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Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

Sur la Kleptomanie

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



Auteur :

Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


SUR LA KLEPTOMANIE.

La Kleptomanie ou monomanie du vol se présente sous des formes nombreuses qui, toutes, peuvent affecter des rapports avec la menstruation ; mais il en est une sur laquelle j’insisterai de préférence à cause des liens plus étroits qui l’unissent à la fonction ovarique. Je veux parler de cette forme presque toute parisienne, étudiée avec tant de talent et de finesse d’observation, sous le vocable de vol à l’étalage par le professeur Lasègue, Legrand du Saule, Limier, Letulle, etc., et qui a été l’objet de nombreuses et savantes discussions au sein de la Société de Médecine légale.

Il n’est pas rare d’apprendre qu’une grande dame vient d’être surprise, dans un magasin, en flagrant délit de vol. Ceux qui sont à l’affût des scandales, peuvent nous assurer que la chose est même assez commune. On fait force bruit autour de cette affaire, étant donné les titres et qualités de la délinquante. Celle-ci, traduite en justice, est le plus souvent l’objet d’une ordonnance de non-lieu, mais non toujours et nous en citerons qui ont dû expier un moment de délire par la perte de leur honneur et les peines de la réclusion.

Ces vols s’observent de préférence dans les grands magasins de Paris (Louvre, Bon Marché, Printemps). Les femmes se promènent dans ces magasins, comme sur une place publique, avec liberté entière de tout voir et de tout toucher.

Un art diabolique, inspiré par l’esprit mercantile du jour, a présidé à ces étalages luxueux, fascinants où tout est prévu, disposé en vue de réveiller l’instinct d’appropriation.

« On comprend, dit le professeur LASÈGUE, qu’étant donné ces incitations, les faibles succombent et que leur défaillance soit non pas excusée mais motivée.

Les voleuses à l’étalage doivent être divisées en deux classes. La première comprend celles qui agissent avec conscience de leur méfait : elles sont pleinement responsables et du ressort des tribunaux ; la deuxième, celles qui, prises de vertige kleptomaniaque, cèdent à une impulsion et dont l’acte n’est qu’un réflexe d’origine cérébrale, puisqu’il est né d’une idée instinctive involontaire : leur responsabilité est atténuée ou nulle, elles relèvent de la pathologie mentale. Les premières sont très habiles et échappent souvent à la surveillance ; les autres sont maladroites et tombent toujours sous les coups de la police. Ce sont le plus souvent de jeunes femmes appartenant à des familles honorables, d’une conduite exemplaire et d’un passé sans tache.

Ce qu’elles convoitent est sans valeur : c’est ordinairement un petit objet de toilette. Elles pourraient l’acheter ; mais non, il faut qu’elles le volent, et encore, si c’était pour s’en servir : le vol commis, presque toujours, elles se débarrassent de l’objet ou vont le cacher ; semblables en tout cela à la pie voleuse ou gaza ladra qui vole pour le plaisir de voler. Interrogez ces malades, dit Legrand du Saule, elles vous répondent toutes : « Je ne sais pas pourquoi, c’est incompréhensible ; je ne manque de rien, je n’avais pas besoin d’un tel objet, j’avais l’argent pour le payer. »

Il est assez fréquent de voir ce délire coïncider avec la menstruation, que celle-ci soit normale ou pathologique.

Brierre de Boismont nous dit que la monomanie du vol, perversion morale fort commune parmi les aliénées, semble redoubler d’intensité aux époques menstruelles.

Legrand du Saule a examiné au dépôt de la Préfecture de Police, 105 voleuses caractérisées ou étiquetées pathologiques ou demi-pathologiques : on peut les diviser en deux catégories. À la première appartiennent 49 accusées, filles ou femmes, ayant présenté des signes non dubitables d’aliénation mentale ou qui y étaient héréditairement prédisposées, avec plus ou moins de manifestations hystériformes. La seconde se divise comme suit :

Hystériques de 15 à 41 ans ……. 41
Femmes enceintes ………………… 5
Autres ……………………………… 10

L’auteur ne parle pas du rôle que la menstruation a pu jouer chez les 49 femmes de la première catégorie ; mais il n’en est pas de même pour les autres. Sur les 56 femmes, en effet, qui la composent, 35 étaient en pleine période menstruelle au moment où elles se rendirent coupables du vol qui motiva leur arrestation, et 10 étaient des femmes arrivées à l’âge critique ou débilitées gravement à la suite de pertes utérines abondantes.

Voilà certes une statistique assez éloquente et qui se passe de tout commentaire. Je dois cependant, pour la corroborer, faire remarquer que la plupart des voleuses arrêtées dans les grands magasins ne sont pas toujours livrées à la justice. Lorsque la femme offre de bonnes références et ne paraît pas trop suspecte, on se contente de lui faire payer l’objet, de lui prendre son nom, et on la renvoie après une légère admonestation ; et c’est autant de perdu, car nul doute que nous trouverions chez ces femmes qui ne paraissent pas responsables aux yeux mêmes d’un vulgaire employé, de bons éléments en faveur de notre statistique.

Dans une intéressante ébauche de médecine légale sur les voleuses honnêtes, M. Letulle admet pour ces femmes un état de demi-démence pendant lequel des idées instinctives, se réveillant sous l’influence d’une violente sollicitation des sens, immobiliseraient la conscience et la volonté ; et il ajoute que cet état est favorisé peut-être par la période menstruelle. Quoique donnant dans notre sens, M. Letulle ne me parait pas assez affirmatif. Au lieu de dire : « favorisé peut-être », il aurait dû dire « favorisé certainement par la période menstruelle. »

C’est l’avis de Legrand du Saulle, lequel à écrit dans un autre ouvrage sur le même sujet : « Lorsque des jeunes filles hystériques volent des objets qui peuvent leur servir, surtout des bibelots, des rubans, des parfums, c’est presque toujours pendant la période menstruelle que le vol est commis. »

Il est une autre classe de voleuses pathologiques sur laquelle je veux dire un mot. Tandis que des voleuses à l’étalage volent par une perversion du sens moral, inconsciemment et sans savoir pourquoi, celles-ci semblent voler plutôt par perversion des sens physiques, en connaissance de cause et avec d’excellentes raisons pour expliquer leur vol. Ce sont des femmes qui éprouvent des besoins irrésistibles, comme celui de sentir telle odeur, de manier ou de briser certains objets, de plonger les mains dans certains liquides, mais surtout de goûter telle boisson ou de manger tel aliment. Rien ne les arrête dans la satisfaction de leur convoitise ; si elles ne peuvent acheter ce qu’elles désirent, elles se le procurent autrement : par la violence quelquefois, plus souvent par le vol. On a même rencontré des femmes dont l’appétit ne pouvait être satisfait qu’avec des aliments dérobés par elles.

Pareils désordres peuvent avoir leur cause dans la menstruation. De Gardane (loc. cit., p. 421) nous dit même qu’ils s’observent très souvent chez les jeunes filles au moment où s’établit la fonction, chez celles qui sont mal réglées et chez les femmes à l’époque de la ménopause.

OBSERVATION LII. — Une jeune fille de douze à treize ans, bien constituée, d’une bonne santé habituelle, ne pouvait passer devant la devanture du magasin de son père, bijoutier, sans être entraînée, comme malgré elle, à voler à l’étalage de petites cuillères d’argent, qu’elle allait ensuite jeter dans la fosse d’aisance de la maison. Deux ans plus tard, cette fille était atteinte d’accidents hystériformes assez graves. (Dr. Limier, Ann. méd. psych., 1880, t. IV, p. 212).

OBSERVATION LIII. — Lambert, quinze ans et demi, se rend coupable de plusieurs vols et plusieurs tentatives d’incendie, et porte ses accusations sur une autre personne. Cette fille n’est pas encore réglée, elle ressent, de temps en temps, des douleurs de tête assez vives accompagnées de malaise et de courbature dans la région lombaire on ne constate aucune autre cause de son état psychique, si ce n’est le trouble apporté par l’approche de la menstruation.

Rapport d’Qllivier (d’Angers). Déclarée irresponsable par le tribunal. (Ann. d’hyg. et de méd. légale, t. XXV, 1841, p. 110, et Legrand du Saulle, La folie devant les tribunaux, Paris, 1864, p. 474).

OBSERVATION LIV. — Mme M…, hystérique est héréditairement prédisposée à la folie. Pendant des périodes menstruelles, on observait des absences momentanées de mémoire, une tendance très accusée à la mélancolie, des actes étranges et inexpliqués.

Une première fois, pendant l’une de ses grossesses, Mme M… a volé un ruban dans un magasin, et elle a immédiatement préparé avec ce ruban une petite cocarde pour un bonnet d’enfant. Depuis, et toujours pendant ses époques, elle a été instinctivement attirée vers les étalages des grands magasins, et il lui est arrivé un certain nombre de fois — elle l’avoue avec une très grande franchise — de se sentir inquiète, agitée et portée irrésistiblement à mal faire. Moins d’une minute après, sans qu’elle eût pu se rendre compte de ce qui s’était passé, elle s’éloignait, tenant à la main, aux yeux de tout le monde, un objet soustrait, qu’elle n’avait cependant pas désiré et dont elle n’avait nul besoin.

Arrivée à la ménopause, elle a été en proie à un état nerveux très prononcé caractérisé par des troubles physiques et des égarements passagers de la raison. Sous l’influence déprimante d’une perte utérine abondante, elle commit encore dans les magasins du Louvre un acte certainement inconscient. Elle a été déclarée irresponsable. (Legrand du Saulle, Les hystériques, Paris, 1883, p. 442).

OBSERVATION LV. — La veuve P…. est âgée de vingt-huit ans ; elle s’est mariée à dix-sept ans. À l’âge de quinze ans, elle fut sujette à des accidents vertigineux survenus à la suite d’une suppression menstruelle déterminée par une vive émotion de rétablissement des fonctions menstruelles et plus tard le mariage semblaient avoir fait disparaître ces accidents, mais ils ne tardaient pas à reparaître plus graves même qu’auparavant.

Tous les mois, à l’époque des règles, Mme P…. était prise de véritables accès de folie avec hallucinations. Pendant ces crises qui duraient quatre à cinq jours, elle présentait souvent les allures d’une femme en état d’ivresse ; elle chancelait, se tenait à peine sur les jambes ; elle ne savait ni ce qu’elle disait, ni ce qu’elle faisait ; elle se mettait à parler allemand, agissant et marchant comme une somnambule. C’était pendant ces crises qu’elle avait commis les nombreux vols, presque toujours insignifiants d’ailleurs, pour lesquels elle avait été arrêtée à plusieurs reprises et qui lui avaient valu un séjour de deux mois à Saint-Lazare et une condamnation à quinze jours de prison. Pour son dernier vol qui consistait en 4 paires de bas, valant ensemble 2 fr. 60, elle fut déclarée irresponsable. (Lunier, Ann. méd. psych., 1880, t. IV, p. 221).

OBSERVATION LVI. — Nous avons observé une dame fort bien élevée, qui, pendant des menstrues dérobe avec une adresse infinie tout ce qu’elle trouve, soustrait ses larcins à toutes les recherches, et s’emporte si on lui fait quelques observations à ce sujet. Dans d’autres moments, elle répond : « Si j’agis ainsi, c’est que je suis folle, c’est à vous de me surveiller. »

OBSERVATION LVII. — Emilie, vingt-quatre ans, confectionneuse, hystérique, elle s’est rendue coupable de vol et a été déclarée responsable. Elle présentait une suppression menstruelle datant de trois ou quatre mois et un écoulement blanc très prononcé. (Legrand du Saulle, Les hystériques, Paris, 1885, p. 438.)

OBSERVATION LVIII. — Mme X…, juive très attachée à son culte, a dû assister au spectacle de son frère abjurant sa religion pour épouser une chrétienne. Au moment de la cérémonie, elle est prise d’un spasme nerveux, perd connaissance. Les règles, survenues la veille, se suppriment ; elle se plaint d’un mal de tête atroce. Le lendemain, on la voit sortir, la figure bouleversée, la toilette en désordre ; le soir, dînant avec son mari, ses enfants et sa domestique, dans un restaurant du Palais-Royal, elle est surprise par un garçon, au moment où elle cachait dans ses poches plusieurs couverts qui avaient servi au diner. Cette femme n’a pas d’aliénés dans sa famille, est dans l’aisance, a des antécédents les plus honorables ; elle fut acquittée. (Boys de Loury, Ann. d’hyg. et de méd. lég., 1847.)

OBSERVATION LIX. — Mme C…, femme relativement aisée et à qui son mari n’a jamais refusé le nécessaire, a été arrêtée le 4 février 1878 sous l’inculpation de vol de chemises et de camisoles de femmes dans les magasins du Tapis Rouge. Elle ne peut comprendre à quelle impulsion elle a cédé quand elle a commis ce délit ; dès qu’on lui en parle, elle fond en larmes et ne sait que répondre.

Mariée à l’âge de vingt ans, elle a fait trois fausses couches. En 1873 après sa dernière fausse couche, elle a eu un accès de délire qui n’a eu que peu de durée, mais depuis la menstruation est devenue irrégulière et insuffisante, des pertes sanguinolentes, alternant avec des fureurs blanches, sont venues augmenter l’affaiblissement progressif de Mme X. C. Elle devient alors triste, bizarre, excentrique. La nuit, elle dort mal, rêvasse, éprouve des cauchemars ; le jour, elle ne peut rester seule et va chez l’un ou chez l’autre ; le soir elle attend son mari avec impatience et le querelle quand il est en retard de quelques minutes. Préoccupations exagérées relatives à sa santé ; idées de suicide etc., etc. Elle a été placée dans une maison de santé. (Lunier, Ann. méd. psych., 1880, t. IV, p. 225).

OBSERVATION LX. — La femme Ch…, vers les 2 heures du matin, est subitement prise de l’idée d’aller dérober des volailles. Obéissant à cette impulsion, elle vole vingt et une poules, et va avouer son vol à un marchand et à une voisine. Arrêtée le lendemain, elle menace de se tuer.

Antécédents héréditaires peu marqués. La menstruation s’est établie tardivement ; dès cette époque, son caractère devient irascible, jaloux ; elle manifesta des tendances érotiques : son amour pour de la famille, peu développé il est vrai, fit place à de la haine.

Mariée, elle rendit son mari malheureux, l’accusait d’entretenir des relations avec ses voisines, elle essaya même de le frapper avec un instrument tranchant. Devenue enceinte, son état ne fut pas modifié. À diverses reprises elle fit des menaces de suicide.

L’aliéniste, chargé de son examen, constata qu’à l’époque de ses règles, la femme Ch., dont l’état s’était amélioré, redevenait agitée, voulait sortir, préférait mourir, se montrait agressive, déchirait ses vêtements ; puis de nouveau le calme reparaissait. Déclarée irresponsable. (Legrand du Saulle, Les hystériques, Paris, 1883, p. 421).

OBSERVATION LXI. — Mme M… a des antécédents héréditaires. Le premier écoulement menstruel s’accompagna d’attaques de nerfs avec perte de connaissance : les hémorragies étaient difficiles et peu abondantes.

À l’âge de dix-huit ans, à la suite d’une suppression, survenue sans cause appréciable, mêmes accidents convulsifs auxquels se joignent des désordres moraux que dissipa une perte abondante. À certaines époques, particulièrement à celles coïncidant avec ses grossesses, ou avec les dérangements de la menstruation, on observait chez Mme M… une grande mobilité dans les idées dans la sensibilité : elle prenait en haine sans motif appréciable son mari, ses enfants, ses amis, et en dégoût sa position, ses occupations de ménage : quelque temps après, elle redevenait calme, raisonnable, économe, appréciait ses torts et s’efforçait de les réparer.

Insensiblement cet état fit des progrès. Les anomalies de la menstruation s’accrurent et avec elles tous les désordres psychiques, si bien qu’un jour, étant dans la période cataméniale, Mme M…, aisée d’ailleurs et ne manquant absolument de rien, déroba un coupon de dentelle, une paire de gants, une pièce de ruban dont elle se para le lendemain à un bal. Au retour, les règles parurent, et avec elles se dissipèrent tous ses troubles que leur absence avait occasionnés.

À plusieurs reprises et sous l’empire des mêmes excitations, cette dame vola des objets de peu de valeur. Condamnée enfin à treize mois de prison par un tribunal, elle fut acquittée par un autre.

Mme M… présenta en outre à plusieurs reprises, des accès de délire religieux. Naturellement peu religieuse, elle part un soir à l’approche de la nuit et va voir un abbé qu’elle avait connu lors de ses dernières couches. Elle lui parle de ses projets de réforme, de ses enfants, de son mari, ici des termes si expressifs que le vénérable prêtre est frappé de son imagination exaltée, du flux exagéré de ses paroles qu’il était impossible de modérer. « Elle était tellement absorbée dans ses projets religieux, ajoute l’abbé, qu’elle aurait, sans s’en douter, passé la nuit à en parler si j’eusse voulu l’écouter. »

Après ses vols, elle courait se confesser et montrait le plus grand désespoir : les yeux baignés de larmes, le visage décomposé, elle ne voulait plus recevoir les consolations de la religion, s’en croyant indigne. (H. Girard, Ann. méd. psych., t. VI, 1845, p. 231.)

OBSERVATION LXII. — Un jeune femme, appartenant à une famille honorable et dans l’aisance… comparait devant le tribunal correctionnel d’Amiens sous l’inculpation de vols nombreux. Cette femme s’est formée tard, et n’a jamais eu de régularité dans ses époques menstruelles qui sont restées quelquefois supprimées pendant trois ou quatre mois. Elle a toujours été sujette à des maux de tête, à des étouffements, à des spasmes qui redoublaient au moment des règles Mariée à vingt et un ans, sa santé n’est pas devenue plus régulière. Elle est d’une grande sensibilité, et, au dire de son mari, agitée par des désirs très violents qu’il se déclare incapable de satisfaire toujours. Elle croit avoir fait une fausse couche. C’est seulement après cette époque qu’elle a commencé à se livrer au vol sous l’influence non pas seulement d’une tentation instantanée, mais d’une obsession constante ne pensant qu’à cela et sans cesse prête à recommencer. Malgré les conclusions du rapport médico-légal, elle fut condamnée. (Tardieu, Étude médico-légale sur la folie, p. 169).

OBSERVATION LXIII. — Mme B..…, quarante-huit ans, veuve sans enfants, a une sœur aliénée ; elle a été arrêtée dans les magasins du Louvre sous l’inculpation de vol de dentelle et d’une robe. Six mois auparavant elle avait déjà subi une première condamnation pour vol. Or, elle était à son âge critique ; depuis douze à quinze mois, la menstruation était très irrégulière et elle avait parfois des pertes très abondantes. Elle prétendait que, pendant les époques menstruelles, surtout depuis qu’elles étaient irrégulières, elle était entraînée à prendre ce qu’elle trouvait à sa portée. Elle savait qu’elle faisait mal, mais elle ne pouvait résister à la tentation. (Lunier, Ann. méd. psych., 1882, t. IV. p. 226).

OBSERVATION LXIV. Mme M….., cinquante-sept ans, était devenue depuis quelque temps difficile à vivre, elle se brouillait avec ses locataires et avec ses voisines. Elle s’est mise à boire de l’eau-de-vie pour se monter la tête et s’étourdir de ses ennuis ; elle disait : le sang la travaille. Vols insignifiants dans les magasins du Printemps : acquittée. (Lunier, Ann. méd. psych., t. IV, p. 230).

En face de toutes ces observations de l’éminent psychiste, auxquelles pourraient s’ajouter les savants écrits du docteur Paul Moreau (de Tours) et plus récemment du docteur Lacassagne, la société a tout intérêt à résoudre les graves problèmes provoqués par la kleptomanie chez les femmes. On peut facilement observer que dans les grandes maisons de nouveautés de Paris l’arbitraire et l’injuste règnent souvent à l’égard des petites bourgeoises qui se laissent tenter par un foulard multicolore et des grandes dames qui, ayant les moyens de se payer ce qu’elles veulent, filoutent aussi effrontément que leurs plus pauvres sœurs. Il faut dire que ces dames ne sont pas toujours poussées par des troubles à l’époque menstruelle. Beaucoup dépensent les sommes allouées par leurs maris ou leur père et pour obtenir des objets vraiment luxueux ne reculent pas devant le vol. Il serait certainement trop dangereux de donner aux chefs de ces maisons le droit d’infliger des punitions corporelles aux personnes prises en semblables circonstances, quoique ce droit paraisse avoir été exercé d’après le conte qui suit, par les chefs d’une grande maison londonienne.

Nous donnons ce récit tel qu’il nous a été communiqué, ajoutant qu’on nous a affirmé avec insistance qu’il était exact dans tous ses détails, sauf, bien entendu, en ce qui concerne les noms et dates qui pourraient le laisser identifier.

Voir en ligne : Un remède pour Kleptomane

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



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