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Trois Filles de leur Mère

Trois Filles de leur Mère - III

Roman érotique (Chapitre III)



Auteur :

Pierre Louÿs, Trois Filles de leur Mère, Éd. Au dépens d’un Amateur et pour ses amis, Paris [n.d.] 1926.


III

À la quinzième ligne, j’allais m’assoupir quand un minuscule martel de métal piqueta la sonnette aiguë.

« Qui est là ? »

Une petite voix, distincte et faible à travers le bois de la porte, répondit :

« Une enfant de putain. »

Je n’avais pas envie de rire : mais cette façon de s’annoncer était une de ces courtes phrases inoubliables qui survivent d’elles-mêmes à la monotonie de l’existence… J’ouvris. Une drôle de petite fille entra, futée, fripouille, franche et fine, les bras ballants, le nez en l’air.

« C’est moi Lili, fit-elle.
- Je m’en doutais, répondis-je en riant. Elle est très gentille, Lili.
- Vous aussi, vous êtes gentil. J’ai pas envie de m’en aller. »

Pourquoi n’ai-je pas le vice des petites filles ? Je me le demande. Elles sont odieuses entre elles, mais si tendres avec nous ! J’étais flatté, je ne le cache pas, j’étais très flatté du compliment que Lili me flanquait à la figure. Avec une femme, tous les mots d’amour sont voilés par la brume d’incertitude que soulève notre prudence devant nos crédulités. Une petite fille se fait croire. J’embrassai Lili, la bouche sur l’œil gauche.

Les bras autour du cou, elle me dit très vite, sur un ton d’excuse et de souci :

« J’ai dix ans. J’ai pas de poils. Est-ce que vous aimez ça ?
- Tu ne le diras pas à ta mère ?
- Non. Tenez. Regardez. J’ai pas de pantalon. C’est maman qui me l’a retiré pour pas qu’il y ait des taches de foutre.
- Mais c’est joli comme tout, ce que tu me montres là.
- J’enlève pas ma robe, dites ? Je me retrousse ?
- Oh ! le retroussé est immoral. Je n’aime les petites filles que toutes nues.
- C’est que… fit-elle avec la franchise de sa nature… ce que j’ai de mieux, c’est ma moniche et mon petit cul. Le reste est d’un moche !
- Je suis sûr que tout le reste est gentil.
- Vous allez voir. Et vous qui venez de coucher avec maman, quand vous regarderez mon corps de poulet, faudra que je vous travaille pendant un quart d’heure pour vous faire bander.
- Pas du tout. Je te parie un sac de bonbons.
- Et qu’est-ce que je vous donnerai si je perds ?
- Une discrétion.
- Tope ! dit-elle. Je m’en fous. Je sais tout faire. Vous gênez pas. »

Le déshabillage de Lili se fit en quatre temps et six mouvements : la robe, les deux pantoufles, les deux chaussettes, la chemise… Quand elle eut enlevé tout cela, il ne restait presque rien de Mlle Lili, tant sa nudité me semblait peu de chose.

Des bras et des jambes comme des échalas ; des cheveux noirs jusqu’à la taille ; un petit corps fluet avec une grosse motte et un sexe tout en saillie… S’il est vrai qu’un menu bien compris doit réunir les mets les plus dissemblables, le service de Lili après celui de Teresa eût été la trouvaille d’un chef.

*
* *

Le premier mouvement de Lili me donna tout de suite une bonne opinion d’elle. Au lieu de me sauter au cou, elle chercha entre mes jambes. Ai-je besoin de souligner tout ce qu’un pareil geste comporte d’innocence ?

La pauvre petite s’était annoncée (comme d’autres à son âge se nomment Enfants de Marie) sous le titre d’Enfant de Putain, une gosse qui se présente ainsi n’est pas une gosse comme les autres. Elle a du culot, pour le dire tout net. Et cette enfant de putain, sa chemise enlevée, m’abordait comme une ingénue qui baisse les yeux et cherche d’abord ce que les garçons ont de plus que les filles. Les petites prostituées ont des candeurs inaltérables.

Comme je me sentais encore sous le charme de ma lecture rafraîchissante, j’attirai Lili dans mes bras, et je me mis à bavarder, parmi quelques attouchements que nous qualifierons d’outrage à la pudeur commis sans violence.

« Lili, tu es une très jolie gosse, lui dis-je.
- C’est pas vrai. Quand je me branle devant la glace, je ne m’excite pas. »

Cette phrase me fit rire aux éclats.

Lili resta sérieuse ; et comme il est aisé de séduire les enfants, elle affirma sans préambule, sans raison, mais d’un air pénétré :

« Je vous aime bien.
- Oh ! alors, ma petite Lili, tu as deux idées dans la tête.
- Pourquoi deux ?… Oui, c’est vrai, j’en ai deux. Comment savez-vous ça ? Votre doigt vous l’a dit ?
- Justement. Les idées que les filles ont dans la tête…
- Ça leur vient du con ? » fit Lili.

Il m’est difficile de cacher maintenant où flânait le doigt qui me disait tant de choses.

« Si tu en sais tant ! répondis-je. Mais tu ne sais pas pourquoi tu as deux idées ? C’est que, quand on aime bien quelqu’un on veut de tout son coeur un plaisir pour lui et un de sa part. »

Elle eut un instant de réflexion : le temps de comprendre une maxime. Puis elle sourit et se fourra la figure sous la mienne pour répondre :

« Vous ne trouvez pas trop petite ma moniche d’un sou ? Vous voulez bien me baiser quand même ?
- Tu es de plus en plus gentille, ma Lili. La première chose dont tu me parles, je suis sûr que c’est pour mon plaisir.
- Oui, fit-elle un peu confuse.
- Et pour toi ? Qu’est-ce que tu voudrais ?
- Vous sucer. »

Le mot était dit. Elle me serra les bras autour du cou et se répéta dix fois, sur le ton rieur et chantant d’une enfant qui demande une gâterie :

« J’ai envie de vous sucer la queue, la pine, la bitte, le zeb, l’andouille. Envie que vous bandiez dans ma bouche. Envie de vous téter.
- Comment, tu tètes encore, à ton âge ?
- Pas beaucoup de lait, mais beaucoup de foutre.
- C’est bon ?
- C’est bon quand on s’aime.
- Pour combien en voulez-vous, mademoiselle ? Pour un sou ? Deux sous ? Trois sous ?
- Je veux tout ce qu’il y a dans la boutique !… Et je paie d’avance, monsieur, avec mes deux trous.
- Quoi ?
- C’est pas une blague.
- Non. Je vous fais crédit, mademoiselle, on vous débitera. Mettez-vous à table. »

Lili avait encore de petites choses à me dire. Toujours les deux bras autour de mon cou, elle soupira :

« C’est que… Écoutez. J’ai promis à maman : vous ne jouirez qu’une fois ; il faut en laisser pour Charlotte cette nuit… Alors on pourrait faire plusieurs choses en une fois. On pourrait même tout faire.
- Rien que ça ?
- Oui. Je suis la plus petite des trois, mais c’est moi qui en fais le plus. Je fais tout, sauf l’amour entre les tétons, parce que j’en ai pas. Voulez-vous me baiser, m’enculer et jouir dans ma bouche ? Je vous dirai après pourquoi. »

Et vivement, retournant la tête, elle poussa un cri : « Oh ! le voilà qui bande sans qu’on le touche ! Mon sac de bonbons est perdu.
- Tu l’auras quand même.
- C’est vrai ? Et pour ma discrétion ? qu’est-ce que vous allez me demander ?
- Quand tu me donnes ta bouche et tes deux trous, qu’est-ce que je pourrais te demander de plus ?
- Ma langue ! » fit-elle gaiement.

Et elle fut si prompte à payer sa dette… Comment dire de quelle façon Lili m’offrit sa petite langue ? Je l’arrêtai trop tard.

« Lili, qu’est-ce que tu m’as fait ?
- Une langue dans le derrière ! dit-elle toute joyeuse. Ça mérite une queue par-devant. »

Elle se jeta sur le dos, les pattes en l’air, le sexe écarquillé. Elle s’y fourra autant de salive qu’il en aurait fallu pour violer une chatte, et je vis bientôt que j’étais naïf de ne savoir comment la prendre, car les petites filles sont plus faciles à baiser que certaines femmes. J’entrai sans trop de peine…

« C’est tout, fit-elle en souriant. On met le petit bout et on est au fond. Y a plus rien… Ça vaut pas la peine.
- Oh ! mais si !
- Non. Je ne suis bonne que d’un côté. C’est pas celui-là.
- Pour ce que tu viens de me dire, tu mériterais que je te fasse un enfant. »

Elle rit, mais ajouta bien vite :

« Tu me le feras dans la bouche, mon gosse ? » Comme je suis également éloigné de l’esprit sadique et du moralisme presbytérien qui se partagent la société, ce que je vais dire n’est que l’expression d’un sentiment personnel et risque de déplaire à tout le monde : autant il m’eût été pénible de posséder une petite fille contre son gré (je n’ai d’ailleurs aucune expérience du viol), autant je pris de plaisir à baiser Lili qui s’y prêtait de tout coeur.

Elle jouait à baiser comme d’autres petites jouent à la poupée, par une anticipation d’instinct : et quoiqu’elle eût depuis longtemps l’habitude de ce jeu-là, elle était fière de tenter un homme, fière de faire à son âge tout ce que faisait sa mère… Mais après une minute, elle me dit doucement :

« Change de trou. Tu iras plus loin. »

Vite, elle sauta du lit, courut à la toilette, prit un peu d’eau de savon pour m’ouvrir la voie et, revenant à moi, elle s’accroupit, en me regardant, sur le membre droit qu’elle prit à la main. Un tâtonnement de quelques secondes suffit pour réussir. Avec autant d’adresse que de douceur, elle avala par-derrière ce qu’elle n’avait pu s’introduire par-devant ; mais tout ! jusqu’à la racine ! et, posant ses petites fesses sur mes testicules, dressant les genoux, ouvrant les cuisses, accroupie comme une diablotine sur un Saint-Antoine, elle écarta les grosses lèvres de son sexe glabre et rouge et le branla sous mes yeux, comme font les petites filles, avec le doigt dedans.

Je la pris dans mes bras, mais elle était si petite que, même en relevant la tête, je n’atteignis que ses cheveux.

« Je suis contente ! Quand je pense que tu viens de coucher avec maman et que tu bandes pour moi toute seule ! Maman qui est si belle et moi si moche ! Moi je ne fais jamais que les vieux, c’est maman qui fait les jeunes. Et tu bandes dans mon cul, si loin ! si loin ! jusqu’à mon coeur ! »

Ce mot est un des plus tendres et des plus gentils que j’aie entendus ; aussi, encore une fois, il ne sera compris ni des moralistes qui me blâmeront d’avoir sodomisé une petite fille, ni des fous qui ne sauraient se livrer à ce genre de distraction, si la petite fille n’est pas giflée, fouettée, battue, et si elle ne pleure pas en poussant des cris comme un petit cochon qu’on égorge.

Lili resta immobile, puis elle tourna doucement sur le pivot qui la pénétrait et se coucha sur moi, le dos à la renverse. Et, comme je lui mettais la main entre les jambes, elle prit une telle expression de prière, sans paroles, que je lui dis moi-même :

« Ta bouche, maintenant.
- Ah ! » cria-t-elle.

Et je la vis aussitôt… Le dirai-je aussi ? Me voici bien embarrassé… Enfin, je me suis juré de tout dire et de conter cette histoire telle que je l’ai vécue…

Lili fit sortir de son petit derrière le membre qui s’y agitait depuis un quart d’heure et elle le fourra dans sa bouche tel qu’il était.

« Oh ! petite saleté ! fis-je en le lui retirant.
- C’est fait. II est trop tard.
- Comment peux-tu…
- J’aime ça comme ça ? »

La phrase « J’aime ça comme ça » ne souffrait pas de réplique. Lili reprit ce que je lui avais enlevé, elle feignit même de le mordre pour ne pas le lâcher, puis elle se mit à le sucer comme un sucre d’orge, d’une bouche étroite et goulue.

Connaissant bien les reproches et les compliments qu’on lui adressait au lit, elle m’avait prévenu que ce dernier exercice « n’était pas ce qu’elle faisait de mieux ». Mais je commençais à être las de la longue excitation où elle m’avait tenu et, tout en maniant de la main droite le petit cul grand ouvert qu’elle remuait à ma portée, je l’avertis de se tenir prête…

Si cette comparaison n’était pas irrévérencieuse, je dirais : une petite fille qui aime à sucer les hommes a l’air d’une première communiante à genoux devant la sainte table ; on dirait qu’elle attend une nourriture sacrée, au sein d’un mystère incompréhensible où le dieu de l’Amour va se donner à elle.

Lili prit une expression si touchante que j’eusse été cruel d’en rire. Elle leva les yeux au ciel, serra comme elle put sa trop petite bouche où ma verge paraissait énorme, hors de toute proportion avec cette enfance, et, quand elle me sentit éjaculer soudain, elle se mit à pousser, je ne sais pourquoi, certains petits gloussements par le nez, mais d’un comique irrésistible. Je me cachai les yeux d’une main.

Cela ne dura qu’un instant. Liii n’était pas de ces petites filles gâcheuses qui bavent ce qu’elles sucent et laissent plus de regrets que de remords aux messieurs qui les pervertissent.

Elle suçait mal ; mais elle avalait bien.

Voir en ligne : Trois Filles de leur Mère - IV

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Pierre Louÿs, Trois Filles de leur Mère, Éd. Au dépens d’un Amateur et pour ses amis, Paris [n.d.] 1926.



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