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Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

Rose Keller et le Marquis de Sade

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



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Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


ROSE KELLER ET LE MARQUIS DE SADE.

Le Marquis de Sade !

Combien ce nom sonne lugubre à l’oreille des honnêtes gens.

Sade, synonyme d’impudeur, de honte, et de débauche. Sade, nom maudit cent fois de son vivant.

Cet homme cynique, né trop tôt ou trop tard, ne nous inspire superficiellement qu’un dégoût profond et nous n’aurions garde de remuer les cendres d’un dépravé, fruit d’un siècle sans sagesse, tout plein de débauches si, dans sa vie aventureuse et vraiment unique en les annales du vice, nous n’avions retrouvé quelques faits se rapportant à notre ouvrage.

Le Marquis de Sade possédait à Arcueil une maison de campagne qui lui servait pour ses parties de débauche. Il n’était guère aimé des habitants de l’endroit, et, parfois, le paysan qui entendait des cris dus à la douleur, ou à la suprême jouissance levait vers cette sinistre demeure un bras impuissant, alors qu’un grondement de sourde colère passait de bouches en bouches.

Le jour de Pâques, 3 avril 1768, Sade donna ordre à son valet de chambre de conduire à Arcueil deux filles publiques. Ayant lui-même rencontré, sur la Place des Victoires, une femme assez mal vêtue, nommée Rose Keller, veuve de Valentin, garçon pâtissier, il lui fit des propositions qu’elle accepta, et il la mena aussitôt à Arcueil dans un fiacre.

Certains auteurs affirment que Sade, sous le nom de Saint-Rémy avait capté l’entière confiance de la Valentin, qu’il connaissait depuis longtemps. Cela importe d’ailleurs peu à notre récit. Nous pouvons résumer la scène qui suivit par la citation d’une partie de la lettre que Madame du Deffand écrivit à ce sujet à Malpole :

« Il (le Marquis de Sade) la conduisit d’abord dans toute les chambres de la maison, puis il la mena dans le grenier. Arrivé là, il s’enferma avec elle, lui ordonna, le pistolet sur la gorge, de se mettre toute nue, lui lia les mains et la fustigea cruellement. Quand elle fut tout en sang, il tira un pot d’onguent de sa poche, en pansa ses plaies et la laissa. Je ne sais s’il la fit boire et manger ; mais il ne la revit que le lendemain… »

Sade avait passé le reste de la soirée en orgies avec les deux filles de joie dont nous avons parlé.

Cette lettre se terminait ainsi :

« Cette femme désespérée se démena tellement qu’elle rompit ses liens et se jeta par la fenêtre qui donnait sur la rue… Tout le peuple s’attroupa autour d’elle. Le lieutenant de police a été informé de ce fait. On a arrêté M. de Sade ; il est, dit-on dans le château de Saumur. On ne sait ce que deviendra cette affaire, et si l’on se bornera à cette punition ; ce qui pourrait être, parce qu’il appartient à des gens assez considérables et en crédit. »

Les conjectures de Madame du Deffand se réalisèrent ; tandis que la chambre de la Tournelle entreprenait de faire justice d’un tel crime, et que l’auteur était décrété de prise de corps par ce tribunal, un ordre du roi l’avait soustrait à ses poursuites en le faisant renfermer dans le château de Saumur, puis dans celui de Pierre-Encise, où il ne resta que six semaines. Dès les premiers jours de juin, sa famille obtint pour lui des lettres d’abolition, portant que le délit dont il « s’était rendu coupable était d’un genre non prévu par les lois, et que l’ensemble en présentait un tableau si obscène et si honteux, qu’il fallait en éteindre jusqu’au souvenir. »

La Valentin reçut cent louis pour se désister, et le marquis put recommencer sa scandaleuse vie.

*
* *

Voici maintenant quelques détails rétrospectifs que nous extrayons d’un ouvrage paru il y a quelques années chez l’éditeur Fayard, et intitulé : « Le Marquis de Sade » :

La voiture déposa le Marquis au seuil de la maison ; il descendit, tira une clef de sa poche, ouvrit, puis se retourna vers Rose qu’il prit dans ses bras et emporta.

Comme ils disparaissaient tous deux à l’intérieur, la voiture sortit de la cour et, (chose étrange) reprit le chemin de Paris.

Mme Valentin l’ignorait. Autrement, elle s’en fût alarmée. Mais dans ce voyage, tout était bizarre, et son amant l’entrainait sans lui laisser le temps d’exprimer son étonnement.

Ainsi, pas un domestique pour les recevoir, pas même de concierge. Bien qu’il fit encore jour, les volets du rez-de-chaussée étaient clos et, à l’intérieur pas de lumière. Particularité non moins singulière, l’air du vestibule ne sentait ni les murs humides, ni cette odeur acre des locaux campagnards depuis longtemps fermés : on y respirait l’air rare et tiède qui croupit dans les bureaux de quelques administrations publiques, et, à la première porte qui s’ouvrit, Mme Valentin fut affectée d’odeurs de chambre à coucher suffocantes et de celles de récentes ripailles.

Ce qu’elle pouvait imaginer d’un mauvais lieu frappa soudain son esprit. D’instinct elle recula… mais plus de doute ; dans l’obscurité d’une salle elle aperçut une table encore servie et sur les tapis des formes humaines s’agitèrent au bruit de ses pas.

Elle ne les distingua qu’à peine, entrainée très vite par son compagnon ; mais, nous le dirons de suite, c’étaient des filles à demi-nues, trois ou quatre créatures de dernière catégorie, amenées là l’autre soir, et roulées sous la table, en paquets, écrasées par les labeurs d’une nuit d’orgie. Voilà pourquoi le marquis avait les paupières noires et les pommettes rouges. Il était parti pour Paris afin d’y enrôler de fraîches recrues… Le hasard lui avait fait rencontrer Mme Valentin et la furie qui bouillait dans ses veines et obscurcissait son cerveau lui avait inspiré l’idée de l’attirer dans son repaire.

Mme Valentin ahurie, ne sachant plus que croire, que penser, le frisson dans les reins, le cœur serré, se laissait traîner par son sinistre compagnon, protestant par quelques exclamations aussitôt étouffées.
- Montons en haut, montons, disait ce dernier en la tirant par le bras, je vais te montrer l’aqueduc.

Les pieds de l’infortunée buttaient à chaque marche de l’escalier, ses genoux fléchissaient. Et toujours et partout les ténèbres.

Lorsqu’ils eurent grimpé au premier étage, il voulut monter plus haut.

Sans idée, sans paroles, épouvantée, elle se mit à crier.
- Tais-toi ! fit-il d’une voix menaçante. Sur ta vie, tais-toi, obéis ; il faut monter encore.

Elle se laissa tomber, opposant l’inertie à la violence. Mais il avait des muscles d’acier, il l’enleva, la hissa derrière lui jusqu’au dernier palier de l’habitation, celui du grenier. Parvenu là, il n’avait qu’à tirer un loquet pour pénétrer sous les toits.

La pauvre femme pressentit quelque chose d’horrible, sans savoir quoi. Que voulait d’elle, cet homme à qui elle n’avait plus rien à refuser ? Etait-il fou ?

Elle résista, et recouvrant son énergie se cramponna d’une main au chambranle de la porte en criant de toutes ses forces :
- Laissez-moi !… laissez-moi !… Grâce !…
- Mais qu’as-tu donc ? disait-il, tout en décrochant du chambranle ses doigts crispés. Je ne te fais pas de mal. Viens donc, n’aie pas peur… Ah !… mais… tu ne seras pas la plus forte, ma belle !… Obéis, te dis-je, ou nous nous fâcherons.

Elle n’obéit point ; mais il était le plus fort. Il traîna la jeune femme dans le grenier et ferma la porte au verrou. Rudement poussée, Rose alla heurter de l’épaule une de ces poutres dont la charpente soutenait les hautes toitures d’autrefois.
- Misérable ! exclama-t-elle. Etes-vous fou ? Que voulez-vous de moi ?
- Je vais te le dire, répondit Sade qui semblait chercher quelque chose autour de lui.
- C’est un guet-apens ! une infamie ! vous voulez donc m’assassiner ?
- Mais, grommelait-il, toujours furetant, ce n’est pas cela. Quel plaisir ? Ce serait trop bête. Les femmes, comme les chats, ont la vie trop dure.

Ces propos atroces n’étaient pas faits pour la rassurer. S’il ne voulait point la tuer, quel crime méditait-il ? C’était plus effrayant encore. Ses regards éperdus erraient autour d’elle cherchant une arme, une issue. Elle courut soudain à une fenêtre mansardée que rougissaient en ce moment les dernières lueurs du couchant. Elle l’ouvrit, jetant des cris inarticulés, prête à en escalader l’appui, et à se précipiter dans le vide ; mais aussi prompt qu’elle, il la retira vivement à l’intérieur.
- Pas de sottise… Soyons sage ! dit-il avec son implacable ironie.

Puis il voulut la forcer à rétrograder.

De nouveau, et plus énergiquement, furieuse, désespérée, les mains en avant, haletante, elle résista. Une lutte inégale, abominable, s’engageait.

Il lui saisit les poignets.

Elle le mordit à la main, et la douleur lui fit lâcher prise. Elle voulut fuir, eut l’imprudence de tourner le dos ; il en profita pour de jeter sur elle, l’étreindre, en lui tenant les bras prisonniers, et la reporta au milieu du grenier.
- Monstre ! scélérat ! assassin !, hurlait-elle en se débattant impuissante.
- Tais-toi, je vais te bâillonner, dit-il.

Des paysans pouvaient l’entendre. Elle l’espérait peut-être, mais qu’auraient fait les paysans ? Si charbonnier est maître chez soi, un noble seigneur l’est bien mieux encore… Nul n’aurait eu l’audace d’intervenir pour prévenir un crime. D’ailleurs, dans ce pays, on ne devait pas ignorer qu’il se passait de singulières scènes chez monsieur le marquis. On était habitué à ces cris, et les oiseaux nocturnes eux-mêmes ne s’effrayaient plus.

*
* *

Lâchant un moment sa victime, le misérable ramassa sur le plancher ce qu’il avait longtemps cherché, un paquet de cordes.

En lui voyant prendre ces cordes, l’infortunée qui sentait sa faiblesse et n’espérait plus vaincre, se prit à trembler. Son sein se gonfla et de grosses larmes rondes jaillirent sur ses joues pâles. Adossée à une charpente, et se tordant les mains, elle pleura, pleura… secouée par les sanglots, sans pouvoir articuler une parole, faible, abandonnée d’elle-même, et toujours belle, avec une grâce d’enfant.

Ses cheveux s’étaient détachés et leur ébène dépoudrée luisait par places. Sa robe, à l’épaule droite s’était déchirée et laissait voir sa peau blanche. Ses poignets s’étaient gonflés et rougis. Son attitude, sa beauté, ses pleurs, auraient attendri le bourreau. Elle était si mignonne.

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Il se releva soudain, et tenant d’une main ses cordes, et de l’autre un pistolet armé :
- Rose, lui dit-il d’une voix rauque, en appuyant sur sa poitrine le canon de son arme ; Rose, il faut céder à ma fureur. Ma passion pour toi me rend insensé… Je te hais et je t’adore, je te maudis et je me maudis moi-même d’un amour qui me poussera au crime pour se satisfaire… Tu vas m’obéir ou périr… Il faut te mettre nue.

Elle ouvrit de grands yeux ébahis. Quoi ! pour cela, elle, sa maîtresse, il l’attirait dans ce grenier et lui mettait le pistolet sur la gorge… Il était réellement fou.
- Nue… balbutia-t-elle… Dans ce grenier ?…
- Oui, de suite, je le veux, répliqua-t-il.
- Mais…
- Je le veux.

Il releva son arme et la coucha en joue. Pareille fantaisie dépassait toute imagination. Elle hésitait.
- Et pourquoi ces cordes ? demanda-t-elle.
- Pour rien, répondit-il.

Les cordes, paraissait-il, l’effrayaient plus que le pistolet. Elle ôta son fichu lentement.

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Sade se rejeta en arrière, contempla avec une sorte de ravissement la jeune femme tremblante, puis revint à elle avec une sorte d’emportement, se montant ainsi par degrés de caresses en admirations alternées.

Ses yeux se reprirent à flamber. Des rougeurs d’incendie empourprèrent ses joues et gagnèrent son front ; et soudain, d’une main violente, il se mit à ouvrir son corsage, à l’arracher.

Sa victime jeta un cri d’effroi. Ses bras par un mouvement de pudeur se croisèrent sur sa poitrine ; et la jupe, comme tout le corsage et tout le costume, s’en alla par lambeaux sous les griffes de ce forcené, au bruit sinistre de ses rires et de ses éclats de joie.

Elle se défendit, ne voyant plus dans cet homme qu’une bête de proie acharnée après elle.

Il devint furieux.

D’un bond, il sauta vers ses cordes, les saisit, en ouvrit le nœud coulant déjà préparé. Une lutte sans nom et qui échappe à toute description s’engagea.

La nuit était venu ; les lueurs stellaires, par la fenêtre, les flamandes, les trous de la vieille toiture, glissaient seules quelques clartés douteuses dans le grenier.

Le théâtre de l’attentat était noir comme le crime. Les poutres de la charpente avaient des airs de potence et de gibets.

Tout semblait de complicité contre l’infortunée.

Malgré son énergie désespérée, l’infâme vint à bout de son entreprise ; il parvint à la lier à une pièce de chêne et ce qu’il avait conçu dans le délire de l’orgie, il put le réaliser.

Nous l’avons dit, c’était un cerveau hanté de conceptions bizarres et monstrueuses. La luxure chez lui, enfantait des cauchemars, et du vice, il passait à l’action, fût-elle un crime.

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Comme Marsyas au tronc d’arbre qu’il devait rougir de son sang, Rose Valentin fut donc liée toute nue à une des pièces de bois de la toiture.

Sa blancheur se détachait sur le fond roux du chêne, pareille au marbre ou à l’ivoire.

Exténuée et résignée, elle ne faisait entendre ni une plainte, ni un soupir. Elle s’attendait à tout, même à la mort, et n’espérait plus.

Son silence irritait sans doute son bourreau, qui d’un bout de corde se mit à la fouetter. Il n’obtint rien que le mépris muet de sa victime.

Il s’anima à ce jeu cruel et redoubla.

Elle gémit, se tordit dans ses liens, cria au ciel comme toute suppliciée. Ses cris furent une excitation à la rage de Sade. Il frappa plus fort, toujours plus fort, au point que le corps meurtri en fut zébré de larges lignes roses.

- Grâce ! oh ! grâce !… je meurs !… mon Dieu, secourez-moi !…

Les souffrances devinrent telles, qu’elles lui arrachèrent des hurlements.

Quelques gouttes de rubis jaillirent… et le bourreau s’arrêta hébété. Les cris également cessèrent, la victime avait perdu connaissance. On l’eût crue morte.

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Lorsqu’elle recouvra l’usage de ses sens, il faisait jour et celui qu’elle ne connaissait que sous le nom de Saint-Rémy n’était plus là. Elle souffrait du traitement cruel qu’elle avait subi et du froid. Une immense tristesse l’avait envahie au premier regard qu’elle jeta sur ses membres lacérés, sa beauté, sa pudeur odieusement outragées.

Ses vêtements se voyaient près d’elle en tas et mis en lambeaux ; à côté, un pot de pommade frappa sa vue : Saint-Rémy avait frotté ses blessures avec un onguent ; mais il avait mieux fait encore ; — en essayant de se débarrasser de ses liens, elle les trouva dénoués.

Cette découverte lui rendit les forces.

Elle reprit ses vêtements, s’en accommoda comme elle put, répara de même le désordre de sa coiffure, puis courut à la porte du grenier, mais elle la trouva fermée… C’est parce qu’il en avait pris la clef qu’il avait dénoué les cordes. Elle en fut désappointée, sans en perdre courage, et bien résolue de fuir, chercha un moyen d’y parvenir.

La première idée d’un détenu, en voyant la porte de son cachot se refermer sur lui, est celle d’une évasion.

Elle alla à la fenêtre, théâtre de son premier combat.

Elle avait déjà pensé à ses cordes ; le grenier qui avait servi à des lessives en était abondamment pourvu.

La fenêtre, par bonheur, donnait sur le chemin du village d’Arcueil. En s’y penchant, elle aperçut deux paysannes. Elle vit aussi le fameux aqueduc, mais ce qui lui était plus précieux, le village à peu de distance où elle pourrait, au besoin, demander du secours. Elle souffrait beaucoup.

Ses cuisses, ses bras, étaient enflées. Au moindre frottement, plusieurs blessures étaient à vif. À chaque mouvement elle constatait quelque écorchure. Mais l’espoir de s’affranchir, la peur, la peur intense du monstre qui, peut-être, était près d’elle, et pouvait l’assassiner, lui prêtaient une extraordinaire énergie.

Elle avait bien songé à guetter de la fenêtre le passage de quelque paysan, mais celui-ci n’eût sans doute pas écouté sa prière. Sade était noble, et sa qualité le rendait redoutable. Elle ne devait compter que sur elle-même, et agit en conséquence.

Elle noua un bout de sa corde à une poutre du toit, jeta l’autre bout dehors et bravement enjamba l’appui de la fenêtre.

La malheureuse !… Il lui sembla que ses épaules allaient se détacher et que sa tête s’enfonçait dans sa poitrine. Elle ne demeura pas longtemps suspendue, et à peine à quelques pieds du toit fut précipitée sur le sol.

Le peu de résistance qu’opposèrent ses mains lui sauva la vie ; mais, une demi-heure plus tard, des paysans qui se rendaient au marché de Paris, la trouvèrent inanimée sur la terre amollie par les pluies.

Ils la crurent morte, la soulevèrent et l’examinèrent curieusement.

La corde qui pendait de la mansarde excita leur étonnement, tout en leur expliquant la cause de l’état de la jeune femme.

Un d’eux, pour se débarrasser de celle-ci, fut sonner à la maison… mais pas de réponse.

Ne pouvant se résoudre à un abandon inhumain, ils placèrent l’inconnue sur un âne et la conduisirent à Arcueil.

Nous avons vu par la lettre de Mme du Deffand ce qu’il advint au Marquis de Sade. Il échappa au bourreau. Pourquoi ? Il semble qu’une main protectrice et invisible le sauve.

Remis en liberté, Sade allait se surpasser en débauches meurtrières, puis se lancer dans la production d’ouvrages dictés par le délire érotique et sanguinaire.

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Que sont ces faits, quand de nos jours encore on peut lire dans les journaux ce fait-divers, épouvantable dans son simple exposé :

UNE JEUNE FILLE VIOLÉE PAR SON PÈRE ET PAR SON FRÈRE AVEC L’AIDE ET L’ASSISTANCE DE SÀ MÈRE.

Quimper, 4 janvier 1899.

La cour d’assises du Finistère a jugé aujourd’hui une ignoble affaire de mœurs, monstrueuse dans ses détails.

Il s’agit d’une série de viols accomplis sur une jeune fille infirme par son propre père et son propre frère avec l’aide et l’assistance de sa mère.

La victime de ces ignobles attentats, âgée de vingt et un ans, est une pauvre créature difforme, ne se soutenant qu’avec des béquilles et dont le corps chétif, ravagé par la misère et la souffrance, explique mal les convoitises lubriques de ses odieux parents.

Les débats ont eu lieu à huis clos.

Les accusées se nomment : Jézéquel (Yves), 53 ans, Jézéquel (François), 25 ans, père et fils, maçons, et Marie-Françoise Guillon, femme Jézéquel, 43 ans, tous trois habitant le village de Lanruc en Ploudamel, petite commune de l’arrondissement de Brest.

Voir en ligne : La flagellation dans les cours royales et dans leurs institutions

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



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