en dessinant les contours absents des attraits que vous désirez ; que votre main utilement caressante et instruite à la volupté par le dieu de Délos, sache promener des doigts mobiles sur l’aréole de ce sein non encore développé [7] ; que de fréquentes titillations fassent frémir ses fibres ; bientôt la papille se gonfle, et les esprits appelés par ces douces frictions enflent les muscles qui, profitant d’une liberté inconnue, se frayent une route nouvelle ; une lymphe nourricière baigne les glandes qui se dilatent ; le réseau éclatant et poli qui les renferme, participant de l’éréthisme général, s’arrondit sous les doigts créateurs : comme la fleur, condamnée à périr sous les glaçons de l’hiver, se développe et naît au jour, sous le verre diaphane, et sous les douces influences d’une chaleur factice ; de même les sucs élaborés sous la main de l’époux fortuné s’accumuleront en dessinant les voluptueux contours des beaux modèles que nous a transmis le ciseau des Phidias et des Praxitelle.

« L’une des coupes fameuses dont il s’agit ici, madame, s’est perdue, ou plutôt aimons à croire que les dieux l’ont retirée pour conserver le type du beau, s’il se trouvait perdu sur la terre ; l’autre est célèbre par ce banquet où l’amoureuse Cléopâtre fit publiquement aux yeux extasiés d’Antoine, non la fastueuse expérience de dissoudre une perle dans un breuvage qui n’eût pas épargné l’organe complice de sa forfanterie, mais celle bien plus merveilleuse de l’exacte application de ce moule divin, sur sa gorge ravissante. Elle orne aujourd’hui un Musæum fameux en Europe, et nous pourrons la consulter pour donner à vos formes le degré d’extension avoué par le goût, si vous accordez à mes avis le droit de concourir à la naissance de l’attrait dont vous désirez la possession. Je dois vous dire enfin, madame, que c’est de l’abus des moyens que je viens de vous indiquer qu’est né un singulier usage, chez les femmes turques, dont les époux, par je ne sais quel goût bizarre, préfèrent une gorge volumineuse et tombante, et qui, pour se procurer ce double agrément, usent avec excès des bains chauds et du massement, opération inconnue en Europe. Ce n’est, certes, pas à cette espèce de perfection que je désire vous voir atteindre, et la nature heureusement vous a formée de manière à ne pas satisfaire les inclinations turques ; mais l’art hippocratique offre encore des ressources aux femmes dont l’accroissement de la gorge aurait besoin d’être prévenu, et c’est dans le même moyen qui favorise son développement qu’elles trouveront celui de sa répression. Les belles favorites du commandeur des croyants, les Circassiennes, les Géorgiennes, les Mingréliennes, opposent, dès l’âge de douze ans, à leur gorge naissante, un léger rempart de bois de santal qu’elle ne peut franchir ; et ce genre d’attrait acquiert chez elles, par la compression, une fermeté que l’on rencontre difficilement chez les femmes des autres peuples.

« Pardonnez, madame, ces détails que la nature de votre demande a rendus nécessaires, et puisse l’application de cette théorie ajouter encore, s’il est possible, aux charmes qui ont mérité l’hommage d’un autre Jupiter. Puissé-je alors aussi, jeune encore et médecin peu connu, obtenir par mes soins votre entière confiance, et par le succès de mes recettes, le triomphe d’une nouvelle Hébé ; dût une moderne Junon accabler de sa persécution [8] l’inventeur satisfait de sa réussite. »

D.M.V.S.M.

Nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu’en rapportant l’anecdote suivante, qui en est le corollaire.

Sous Louis XIV, le supplice de la Brinvilliers fut un exemple insuffisant pour arrêter les empoisonnements. Une chambre ardente fut instituée pour juger de ces crimes. L’arrestation et le procès de la Voisin firent découvrir dans les papiers de cette dernière, une foule de lettres qui compromettaient des gens de la plus haute condition. La Voisin était accusée d’avoir vendu des poisons, des charmes, et divers secrets magiques pour se faire aimer. La duchesse de Foix avait été arrêtée sur la déposition d’un simple billet d’elle trouvé chez la Voisin, et dont le sens était plus obscur que propre à baser une accusation. Louis XIV, ne voulant pas que sur un indice si léger une dame de haute distinction fût emprisonnée, se réserva de l’interroger lui-même dans ses cabinets, où elle fut conduite avec son propre carrosse par le capitaine des gardes en quartier.

« Reconnaissez-vous ce billet, madame la duchesse ? lui dit Sa Majesté d’un ton sévère, mais doux.
- Sire, il est de ma main ; je ne puis ni ne veux le nier.
- À merveille ! Maintenant dites-moi, je vous prie, avec la même franchise, ce que signifient ces mots : Plus je frotte, moins ils poussent.
- Ah ! sire, s’écria la duchesse en se jetant aux pieds du roi, daignez m’épargner un tel aveu.
- Je ne le puis, madame, songez que je vous appelle devant moi pour vous sauver un affront public ; ce motif me donne tous les droits à votre confiance, et dans l’intérêt de votre honneur je vous ordonne de parler.
- J’obéirai, sire ! reprit en tremblant Mme de Foix, rouge jusqu’aux yeux… Depuis deux ou trois ans je m’aperçois que mon mari me néglige après m’avoir souvent reproché un défaut... non, jamais je n’oserai achever…
- Continuez, duchesse…
- Il est des charmes, reprit l’accusée, dont la nature se montre prodigue envers des femmes, avare envers d’autres…
- Poursuivez, je vous prie.
- Eh bien ! sire, mon mari n’aime que les dames auxquelles la nature a prodigué…
- Prodigué quoi ?
- Ce qui excède les belles proportions dans Mme de Montespan et manque à Mme de La Vallière… comme à moi, sire…
- Ah ! m’y voici, s’écria Louis XIV en s’excusant d’un défaut trop prolongé de pénétration… Et je vois, poursuivit le monarque interrogateur, que vous aviez demandé à la Voisin…
- Une pommade dont elle disait des merveilles, ajouta Mme de Foix en baissant les yeux.
- Cependant plus vous frottiez, moins ils poussaient.
- Hélas ! oui.
- C’était un malheur ; mais ce n’était pas un crime, et je suis enchanté, duchesse, de vous avoir épargné la honte d’un tel aveu devant la chambre ardente. Je vous rends le malheureux billet qui vous causa deux heures d’inquiétude ; retournez tranquillement à votre hôtel. Je ne vois de coupable ici que l’époux qui délaisse une femme aussi jolie que vous ; je veux en toucher quelques mots au duc. Il est un moyen plus heureux que celui dont vous avez fait l’essai pour obtenir de la nature elle-même ce que vous recherchiez par artifice ; nous en causerons avec votre mari, et j’espère qu’il l’emploiera. »

Voir en ligne : Étude physiologique sur les mamelles ou seins (Chapitre IX, suite)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage de Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes, Chapitre IX : « Recettes virginales », Ouvrage curieux dans lequel on examine s’il doit être découvert, s’il est permis de le toucher, quelles sont ses vertus, sa forme, son langage, son éloquence, les pays où il est le plus beau et les moyens les plus sûrs de le conserver, Éd. A. Barraud, Paris, 1873.

Notes

[1Nous n’avons point en France le bois mobile et léger dont se servent, pour cet usage, les Bayadères, mais nous pouvons le remplacer avec avantage par la gomme élastique, qui, par sa flexibilité et sa légèreté, ne peut froisser ni déformer les contours qu’elle serait destinée à faire éclore. On connaît à présent le moyen de dissoudre cette gomme ou plutôt ce gluten animal.

[2Le Camus, homme grave, érudit, et qui s’honora cependant de tracer l’hygiène de la beauté sous le nom d’Abdeker.

[3On pourrait nous reprocher nos citations latines, celle-ci s’excuse d’elle-même, et les mères prudentes nous en sauront gré ; quant aux autres, nous avons ménagé, aux jeunes agréables du jour, l’occasion de se montrer, auprès des belles, érudits à peu de frais.

[4Cette pommade rappelle l’aventure assez plaisante du jeune abbé de Fl…, qui, en ayant trouvé sur une toilette et ayant les lèvres gercées, les en frotta innocemment et sans penser à mal, mais avec un tel succès, que le matin, en s’éveillant, il ne pouvait ouvrir la bouche. Pareille aventure arriva également à M. le comte de Rochefort. Voici comment il la raconte dans ses Mémoires. Mlle de Menneville, fille d’honneur de la reine mère, ayant demandé à ce dernier un habit d’homme, en secret :

« Je le lui portai dans sa chambre. Mais comme il n’y avoit personne pour le recevoir, je le mis sous son lit où elle m’avoit dit de le mettre, et m’en fus causer avec la bonne femme Mme du Tilleul, sous-gouvernante des filles, qui étoit de mes bonnes amies. Comme toutes les chambres des filles, ou, pour parler plus juste, toutes les loges étoient ouvertes, car elles ressembloient proprement à celles des comédiens, j’aperçus, en me promenant avec elle, sur une toilette, des peignes, une boëte à poudre, et tous les autres ingrédiens qui servent à l’ajustement d’une fille, et niant remarqué entr’autres choses une petite boëte de pommade, j’en voulus prendre pour me frotter les mains que j’avois un peu rudes. Je la trouvai toute d’une autre couleur que celle de l’ordinaire, ainsi croiant qu’elle pouvoit servir aux lèvres, où j’avois un peu mal, j’en mis assez imprudemment. Mais je ne fus pas longtemps à m’en repentir, au même temps mes lèvres me firent un mal enragé, ma bouche se rétrécit, mes gencives se ridèrent, et quand je vins à vouloir parler, je fis rire tellement Mme du Tilleul, que je jugeai qu’il falloit que je fusse bien ridicule. Ce qui fut le pis fut que je ne pus presque articuler aucune parole, et, courant promptement à un miroir, je me fus regarder, et me fis tant de honte à moi-même, que je m’enfuis pour me cacher. En m’en allant je trouvai M. le duc de Roquelaure qui entroit pour venir faire la cour à quelqu’une des filles, et étant tout étonné de me voir de la sorte, il me demanda qui m’avoit mis en cet état. Je lui contai naïvement mon infortune, à quoi il me fit réponse, en se moquant de moi, que je n’avois que ce que je méritois, qu’à mon âge je devois savoir qu’il y avoit de toutes sortes de pommade ; que celle que j’avais prise n’étoit ni pour les mains ni pour les cheveux, et qu’elle étoit un peu plus rare. Il me quitta après s’être ainsi raillé de moi, et s’en allant dans la chambre de la reine-mère, il lui fit sa cour à mes dépens. Aussitôt tout le monde accourut pour me voir, et voiant que j’avais aprêté manière de rire, j’en aurois ri, tout le premier, s’il m’avoit été permis d’ouvrir la bouche. Cette aventure fut le sujet de l’entretien de toute la cour, pendant plus de huit jours, et on le manda même à Nantes, où le roi étoit, qui pour être si sérieux ne put s’empêcher de rire. Pour moi, j’en avois tout autant d’envie que les autres quand je pensois à cet accident, mais quoi que je m’étuvasse la bouche d’eau fraîche, et tantôt de vin tiède, il n’y eut que le temps qui m’aporta du soulagement. »

[5Portrait exact de Mme de Pompadour.

« Ainsi qu’Hébé la jeune Pompadour
A deux jolis trous sur la joue,
Deux trous charmans où le plaisir se joue,
Qui furent faits par la main de l’Amour. »
Œuv. de Bernis.

Pygmalion, scène lyrique. J. J.

[6Ce vêtement couvre trop le nu, il faut l’échancrer davantage.

[7Quant aux jeunes vierges à qui la décence interdit le secours d’une main caressante, il est un moyen qu’elles pourront employer sous l’œil d’une mère flattée d’ajouter à leurs perfections, sans admettre un tiers dans leur confidence ; le voici : appliquez sur la place de la gorge un hémisphère en bois léger et creux ou en gomme élastique et percé à son milieu, à peu près comme les ventouses de verre, dont se servent les jeunes accouchées pour aspirer le lait ; à l’orifice s’adapterait un tube de verre ou un tuyau de gomme élastique, au moyen duquel une succion plusieurs fois répétée, chaque jour, finirait par développer l’attrait tant souhaité.

Note du manuscrit.

Un de nos amis qui, dans son voyage en Égypte, a su à la fois faire des observations sur l’art de guérir et sur les mœurs, nous assure que les femmes de ce pays se servent, avec succès, pour la même intention, de la mie d’un pain arrondi, façonnée au contour de la forme que l’on désire, et appliquée encore chaude sur le sein. Cette substance, dit ce savant que réclame avec honneur la chirurgie française, porte en elle un principe végéto-animal, qui, développé par le calorique, pénètre rapidement le sein, excite l’érection de ses papilles nerveuses, gonfle le système glanduleux, et y cause un ferment, un prurit voluptueux, bientôt suivis du développement successif de l’appareil mammaire et du tissu cellulaire qui le recouvre. C’est ce même principe vireux qui agit si énergiquement comme dérivatif de l’humeur goutteuse aux extrémités inférieures, en appliquant du levain à la plante des pieds. On pourrait activer ce moyen par de légères frictions d’huile très-volatile sur le sein, et d’une lotion astringente sur les parties qui l’environnent ; au reste, le volupté fait éclore la gorge, comme le printemps fait éclore la rose, et tous les praticiens connaissent la correspondance de l’utérus au sein.

[8La belle Pompadour suivit le conseil du jeune docteur, elle acquit en effet l’attrait qui manquait seul à ses charmes, et ouvrit, par reconnaissance, à son médecin une carrière qu’il parcourut avec éclat.

Si l’on trouve ce fragment un peu libre, accusons-en plutôt nos mœurs que l’auteur qui vivait dans un temps où le Français se scandalisait plus des actions que des écrits ; il pense maintenant tout le contraire, et l’on ferait aujourd’hui le procès de Vénette, Tissot et Montesquieu s’ils publiaient l’Onanisme, le Tableau de l’amour conjugal et le Temple de Gnide ; en sommes-nous plus chastes et plus vertueux ? l’interprétation que l’on donnera à cet article répondra à cette question. Au surplus, nous protestons de la pureté de nos motifs, et nous n’avons point écrit pour les Tartuffes de mœurs, mais pour cette belle moitié du genre humain qui ne connaît de mal que celui que les pervers lui enseignent.



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