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La Flagellation à travers le monde

Recrues nouvelles

Le fouet à Londres (Troisième partie : chapitre IV)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


IV
RECRUES NOUVELLES

Le lendemain, Daniel Gowerson raconta au colonel le résultat de son entreprise et les hauts faits de la cravache. Il était transformé ; l’autorité même de son langage en faisait un tout autre homme.

Lorsque le colonel, mis au courant des moindres détails de cette scène et allumé lui-même par la vision descriptive de son ami, eut envisagé la source de jouissances qu’il y aurait à tirer de là pour lui, il lui proposa sa collaboration experte, lui promettant des leçons de fouet comme nul autre au monde ne saurait lui donner jamais.

Daniel accepta avec enthousiasme ; Ethel serait flagellée ainsi que Mary, et cela serait exquis.

Le colonel, le soir même, dans la chambre de Jenny, exposa ses théories sur la flagellation en société, plus voluptueuse encore, disait-il, que la flagellation à huis clos, le spectacle des sensations des autres doublant la frénésie du plaisir. Il parla de Mary, que Jenny connaissait bien et avait toujours trouvée un peu bizarre dans ses manières, un peu lascive dans ses gestes avec ses clientes, profitant des libertés que lui donnait son métier pour s’attarder souvent de manière à provoquer un acquiescement qu’elle semblait sans cesse attendre.

Jenny avait si longtemps souhaité le plaisir des yeux, du temps où sa nièce était chez elle que la pensée, tout à coup acceptée par le colonel, de relations si tentantes, l’affola de désirs. Elle allait donc, elle aussi, prendre part à ces belles folies ! Elle fêta le colonel, qu’elle redoutait, de toute la reconnaissance de son amour, et ils se quittèrent pour dormir, ravis l’un et l’autre du projet du lendemain.

Jenny dormit peu cette nuit-là, les heures lui semblaient longues ; d’ailleurs Mary Sombrif lui apportait un peignoir en bourre de soie qui allait être le prétexte à une aimable escarmouche.

Ethel qui ne trouvait rien au monde d’aussi parfait et d’aussi beau que Jenny, la poussait sans cesse à des fantaisies de toilette, elle avait pour elle des coquetteries charmantes ; elle veillait aux soins de sa chevelure, inspectant les innovations du coiffeur ou de la femme de chambre ; elle lui faisait essayer des chapeaux, et ne se contentait pas de dépenser elle-même un argent fou en fanfreluches ; elle voulait que cette mère jeune et belle dont elle était idolâtre, fût et restât toujours désirable et enviée.

L’intimité du colonel, dès longtemps, avait ouvert les yeux à Ethel ; elle en avait éprouvé une joie immense et avait, dès ce jour, pardonné à l’amant de Jenny le rude châtiment que jadis il lui avait infligé au pavillon de chasse, en compagnie de sa cousine. Quoi, cette beauté serait restée voilée et cachée à tous les yeux ? Cela eut été un crime. Jenny devait enfin cesser une existence de recluse. Que l’on tienne à sa réputation, bien ; mais au point de lui sacrifier un plaisir qu’elle considérait, elle, comme un don sacré de la nature sans lequel point n’était la peine de vivre, alors, non !

Et le colonel était, depuis cette découverte, devenu le meilleur de ses amis.

Mary vint dans la journée apporter le saut-de-lit à Jenny. Celle-ci voulut alors l’essayer en place de la robe qu’elle quittait, mais la jeune femme s’y opposa, disant qu’il était fait de manière à ne supporter en dessous aucun vêtement, à moins d’une légère chemise, et que l’on ne pouvait qu’ainsi en apprécier les charmantes dispositions de coupe.

Jenny acquiesça et se déshabilla entièrement.

Mary, éblouie de la statue vivante qu’elle avait devant les yeux, resta un instant muette d’admiration, mais, si artiste qu’elle fût en sa spécialité, elle n’était point une prêtresse, et cette divinité ne lui donna nulle envie de joindre les mains, bien au contraire. Elle enlaça de ses bras ce corps de déesse et, de ses chauds baisers, parcourut toutes les beautés de ses formes.

La glace était rompue, bien rompue, cette fois !

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



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