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L’Ardente passion

Soumission servile et flagellation cruelle

Roman érotique (Chapitre VIII)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


VIII

Avant que les jeunes filles n’arrivent, la gouvernante s’était enfuie :
- Qu’ils se débrouillent, à la fin… Je souffre trop !

Elle avait été se promener au hasard dans la campagne, cherchant la solitude plutôt que le mouvement.

Louis ne l’ayant pas vu partir, parcourut la maison entière et ne la trouvant pas, s’assit mélancoliquement sur la dernière marche du perron.

Ce fut là qu’il reçut les deux amies qui entrèrent, joyeuses et bruyantes. Elles s’installèrent auprès de lui et leur première question, fut :
- Où est madame ?

Il haussa les épaules désespérément :
- Je ne sais pas… j’ai trotté partout sans la découvrir.

Elles restèrent méfiantes :
- Elle doit être cachée pour mieux nous surprendre…

Berthe la plus audacieuse les entraîna vers le fond du jardin où il leur semblait être mieux en sûreté.

La conversation se fit immédiatement animée, les deux filles d’Eve curieuses, interrogeaient le garçon avec un sang-froid imperturbable. Bien féminines, elles devinèrent qu’il aimait la gouvernante. Odette secoua la tête d’un air entendu :
- Moi, je serais à votre place, je la fouetterais, ensuite, elle serait douce comme un agneau.

Berthe sournoise renchérit :
- Elle ferait tout ce que vous voudriez… Je le sais, moi qui l’ai fouettée !

Ils la contemplèrent avec ahurissement, ne comprenant point qu’elle eut osé une chose semblable.
- Je ne pourrais jamais, balbutia Louis soucieux.

Odette lui donna un coup de poing sur l’épaule :
- Dégrouillez-vous un peu… soyez un homme quoi…

Il eut une révolte instinctive et voulut juger de son pouvoir de mâle. Sa main se leva et une enfle formidable claqua sur la joue de l’audacieuse.
- Voilà toujours pour vous…

Il tremblait, se demandant si elle allait réagir, elle recula peureusement, le considérant d’un petit air craintif. Berthe la prit dans ses bras et la berça doucement :
- Ma pauvre chérie !

Elle n’acheva pas sa phrase, Louis encouragé par ce magnifique début, souffleta également la seconde :
- Et vous, tâchez de la laisser tranquille !

Elles se séparèrent, soudain obéissante, attendant une nouvelle brutalité. Il n’osa pas, manquant de prétexte. Toutefois, il se redressa, la mine autoritaire :
- Vous allez me suivre, on va chercher madame.

Boudeuses, elles demeurèrent en place, assises côte-à-côte sur le gazon. Les sourcils froncés, il marcha vers elles et saisissant Berthe par le bras, la secoua :
- Tu refuses d’obéir toi…

Il frappa encore, à pleine main, sur la mignonne figure qui rougissait.

Sans tenter de se défendre, elle roula à terre, tandis que l’autre se reculait afin de leur laisser le champ libre. Alors à poing fermé, il tapa, la pauvrette se mettant en boule à ses pieds, pour protéger son visage.

Odette laissa échapper un cri :
- Oh !

Il s’arrêta et se retourna ; Marthe était là. Pourtant elle parut n’avoir rien remarqué :
- Je vais préparer le chocolat, vous viendrez le prendre sous le bosquet.

Ils balbutièrent un oui timide et la regardèrent s’éloigner.
- Elle n’a rien vu ? demanda Louis inquiet.
- Je vous crois… elle est restée là au moins trois minutes à vous admirer.

Berthe se taisait, les gestes gracieux, elle rajustait sa chevelure. Très calme, elle intervint :
- Si j’ai une discussion avec mon cousin, ce n’est pas son affaire…

Odette insista :
- Louis, vous devriez lui en faire autant à elle.

Il frissonna :
- Je voudrais pouvoir.

Elle les appelait, ils coururent et la trouvèrent souriante, aimable. D’un mouvement tendre elle prit la menotte de Berthe et la caressa longuement. La jeune fille eut un frémissement et baissa les yeux, tandis que son amie, gênée, s’asseyait.

Jamais la gouvernante ne s’était montrée aussi gentille, moins sévère, à leur égard, même pour Louis, elle eut des attentions inattendues.

Lorsque les jeunes filles les eurent quittés, elle l’interrogea très naturellement :
- Vous avez corrigé Berthe ?

Il acquiesça d’un signe de tête ; elle insista :
- Qu’avait-elle donc fait ? …
- Elle refusait de venir avec moi à votre recherche.
- Ah !… vous avez eu raison… cette petite a un caractère qui manque de souplesse.

Cette approbation le rendit rêveur ; aussitôt il se dit : si j’essayais avec elle, après tout je ne risque moi-même que des coups…

Ils rentrèrent au salon et comme elle se disposait à gagner le boudoir, il lui barra le chemin :
- Je veux que vous restiez avec moi…

Elle hésita, la volonté soudain fléchissante. Il lui saisit le poignet et le tordit violemment. Elle eut un cri faible, pliant sur les jambes comme si elle tombait. Une gifle sonna sur sa joue, et de nouveau elle se plaignit.

Mais elle vit le regard du jeune homme que la fixait ; elle réagit, le repoussant avec force. De ses deux bras, il l’enlaça et ils roulèrent ensemble sur le tapis.

La lutte entre eux fut brève, elle le terrassa rapidement, lui écrasant un poignet d’un de ses pieds, tandis que fébrilement, elle arrachait les boutons du pantalon.

Dévêtu, elle le bouscula et se mit à frapper avec une fureur aveugle, lui en voulant de sa propre faiblesse.

En gémissant, meurtri, il roulait sur le tapis ; elle, le poursuivant sans répit, lui martelant le corps entier de son poing osseux.

Epuisé, il demanda grâce, promettant de ne plus jamais rien tenter de semblable.

Elle se releva, la sueur au front :
- Je vous défends de vous rhabiller, vous resterez ainsi la soirée entière.

Haletant, sans énergie, il se plia à cet ordre ; en chemise, elle le poussa dans un coin, face au mur.
- Et maintenant tenez-vous tranquille !

Honteux, il s’immobilisa, tandis qu’elle s’en allait s’allonger sur un divan derrière lui. Il l’entendait, tout près et n’osait se retourner, conscient de sa faute, persuadé de l’avoir irrémédiablement mécontentée. Les paupières mi-closes elle le surveillait quand même, quoiqu’elle parut avoir oublié sa présence.

La punition continua durant tout le dîner ; elle l’obligea à rester dans un coin et lui porta elle-même un morceau de pain et un verre d’eau.

Comme il faisait mine de se rebeller, elle leva la chemise et le frappa durement d’une fourchette dont les pointes lui pénétraient l’épiderme.

Honteux, il la supplia de cesser et se soumit, sans plus murmurer.

Après le repas, elle l’empoigna par un bras pour le conduire à sa chambre. Elle s’en fut chez elle chercher le martinet et revint, les sourcils froncés, la bouche mauvaise.

Il se taisait toujours, acceptant à l’avance le supplice qu’on lui ménageait. Au moyen d’une ceinture de cuir elle lui maintint la chemise roulée sous les aisselles. Puis elle flagella, silencieusement, s’ingéniant avec une habileté démoniaque à le meurtrir.

Il hoquetait de douleur, mais n’implorait plus, sachant que toute prière serait inutile. Vaincu, il tomba sur son lit et y demeura immobile, rigide.

Elle ne cessa pour cela de fustiger, espérant, elle ne savait quoi, les yeux exorbités, il la considérait avec terreur, attendant la fin de l’horrible correction.

Ce ne fut que la lassitude qui l’obligea à cesser. Du doigt, elle lui montra de parquet :
- À genoux… demandez-moi pardon !

Il obéit en pleurant et lui baisa les pieds, incapable de prononcer une parole. Pourtant elle ne se jugea point satisfaite en face de cette soumission servile. La conscience de sa puissance la poussait au contraire à se montrer plus cruelle.

Négligeant de dénouer la ceinture, elle l’entraîna dans sa propre chambre et tirant la descente de lit au milieu de la pièce :
- Vous coucherez là !

Il s’allongea aussitôt, docilement, heureux au fond de partager son appartement. À son tour elle se dévêtit, oubliant totalement sa présence, tant il se faisait humble et petit.

La lumière éteinte cependant, il se leva doucement et elle l’entendit rôder autour du lit. Elle eut peur et mordit les draps pour ne pas crier. Frissonnante, elle attendait, prêtant l’oreille, n’osant s’avouer ce qu’elle souhaitait.

Ne la voyant pas bouger, il manqua de courage, mais il ne retourna pas au tapis, se couchant au pied du lit même, sur le parquet ciré qui lui glaçait l’épiderme.

Son corps contus le faisait souffrir, mais la jeunesse aidant il ne tarda pas à s’endormir. Ce fut ainsi que Marthe le retrouva le lendemain matin. Penchée au bord du matelas elle le contemplait passionnément, demeurant immobile, de crainte de le réveiller.

Enfin, cachant son émotion, elle se rejeta en arrière et toussa. Il sursauta, mais se reconnaissant aussitôt, se mit debout.

Il se sentait plus meurtri que la veille encore, à cause de cette longue nuit passée sur le sol dur. Néanmoins il lui sourit, sans rancune. Il l’aida à s’habiller, timidement, reculant au moindre froncement de sourcil. Ensuite, il passa dans sa chambre pour se vêtir à son tour et ils descendirent.

Marthe commençait à s’habituer à cette situation bizarre. Sûre de son pouvoir, elle n’éprouvait plus la même gêne en face de ces grands yeux quêteurs qui l’épiaient.

Durant le premier déjeuner, elle bavarda gaiment, demandant incidemment :
- Eh bien, vous tenterez encore de me battre ?
- Oh ! non ! fit-il ému.

Gentiment, elle lui tapota la joue du bout des doigts, tâchant de le considérer comme un enfant.
- Réservez cela pour Berthe, mais avec moi soyez docile… Je ne suis sévère que dans votre intérêt.

Voir en ligne : Tigresse en fureur et plainte amoureuse (Chapitre IX)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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