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Charles Sackeville

Sapho - Amours secrètes d’un gentleman

Roman érotique (chapitre 3)



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Charles Sackeville (Edward Sellon), Amours secrètes d’un gentleman, traduit de l’anglais The New Epicurean or the Delight of Sex, [London, 1865], Paris, 1890.


SAPHO

Tu te plains, douce enfant, d’être sans nouvelles de moi et tu me rappelles que je suis le seul homme qui ait su te procurer du bonheur. En réponse à ta plainte, je dois t’assurer que si j’avais eu à raconter quelque chose pouvant intéresser ma jeune philosophe, je le lui aurais certainement écrit, mais je sais très bien que les histoires d’amour entre hommes et femmes ne t’amusent guère et que la passion lesbienne est seule de ton goût.

Quant à ton éloge sur mes capacités sensuelles à ton égard, il me flatte beaucoup et si tu peux trouver une excuse auprès de ta tante pour t’absenter, je m’engage à te faire passer une après-midi agréable. En attendant, je vais te raconter une aventure qui, sans doute, te plaira beaucoup.

Je me promenais dans un de ces bois épais qui abondent dans le voisinage lorsque, en un coin retiré, j’aperçus deux jeunes filles assises très près l’une de l’autre et dont la conversation paraissait des plus animées. Elles étaient tellement absorbées par leur entretien que je pus sans difficulté m’avancer doucement près d’elles sans en être remarqué ; et me dissimulant derrière un buisson, je m’étendis sur l’herbe afin d’entendre leurs propos.

La plus âgée était une belle femme d’environ vingt-cinq ans, les cheveux et les yeux très noirs, un nez aquilin, et d’allure un peu masculine. Sa compagne était une charmante jeune fille qui pouvait avoir seize ans, au visage très doux, un ovale parfait, des yeux bleus ombragés de longs cils noirs et une abondante chevelure blonde, dont les mèches folles suivaient les caprices du vent ; c’était un ravissant tableau qui faisait naître en moi un violent désir de connaître les plus intimes beautés de ce joli corps.

J’écoutai leur conversation :
- Je vous assure, disait la brune, que les hommes sont des créatures très égoïstes ; et d’ailleurs quel autre plaisir pensez-vous qu’ils puissent nous donner que celui que nous prenons sans eux ?
- Mais, ma chère, dit la jeune fille, vous parlez très bien sans nul doute, et pourtant il doit y avoir quelque chose de délicieux dans les joies de l’amour, si nous en croyons les poètes, qui ont si souvent chanté ce sujet. Et d’abord, laissez-moi vous dire que j’en connais plus long, sur ce chapitre, que vous ne pouvez le supposer.
- Mon Dieu ! s’exclama l’autre, en changeant de figure, est-ce possible que vous connaissiez déjà l’amour à votre âge !
- Faut-il donc tout vous dire ?
- Oh ! oui ! petite amie, racontez-moi vite.
- Eh bien ! donc, vous connaissez certainement la jeune Mrs Leslie. Elle fut mon amie de pension et quelques mois après sa lune de miel j’allai lui faire visite à la jolie propriété que possédait son mari, Harpsden-Court. Elle me raconta non seulement toutes les joies secrètes du mariage, mais elle alla jusqu’à me permettre d’être témoin de son bonheur.
- Témoin ! s’exclama son amie, mais c’est presque incroyable !
- Croyez-moi, c’est ainsi, et je vais vous raconter dans les détails tout ce que j’ai vu.

Et la jolie blondinette, après avoir posé un long baiser sur la bouche de son amie, commença ainsi :
- Mon amie Clara Leslie est douée d’un visage aimable sans être positivement jolie, mais son corps est plein de compensations comme le découvrit son mari à sa très grande satisfaction. Elle a vingt ans, et la beauté de ses formes surpasse celle des plus belles statues. Elle me proposa donc de rester à coucher et m’installa dans une chambre voisine de la leur, qui n’en était séparée que par une mince cloison en bois, dont un des nœuds, assez gros, pouvait se retirer et donner vue sur la couche nuptiale. Clara me dit qu’elle allumerait plusieurs bougies sur la petite table près du lit et qu’elle ferait en sorte que je pusse bien voir tout ce qui se passerait entre elle et son mari. Après une soirée fort agréable, nous allâmes nous coucher vers dix heures et une fois déshabillée et ma toilette faite, je me mis sur le divan, l’œil collé à mon observatoire. Aidée de son mari, Clara fut bientôt entièrement nue, semblable à une Eve splendide avec ses beaux cheveux dénoués tombant sur ses épaules d’albâtre.

« Charlie, mon chéri, dit mon amie, couche-toi au pied du lit pour que je monte sur toi, à la Saint Georges comme tu dis : j’aime tant cette posture. » Il l’embrassa tendrement et s’étant mis tout nu aussi, il s’étendit au pied du lit. C’est alors que je vis, pour la première fois, cet étonnant bâton de chair à tête rose semblant sortir d’un nid d’épaisses boucles noires. Après avoir attendu un instant pour me laisser le temps de bien voir, Clara mit la tête du noble bijou entre ses lèvres et l’ayant bien humecté pendant quelques secondes, elle se plaça à cheval sur son mari, montrant ainsi à mes yeux ravis, son joli derrière à fossettes et ses cuisses d’une blancheur de lis entre lesquelles j’apercevais sa fente rose. Alors, prenant le membre dans sa petite main, elle l’introduisit dans son vagin et se mit à remuer follement. Son mari étreignit furieusement les deux blancs hémisphères, lui baisant les seins, tandis que des soupirs de délices échappaient à cet heureux couple. Quant à moi, j’étais si excitée que j’en suffoquais. Enfin j’eus recours au soulagement habituel de la pensionnaire et je me servis de mon doigt à défaut de quelque chose de meilleur. Bien que ce ne fût là qu’une faible compensation, elle apaisa le chatouillant désir qui s’était emparé de moi. Pendant ce temps, Clara et Charlie avaient atteint le comble de la félicité, haletants dans les bras l’un de l’autre. Après quelques instants de repos, Charlie fut de nouveau en état de recommencer. Il fit agenouiller sa femme au pied du lit et se tenant debout derrière elle, il introduisit sa queue entre ses cuisses. Ils renouvelèrent quatre fois la délicieuse opération dans des attitudes diverses, puis, éteignant les lumières le sommeil les gagna. J’eus bien du mal à m’endormir, je fus très énervée, cherchant vainement à me procurer avec mon doigt les satisfactions que Clara avait paru éprouver. Maintenant, ma chère amie, vous pouvez médire de l’amour, pour ma part, je ne souhaite rien tant que de rencontrer un jeune homme auquel je puisse plaire et le plus tôt sera le mieux.
- Ma chère petite, protesta la belle brune, je veux bien croire que votre amie a fait là un excellent mariage et qu’elle est très heureuse, mais ce que je tiens à vous faire comprendre, c’est que pour un couple heureux, il y en a dix autres de malheureux. D’ailleurs, je vais, si vous me le permettez, vous démontrer que les femmes entre elles peuvent trouver beaucoup plus de plaisir qu’avec l’homme. Nous sommes seules ici, laissez-moi vous montrer comment je sais donner du bonheur.
- Vous ! s’écria la jeune fille… et à moi ?… Mais comment donc allez-vous faire, je voudrais vous y voir !…
- Eh oui ! à vous même, petite chérie, murmura l’autre, tandis que ses yeux noirs brillaient de désir et que déjà sa main plongeait sous les robes de sa compagne.
- Oh ! comme c’est drôle, dit la gosse ; que me faites-vous donc !… C’est vraiment délicieux !…
- Oui ! cher ange ! donnez-moi votre main (et elle la glissa sous ses jupes). Maintenant je vais vous apprendre à toucher cette partie secrète. Ce n’est pas en mettant le doigt dedans qu’on procure du plaisir, mais en frottant dans le haut, juste à l’entrée, où se trouve le petit bouton qu’on nomme clitoris ; c’est ce bouton qui est le siège de la félicité de notre sexe.

Ce disant, elle manipulait adroitement le bijou de la blonde enfant qui se tordait en soupirant :
- Oh ! quel bonheur !… Oh ! la délicieuse sensation !… Est-ce possible !… Je vais…

D’émoi, elle n’en pouvait plus articuler une syllabe. La tribade voyant l’approche de la jouissance, releva précipitamment les robes de son élève, plongea brusquement la tête entre ses jolies cuisses et la gamahucha avec une fureur inconcevable.

Puis, folle de lubricité, elle se troussa et à son tour se mit à califourchon sur la gentille fille, approchant son clitoris près de son visage afin de mieux sentir sa langue. Elle n’attendit pas longtemps, car son amie, excitée au plus haut point, prête à tout ce qu’elle désirait, la lécha avec une énergie sans pareille.

Je les contemplai ainsi pendant quelques instants, tout en avisant au moyen de posséder la plus jeune dont la vue seule me rendait fou de désirs.

Tout à coup, la pensée me vint que, n’étant pas du pays, elles ne pouvaient être venues ici à pied, et qu’en explorant un peu les alentours, je trouverais bien leur voiture qui devait les attendre. Je laissai donc le charmant couple à ses joyeux ébats et je revins sur une large allée qui traversait le bois non loin de là. J’aperçus de suite une luxueuse voiture avec un valet en livrée ; en m’approchant, je vis à la couronne qui ornait la portière qu’elle appartenait à des personnes de qualité. J’accostai le laquais et lui remettant un écu, je lui demandai à qui était cette voiture.
- À Sa Grâce Monseigneur le duc de G…s, répondit l’homme, en saluant très bas lorsqu’il eut remarqué mon habit brodé.
- Alors, je suppose que vous attendez les deux dames qui sont dans le bois, lui dis-je.
- Oui, Monsieur, c’est lady Cécilia Clairville, fille de Monseigneur le duc, et mademoiselle La Coste, son institutrice française.
- Ah ! vraiment ! lui dis-je d’un air indifférent et je repris mon chemin en le saluant.

Au premier tournant de l’allée, je pénétrai de nouveau dans le bois et rentrai immédiatement chez moi. Je rageais à la pensée que cette institutrice, chargée par le duc de compléter l’éducation de sa fille, abusait de sa position pour la corrompre et en faire une tribade, au détriment de son bonheur. Car, permets-moi, Sapho, de te dire en passant que rien n’est plus nuisible à la santé et n’altère plus rapidement la jeunesse et la beauté que cet étrange penchant de l’amour entre gens du même sexe.

J’étais décidé à prendre ma revanche contre cette demoiselle La Coste, en mettant à profit les scènes que j’avais surprises au bois entre les deux femmes, et je me mis au lit avec cette résolution.

Et dès le lendemain matin, j’envoyais par un fidèle messager, à l’institutrice, ce billet :

Mademoiselle,

J’ai assisté à tout ce qui s’est passé hier, dans le bois, entre vous et lady Cécilia.

Je suis un homme puissant et si vous ne tenez pas à ce que j’aille, en personne, avertir le duc de votre conduite, vous viendrez, accompagnée de votre élève, demain à trois heures de l’après-midi, près du vieux chêne situé à l’est du même bois.

Vous prendrez un fiacre que vous aurez soin de quitter à l’autre extrémité du bois. Pour empêcher toute indiscrétion, vous ferez bien de dissimuler vos figures sous une voilette.

À vous, suivant la conduite que vous tiendrez.

ARGUS.

À l’heure fixée j’étais au rendez-vous et me plaçai à l’ombre de ce vieux chêne ; ignorant les embûches que la rusée pouvait me réserver, j’avais par précaution mis dans mes poches deux pistolets chargés. Bientôt les deux belles créatures apparurent. Je saluai aimablement la jeune fille et me contentai de lancer un regard méprisant à l’institutrice.

- Ne craignez rien, lady Cécilia, lui dis-je, vous êtes avec un homme d’honneur qui ne vous fera aucun mal. Quant à vous, mademoiselle La Coste, vous aurez en moi un ami ou un ennemi, suivant votre attitude : choisissez.
- Vraiment, Monsieur, dit-elle, votre conduite en cette affaire est tellement singulière que je ne sais que penser. Mais laissez-moi vous dire que si vous avez de mauvaises intentions en nous faisant venir ici, je saurai me venger.
- Je n’en doute pas, Mademoiselle, lui répondis-je sur un ton narquois, et j’ai pris toutes mes précautions. Mais permettez-moi, Mesdames, de vous offrir à chacune un bras et veuillez pénétrer avec moi un peu plus avant dans le bois.

L’empressement avec lequel l’institutrice y consentit, me mit sur mes gardes et bien m’en prit.

J’allais commencer mes explications, quand tout à coup deux hommes masqués, pistolet au poing, se dressèrent devant nous, menaçants. Les dames poussèrent des cris. Je me dégageai d’elles et tandis qu’un des brigands m’envoyait une balle à travers ma perruque, je pris un de mes pistolets et le tuai raide ; l’autre tira alors une balle qui me frôla l’épaule droite et, chose inattendue, alla percer la tête de mademoiselle La Coste qui, me lançant un regard plein de haine, tomba foudroyée sur le sol. Le brigand, voyant la partie perdue, tenta alors de s’enfuir, mais je l’abattis à son tour.

L’ennemi vaincu, je me retournai vers lady Cécilia qui s’était évanouie ; et soulevant dans mes bras ce corps si léger, je la portai vers l’endroit où la voiture avait été laissée. Elle avait disparu : le cocher, sans nul doute, entendant les coups de feu, avait jugé prudent de se sauver. Ma décision fut bientôt prise : j’emportai la charmante enfant dans mon cottage et la confiai aux soins de la vieille mère Jukes et de Phœbé, avec défense expresse de lui dire où elle se trouvait quand elle se réveillerait.

Puis je partis à la ville voisine, prévenir un vieil ami magistrat de ce qui venait de se passer, tout en présentant l’origine de l’histoire à ma façon. Je le priai de bien vouloir ouvrir une enquête, sans ébruiter cette sinistre histoire, puisque les coupables étaient châtiés.

Je revins le soir et trouvai ma belle hôtesse beaucoup mieux. L’ayant consolée de la mort de mademoiselle La Coste, je lui fis comprendre la perversité de cette vilaine femme et après avoir fait allusion à la scène du bois, je lui dis que j’avais vu et entendu tout ce qui s’était passé entre elles. A ces mots la douce enfant se couvrit la figure de ses mains pour cacher sa rougeur. Mais tout en la réconfortant par de douces paroles, je lui dis gaiement :
- Allons, chère petite, tout est bien qui finit bien. Pensez à l’avenir ; je vous crois faite pour les joies de l’amour. Il est vrai que je ne suis pas aussi jeune que vous pourriez le désirer, mais je m’entends mieux à faire l’amour que bien des hommes qui sont au-dessous de mon âge. Je suis riche et d’une famille noble. Je connais votre secret et j’ai déjà vu tous vos charmes : voulez-vous m’épouser ?
- Vraiment, cher Monsieur, s’écria la gentille enfant, votre galanterie en attaquant ces vilains hommes et en défendant mon honneur suffirait seule pour vous gagner mon cœur ; mais comme mon père, le duc, veut me faire épouser un vieillard plus âgé que lui, vieille créature que je déteste de tout mon cœur, je considère ma rencontre avec vous comme des plus heureuses et j’accepte votre offre avec la même franchise que vous l’avez faite. Vous me dites que déjà vous avez eu du plaisir à contempler les parties les plus secrètes de ma personne, eh bien ! mon doux Monsieur, disposez de moi comme vous voudrez : je suis à vous pour toujours.

Et elle me tendit ses lèvres pour un ardent baiser.

Cette décision me combla de joie. Il fut convenu que nous écririons au duc le lendemain pour lui donner quelques détails sur l’agression dont sa fille avait failli être victime et la fin tragique de mademoiselle La Coste. Cécilia devait y ajouter qu’ayant une véritable répulsion pour l’union qu’il voulait lui faire contracter, elle avait fui avec le gentilhomme de son choix, qui l’avait sauvée d’une mort certaine.

Après avoir réglé cette affaire, je conduisis la jeune fille dans mon appartement ; je l’installai sur le divan et me hâtai de la déshabiller fiévreusement. Elle avait des formes délicieuses, de charmants petits seins fermes, des cuisses et des fesses admirables.

Nous fûmes bientôt couchés ; mes bras enlacèrent ce joli corps et je ne tardai pas à posséder tout ce que le doigt et la langue de mademoiselle La Coste lui avaient laissé de virginité. L’aube nous trouva plongés dans la félicité, mais à la fin, fatigués tous deux, après un voluptueux baiser, nous songeâmes au sommeil.

Quelques jours après, nous fûmes mariés très secrètement.

Maintenant, ma chère Sapho, je termine cette longue lettre en te souhaitant d’en faire de même.

Voir en ligne : Amours secrètes d’un gentleman : Julia (chapitre 4)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Charles Sackeville (Edward Sellon), Amours secrètes d’un gentleman, traduit de l’anglais The New Epicurean or the Delight of Sex, London, 1865 pour la version originale anglaise, Paris, 1890 pour la traduction française.



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