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Les délices du fouet

Se faire fouetter en l’honneur de la Déesse

Roman érotique (chapitre 19)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


19

Accaparé par ma ravissante compagne, j’avais quelque peu oublié l’incomparable maîtresse de maison, qui trônait comme une idole irradiée dans la niche fleurie où elle présidait.

À ses pieds, un vieillard chauve, la figure commune et couperosée, les yeux petits et éteints, me fut désigné par un voisin comme le mécène milliardaire qui faisait les frais de cette fête et couvrait d’or l’artiste dont il était follement épris. Il lui offrait, avec un empressement amoureux les plus coûteuses folies et l’entourait d’une respectueuse adoration. Personne d’ailleurs ne semblait s’inquiéter de lui, ni le connaître. Il occupait la place numéro 1, aux pieds de Fanny ; il se tournait souvent vers elle et se penchait pour appuyer ses lèvres sur les ravissants petits pieds de la belle idole.

Au tremblement du gong, toute la salle se leva avec ce cri unanime :
- Les verges !

La belle Fanny, s’adressant à l’assistance, dit :

Mes chers amis, mes chères petites amies,

Après une heure de repos, les fidèles s’assembleront ici et viendront se prosterner devant le tabernacle sacré, pour se faire fouetter en l’honneur de la Déesse et prouver ainsi leur attachement et leur ferveur à la Vénus sexuée. Une horloge, dont un grain d’or se détachera à chaque seconde pour tomber dans un vase en cristal, permettra de calculer la durée de chaque flagellation. L’homme qui aura supporté les verges pendant l’espace de temps le plus long, aura pour récompense une heure de tête à tête avec la prêtresse, dans le tabernacle sacré. La femme qui se sera montrée la plus endurante aura un collier en brillants, dont la valeur considérable est constatée par la facture du joaillier qui l’a serti. On présentera au public, dans la salle, d’abord le collier que les femmes auront la liberté d’essayer, puis ma récompense offerte par la Vénus sexuée à l’homme le plus endurant… Après cette présentation, il y aura une heure de repos et la salle sera plongée dans l’obscurité ! Les belles flagellantes qui brûlent d’envie d’asperger de la divine rosée des verges la chair impatiente de leurs amants, seront admises dans les dix chambres discrètes munies de tout le nécessaire, où elles pourront se livrer à cœur joie à leur plaisir favori… J’invite les amants fervents à profiter de l’obscurité de la salle pour prodiguer à leurs maîtresses adorées des caresses affolantes dont l’exemple nous fut donné par la Grèce, berceau de toutes les belles et bonnes choses en amour, et qui sont un hommage à la Vénus sexuée.

Des applaudissements frénétiques répondirent à la belle oratrice qui disparut au fond de son trône fleuri.

Un grand mouvement se fit parmi les invités. Des esclaves apportaient une grande psyché, qui fut placée dans le milieu de la salle. Un grand gaillard, vêtu de la chlamyde et le front ceint d’une couronne die feuilles de bouleau, apparut portant sur un grand plateau en argent une verge, autour de laquelle se roulait en torsade, comme un serpent scintillant, le superbe collier accompagné d’un pli contenant la facture. Le prix de cette parure était de cinq mille livres sterling, cent vingt-cinq mille francs.

Le bijou fit sensation et un grand nombre de femmes se précipitèrent vers le plateau. Le porteur déroula le collier et le tendit aux dames, curieuses de le toucher.
- Mesdames, dit-il, voulez-vous l’essayer sur vous ?

D’autres curieuses affluèrent, attirées et fascinées par le brillant objet, qui passa demain en main. Une jeune personne le mit à son cou en se contemplant dans la psyché. D’autres suivirent son exemple. Une grande brune l’enroula dans ses cheveux et se regarda longuement dans le miroir, en inclinant la tête et s’adressant des sourires. Toutes étaient autour de ce collier comme des chattes autour d’un bol de lait ; c’était un tableau caractéristique du goût de la femme pour la parure. Le collier enroulé à nouveau autour de la verge, fut emporté, ainsi que la psyché. C’était le tour de la présentation de la récompense destinée aux hommes. Une fanfare de trompettes, au son argentin, retentit, et un groupe étincelant s’avança au milieu de la salle.

Il était composé de vingt esclaves portant une litière et de vingt jeunes filles en tunique blanche, ayant chacune à la main une verge gracieusement ornée de rubans. Et ce furent des cris d’enthousiasme lorsque ce cortège, pareil à une apothéose, s’arrêta. Sur la litière, tissée de fils d’or et remplie de fleurs, reposait sur un lit de roses, étendue comme Vénus en sa conque nacrée, la divine Fanny Foster, dans toute sa radieuse nudité, pétrie de lumière blonde, avec la soie mouvante de ses cheveux et le satin lilial de sa chair. Au milieu du prosternement général, dans la gloire de sa beauté, elle semblait jouir de l’ivresse de son triomphe.

Les hommes ne se lassaient pas de l’admirer, ne pouvant en détacher leurs yeux ; mais le cortège se remit en route, au son des trompettes sonores. Il avait à peine franchi les colonnes de la porte monumentale que la salle brusquement fut plongée dans une obscurité totale.

Lilian semblait avoir attendu avec impatience cet instant.
- Venez, Charley, me dit-elle, à nous deux maintenant ! Et, me serrant de sa petite main nerveuse, elle m’entraîna vers la porte de sortie. Nous eûmes du mal à nous diriger dans l’obscurité, à travers le désordre des couples enchevêtrés. La salle bruissait dans l’ombre noire comme une ruche ; des bruits de baisers, des soupirs et des râles s’élevaient dans l’atmosphère lourde de parfums aphrodisiaques. L’obscurité était venue à l’heure propice, pour satisfaire les sens et les désirs surexcités par les mets épicés et les vins capiteux, ainsi que par l’ambiance lascive qui portait aux débordements passionnés.

Dans le vestibule, beaucoup d’invités se bousculaient. Sous la cage de l’escalier, une échoppe était installée, où une jeune femme distribuait des verges et autres instruments de flagellation.

Lilette s’y précipita et choisit une belle verge souple. Mais, au moment de monter l’escalier, une servante nous arrêta. Les dix chambres avaient été prises d’assaut et beaucoup d’amateurs attendaient leur tour ; on proposait même de distribuer des numéros. De dépit, Lilian jeta sa verge à terre.
- Non, vraiment, dit-elle, avec une ravissante moue, nous n’avons pas de chance. On se serait royalement amusé. Que faire ? Allons-nous promener dans le parc.

Au parc, il lui vint une idée lumineuse :
- Oh ! charmant ! dit-elle en battant des mains, nous allons nous offrir une petite flagellation au clair de lune.

Comme deux gamins en escapade, nous nous mîmes à courir au fond du parc.
- Nous allons d’abord couper une verge sur les arbres, puis je vous fouetterai sur un lit de mousse.

Elle battit encore des mains et nous regardâmes le paysage qui était féerique. Un clair de lune bleu outre-mer répandait des tons argentins sur la verdure et allumait des saphirs aux cimes des grands arbres, ces arbres luxuriants dont les frondaisons de France ne peuvent nous donner une idée. Un bosquet, comme un décor de théâtre, nous offrit un abri. Lilette, très affairée, arracha des brins sur un jeune bouleau et, en quelques minutes, avait fabriqué une verge très présentable.

Cette flagellation, que je reçus couché sur un talus couvert de marguerites et d’herbe odorante, tandis que je contemplais la lumineuse enfant qui, sous le rayon de lune, semblait vaporisée, resta dans mon souvenir comme un magique conte de fée.

La petite verge douce et soyeuse semblait avoir trempé dans quelque étrange essence et m’infiltra sous la peau une grisante électricité me communiquant une vibration voluptueuse. Je roulais à terre, fou de joie, baisant éperdument les petits pieds divins, deminus sous les rubans des sandales. Ma ravissante fée avait des soubresauts convulsifs.

Nous revînmes, toujours courants, à la grande salle déjà brillamment illuminée. Le rideau de velours avait disparu, offrant à la vue le tabernacle de Vénus, renfermant la statue de la Déesse derrière un assemblage miraculeux de fines colonnettes d’onyx et de porphyre, et formant une galerie ajourée et rehaussée d’or, sous une coupole en forme de conque décorée d’une magie de pierreries incrustées. Le tout était comme noyé de fleurs jaillissantes, surnaturelles, d’une splendeur vivante dans le balancement de leurs calices entrouverts.

À la place du trône disparu, sur une plate-forme formant cathèdre, une large estrade s’élevait, pareille à une chaise curule taillée dans un bloc de marbre rouge et incrustée d’émeraudes et d’opales. Un coussin de velours écarlate, brodé d’or et de perles, était le siège de cet étrange meuble.

La prêtresse parut, magnifique dans une robe ouvragée d’arabesques et ruisselante de pierreries, avec des pendeloques de turquoises et de cornalines. Sa tête était couronnée d’une tiare entrelacée de perles et de gemmes verdâtres, sous lesquelles les lourdes torsades de ses cheveux d’or luisaient comme des flammes. Il émanait d’elle une majesté vraiment supérieure.

Elle prit place sur la plate-forme, devant la chaise curule. Le premier fidèle qui vint se soumettre aux verges de Vénus était un beau jeune homme aux cheveux noirs crêpelés.

La prêtresse lui indiqua la cathèdre, où il appuya son buste, penché en avant, et sa tunique, prestement relevée, exposa deux rotondités fermes et blanches.

L’assistance pouvait ainsi suivre commodément l’effet des verges sur la peau ; la prêtresse se tenait de côté et sa verge coupante inaugura bientôt une folle sarabande.

Près de l’estrade, placée sur une petite table, se trouvait en évidence la curieuse pendule au système enregistreur, chef-d’oeuvre d’un horloger parisien. Elle portait un double cadran sur une grosse boule soutenue par quatre colonnettes de marbre ; au-dessous, un vase de cristal était placé. La boule formait, dans le haut, un entonnoir, et un petit orifice pratiqué dans le bas permettait aux grains d’or de s’échapper un à un. Un déclic arrêtait ou facilitait la chute de ces grains. Après chaque flagellation, on devait compter le nombre de grains tombés dans le vase, et on les reversait dans l’appareil, pour la flagellation suivante.

Une jeune fille s’occupait du fonctionnement de ce mécanisme vraiment ingénieux et tenait un registre où elle notait les résultats.

Le patient, que la prêtresse fouettait avec énergie, semblait très résistant. Sa peau se teintait de carmin et le sang commençait à perler. Tout le monde admirait son courage, mais le moment arriva où il n’y put plus tenir. n se redressa et après avoir salué la prêtresse, descendit de l’estrade.
- Le numéro cent dix-huit ! cria la voix de la jeune femme préposée au fonctionnement de l’horloge.
- Comment le cent dix-huit ! m’écriai-je ; la prêtresse n’a pas fouetté, cent dix-sept personnes.

Une jeune femme m’expliqua la chose. La prêtresse prenait les numéros à rebours, conformément à la formule biblique : « les premiers seront les derniers ». Lilian éclata de rire ; mais elle était très désappointée.
- Charley, me dit-elle, en voilà une déveine ! moi, qui me réjouissais tant de vous voir fouetter. Votre tour ne viendra pas avant cinq heures du matin, et je suis obligée de partir à dix, pour ne pas inquiéter mes parents.

Le numéro cent dix-huit ne se présenta pas, le cent dix-sept, pas davantage ; ce fut alors le tour du cent seize : une jeune femme s’avança vers l’estrade. Elle avait l’air gai et sautillant. La prêtresse la saisit assez brutalement et la jeta sur la chaise curule, où elle, nous exposa un joli postérieur blanc, délicat et rosé de peau, comme des joues fraîches. Une jeune fille passa à la prêtresse une verge fraîche, et le premier coup traça une marque sombre sur les rotondités, qui se secouèrent sous l’attaque. Au bout du dix ou douzième coup, la gentille petite minette en eut assez et se déroba, avec une grimace comique, en se frottant des deux mains la partie meurtrie, faisant fi du collier qui demandait un si grand sacrifice.

Le numéro cent quinze ! appela la jeune préposée. Personne ne bougea. Le cent quatorze, alors !

C’était encore une femme, décidément les hommes ne mordaient pas au gâteau. Le cent quatorze, une grande fille brune, à l’air impertinent, exhiba bravement son derrière et la prêtresse se mit à manier la nouvelle verge avec rage. La brune sautait et se cabrait, sans pourtant se dérober. Sous le feu de la terrible cinglée, elle se trémoussait en mouvements presque lascifs.
- Voilà une vraie passionnée, me dit un voisin : elle jouit sous les verges. La jeune femme, en effet, semblait se tordre en une folie érotique. La prêtresse, excitée par son manège, fouettait à tour de bras, s’animant aussi, et la scène se prolongeait. Des spectateurs se dressaient pour mieux voir, émotionnés par cet exemple de flagellation voluptueuse. La fougueuse brune s’écroula enfin, secouée par un spasme, en poussant un son rauque, et la prêtresse fut prise d’un petit tremblement.

Cette scène, très caractéristique, mit mes sens en un violent émoi et ma chair brûlait du désir impérieux de sentir la cuisante caresse. Hélas ! mon numéro trois m’obligeait encore à des heures de patience.

Voir en ligne : La grosse blonde au derrière cocaïnisé (chapitre 20)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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