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La Flagellation à travers le monde

Tous fouetteurs

Le fouet à Londres (Troisième partie : chapitre V)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


V
TOUS FOUETTEURS

On ne s’ennuyait pas chez Lady Helling, l’argent répandant à flots toutes les recherches du luxe, la liberté entière donnant cours à la fantaisie, et l’amour liant tout ensemble ces êtres dont le plaisir ne faisait qu’un seul.

C’étaient de vraies fêtes, celles-là, des orgies incomparables et souvent renouvelées.

Daniel Gowerson, le doux pasteur, était devenu, sous les ordres du colonel, et devant ses exemples, non seulement un habile flagellant, mais un grand amoureux de cet art, à tel point que, flagellé lui-même dans les nuits de débauches, il en était une des plus savoureuses joies.

Ce traitement était un curatif admirable à ses fameuses tristesses que le colonel avait vaincues à jamais. Plus de sentiment de crainte, plus de pusillanimités, il était vraiment un homme, maintenant ; les femmes l’admiraient, et, craintives de lui, le désiraient toutes. Son aspect avait plus de séduction, sa parole même, plus nette, plus mâle, plus autoritaire, faisait accourir à ses sermons.

Son talent d’orateur semblait accroître chaque jour son influence sur les fidèles, et le révérend Daniel Gowerson était l’exemple et le guide de chacun.

Un soir, il y avait eu chez Jenny un souper magnifiquement servi, une profusion de mets exquis et recherchés rehaussés des crus les plus renommés, le tout au milieu d’une moisson de fleurs. Cela, bien entendu, n’était pas pour les invités des jours de réceptions, non, mais pour eux, pour eux seuls, hommes et femmes dont le coeur et la chair palpitaient à l’unisson, vivant du plaisir, de la volupté les uns des autres, associés et liés par le secret de l’amour, du vice, de la débauche.

À terre, des fourrures de prix, des coussins, de vieilles soies rares et exquises, les femmes voilées savamment, plus excitantes que nues, empruntant aux héroïnes de la Rome antique leurs recherches savantes. Les seins enserrés dans des résilles d’or, et drapées de soies brodées, transparentes et ouvertes, les cheveux attachés sur le sommet de la tête ou retenus par des agrafes de pierreries. Les hommes, prêts au galant combat, vêtus de manteaux soyeux et éclatants.

Cette beauté dans leur tenue des nuits d’amour, ils en avaient institué la coutume, afin de conserver la faculté de n’être pas obligés de se dévêtir sans cesse, et d’être plus beaux ainsi que jamais aux yeux les uns des autres.

Le champagne, versé à pleines coupes, apportait sa pétillante ivresse et sa franche gaieté dans ce cercle de jouisseurs raffinés.

Parfois aux instants de repos, l’un ou l’autre contait une anecdote ou disait quelque nouvelle récoltée dans la journée.

Le colonel s’éventant avec un journal, y jeta par hasard les yeux :
- Tiens, s’écria-t-il.
- Eh bien ! après ? demandèrent ses amis, surpris de l’accent qu’il avait mis dans ce mot, après, qu’y a-t-il ?
- Ce qu’il y a ? Voici.

Et il lut :

« Une de nos jolies demi-mondaines Margaret Robson, très cotée dans le monde des courses, appartenant à la nationalité américaine, vient d’être victime d’un terrible accident d’automobile qui a déterminé sa mort sur le coup.

Le véhicule tournait une route au Bois de Boulogne, lorsque le chauffeur, voulant éviter un cycliste qui débouchait de l’allée de gauche, serra trop précipitamment le frein. L’automobile fit panache, envoyant dans la secousse le chauffeur qui, lancé comme un volant, alla heurter de l’épaule le tronc d’un marronnier. La jeune femme, ensevelie sous la voiture, fut retrouvée, la tête littéralement écrasée, morte dès le choc. Le chauffeur, dont l’état inspire quelque inquiétude, a été transporté à l’hôpital Beaujon. Le cycliste, cause involontaire du tragique accident, s’est enfui. »

Il se fit un silence dans lequel entrait de la torpeur.
- Ah, oui, fit gravement le pasteur, celle-là a mal tourné !

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



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