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L’Ardente passion

Tigresse en fureur et plainte amoureuse

Roman érotique (Chapitre IX)



Auteur :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


IX

Berthe vint seule, elle s’était habilement arrangée pour ne point rencontrer Odette. Quand elle arriva, Louis terminait de laborieuses recherches. Encore une fois, il avait parcouru la maison entière, le jardin, la gouvernante restait introuvable.

Dans ces conditions, il fut content de voir sa cousine :
- Madame a encore disparu !

La jeune fille haussa les épaules :
- Nous n’avons pas besoin d’elle !

Sournoisement elle l’entraîna vers le salon et ils s’assirent sagement, l’un en face de l’autre.

Le regard oblique, elle hasarda :
- Tu sais, maman serait fâchée si elle savait que tu m’as battue.

Il eut un ricanement d’orgueil, se souvenant de la scène de la veille. Ce fut subit ; il éprouva comme le besoin intense de se venger de ce qu’il avait supporté lui-même.
- Oui… ça ne m’empêchera pas de recommencer…

Elle esquissa une petite moue dédaigneuse :
- Et puis après… tu ne seras qu’une brute de plus.

Il bondit sous l’offense, découvrant là un suffisant prétexte. Deux gifles firent voler la toque de la jeune fille.

La pauvrette eut un gémissement plaintif :
- Oh ! Louis… qu’est-ce que tu veux me faire !

Il l’ignorait lui-même ; en tout cas, il réitéra, étonné que la compagne n’essaya pas de fuir.

Puis il la bouscula, enroulant son bras gauche à la taille flexible. Elle se débattit, mais en vain, ses vêtements tombèrent et elle sentit sur sa chair, la morsure de la main brutale de l’homme.

Dans ses bras, elle se tordait, insouciante du désordre de sa toilette, son pantalon était à terre, sa robe de laine blanche avait glissé le long de ses coudes.

Pourtant, elle lui échappa et tomba lourdement sur le sol. Mais aussitôt il fut sur elle pour continuer la correction qui devint plus rude, plus saccadée.

Elle ahanait, l’énergie brisée ; quand elle sentit ses lèvres mordues par les dents du jeune homme, elle ne se rebella plus. Seulement un spasme la secoua et une plainte amoureuse lui échappa.

Marthe était là qui venait de rentrer ; blême, elle les considéra un instant, puis recula, étouffant un sanglot. Dans le vestibule, elle se reprit et s’emparant d’une canne, bondit en avant comme une tigresse en fureur.

Avec de véritables hurlements, elle se précipita, tapant au hasard, avec une frénésie aveugle.

Les deux coupables roulèrent de droite et de gauche ; mais tous leurs efforts pour fuir le terrible bâton restaient vains. Du pied elle les repoussait, les ramenait à portée de son arme.

Ils se tordaient en se lamentant, en implorant. Elle frappait toujours et ils éprouvaient mille peines à se protéger le visage.

Enfin elle se laissa tomber dans un fauteuil tandis que les deux autres se relevaient en gémissant.

Louis malgré sa souffrance vint s’agenouiller devant elle et humblement lui baisa le bout des doigts. Un court moment plus tard, Berthe l’imita.

En face de tant d’humilité, elle manqua de courage et les repoussa doucement :
- Oubliez vous-mêmes ce qui s’est passé, je me tairai également.
Ils promirent et eurent l’autorisation de se redresser. Tous trois descendirent au jardin sous la tonnelle, où ils s’assirent pour bavarder. Marthe s’ingénia à ramener le calme, surtout pour apaiser le tumulte de son cœur. Louis l’examinait de biais et regrettait fort de manquer de courage pour employer le même procédé à son égard.

Cependant quand ils furent seuls de nouveau, Berthe partie, la jeune femme se rembrunit. La voix sourde, elle murmura :
- Il vous faudra beaucoup de soumission pour me faire oublier…

Il baissa la tête :
- Je serai soumis.
- Bien… je verrai…

Ils regagnèrent la maison et elle monta dans sa chambre où elle s’enferma. Un doute maintenant la bouleversait, elle se demandait si ce n’était puérilité de sa part que de se refuser à suivre l’élan de sa chair. Louis, à l’heure actuelle, n’était plus un adolescent, mais un homme.

Fièrement, elle se refusa à discuter avec sa conscience, il lui répugnait d’avoir la confiance du père et de l’abuser en même temps.

Languissamment elle se déshabilla pour revêtir un peignoir. Elle descendit, pieds nus dans des babouches de cuir. À sa ceinture elle suspendit le martinet.

Quand il la vit arriver ainsi, le jeune homme frissonna.

Elle se laissa aller dans un fauteuil et leva la main Aussitôt il fut à genoux à ses pieds, pour humblement lui baiser la cheville.

La récompense fut un coup de martinet sur les reins et il recula jusqu’à un siège voisin.

L’heure du dîner sonna, elle le poussa vers la salle à manger. À table, elle posa le martinet près d’elle à portée de sa main.

Voir en ligne : Les morsures du fouet (Chapitre X)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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