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Trois Filles de leur Mère

Trois Filles de leur Mère - V

Roman érotique (Chapitre V)



Auteur :

Pierre Louÿs, Trois Filles de leur Mère, Éd. Au dépens d’un Amateur et pour ses amis, Paris [n.d.] 1926.


V

Charlotte s’accouda sur le lit, mit entre mes doigts les seins que j’aimais et me dit de sa douce voix :

« Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai vu enculer maman. Elle était comme moi, elle faisait tout. De temps en temps, elle trouvait un homme qui aimait mieux se faire sucer. Ou bien elle ramenait une gousse. Comme elle avait plus de poitrine que je n’en ai, elle avait tous les huit jours, le dimanche, un ami qui lui faisait l’amour entre les tétons. Ça m’amusait parce qu’il lui déchargeait sur la figure. Enfin, il lui arrivait même de baiser puisqu’elle a eu trois filles. Mais tout ça c’était l’exception. Maman était connue pour se faire enculer. On l’enculait, et voilà tout.

« Et pour ça, maman est aussi comme moi, elle n’a jamais joui autrement, ni Ricette non plus, et Lili sera comme nous. Seulement, tu penses, il y a des jours où une jeune putain se fait enculer par sept ou huit hommes sans qu’il y en ait un qui l’excite ; et même si elle en trouve un, il n’y a pas souvent de quoi se mouiller la chemise ni avoir les yeux cernés.

« Alors, tous les jours quand j’étais bébé (mais tous les jours au moins deux fois), maman se branlait sur le lit et chaque fois de la même façon : un monsieur venait de sortir, elle restait toute nue, elle prenait dans un tiroir une bougie qu’elle avait fait fondre un peu par le bout, ou bien un rouleau qu’elle faisait tiédir, ou encore le godmiché qu’elle avait acheté pour piner les gousses, et, avant tout, elle se fourrait ça dans le derrière. Jamais maman ne s’est branlée devant moi sans avoir quelque chose dans le cul. Ensuite, elle se couchait au milieu du lit et, du bout du doigt… Que veux-tu ? c’est ainsi que les putains déchargent.

« Maman m’a toujours dit qu’elle m’avait fait téter son foutre en même temps que son lait. Ce que je me rappelle, c’est que pendant toute mon enfance, je la regardais se branler et j’allais la lécher quand elle avait fini, et plus il y en avait, plus j’étais contente. Maman m’a dit aussi que j’avais cinq ans le jour où je lui ai fait minette assez bien pour la faire jouir. Je ne me rappelle pas, mais je sais que j’étais très petite.

« II ne faut pas accuser maman pour tout ça, vois-tu, j’ai vingt ans aujourd’hui, je suis libre, et je fais encore minette tous les jours à maman, et chaque fois j’ai autant de plaisir quand elle décharge parce que je l’aime bien.

« Naturellement, j’étais aussi toute gosse quand elle m’a fait goûter du foutre d’homme. II me semble que j’en ai toujours bu. J’en léchais sur elle quand elle en avait dans les poils ou ailleurs. Je me rappelle un vieux monsieur qui se faisait branler dans ma bouche ; mais il y a longtemps… et je savais déjà téter la queue. C’est la première chose que j’ai apprise. J’avais dans la même rue une petite copine qui était comme Ricette, qui ne pouvait pas sucer un homme sans dégueuler. Aussi, j’étais fière parce que ça ne m’arrivait jamais. À cinq ou six ans, on me faisait téter des hommes qui n’avaient pas joui depuis quinze jours. Je bavais, j’avais la bouche pleine, j’avalais de travers ; mais je trouvais toujours que c’était bon.

« À huit ans, j’ai perdu mon pucelage de derrière. Maman dit que c’est trop tard et que j’aurais pu travailler plus tôt. Pour me préparer, pendant une huitaine de jours elle m’a branlé le cul avec son doigt. Et puis, on a fait deux drôles de cérémonies. La première, devant un petit cercle de gousses qui avaient fait faire un godmiché spécial avec lequel maman m’a enculée. Elles étaient folles de voir une mère dépuceler le cul de sa petite fille, et cela les a mises dans un tel état qu’elles ont voulu toutes s’enculer les unes les autres avec de gros godmichés ! Je n’oublierai jamais cette scène-là. Une jeune fille qu’une dame avait amenée et qui n’avait jamais été enculée, ni par un homme ni par une femme, a été blessée horriblement, défoncée, crevée, il y avait du sang partout. Ah ! je t’assure qu’on en voit dans le métier de putain, et qu’à l’âge de huit ans je n’étais pas naïve !

« Quelques jours après, seconde cérémonie. Présentée encore comme pucelle, on m’a fait enculer devant un autre public par un petit garçon de mon âge qui bandait de tout son coeur. Puis maman a si bien gradué les expériences que, sans trop souffrir et sans accident, je me suis habituée aux queues les plus grosses. Je n’ai pas saigné. J’avais le trou du cul fait pour ça. Et surtout… Vraiment, c’est facile à comprendre. Toutes les petites filles veulent faire comme leurs mamans. Les filles d’actrices sont folles de joie quand elles ont un rôle à huit ans. Et les filles de putains… quand elles ont un homme elles se croient… Mon chéri, je ne sais pas parler, mais je voudrais surtout que tu n’accuses pas maman parce qu’elle m’a vendue. Tu vois comme je suis. Je ne me roule pas sur toi comme une enragée, je n’ai jamais été vicieuse ; mais je t’assure qu’à huit ans j’étais bien contente de faire comme maman. Les jours où elle me prenait dans sa chambre, où je voyais près d’elle un monsieur tout nu et où il suffisait que je trousse ma petite robe pour le faire bander, j’étais heureuse ! j’étais fière ! Je me serais laissé enculer depuis le trou jusqu’à la bouche. Vois-tu, le plus beau jouet pour une petite fille, c’est la queue. »

Elle soupira en détournant les yeux, et son regard rencontra ce qu’elle avait oublié.

« Oh ! fit-elle. Tu bandes ?
- Mais vous avez vingt ans, mademoiselle la petite fille.
- Et tu crois que je sois moins heureuse de te faire bander ? fit-elle en se jetant à mon cou. Tu ne réponds rien, veux-tu que je te suce ?
- Oui et non.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? Je fais tout et je n’ai aucune imagination… Lili nous a dit à dîner ce qu’elle venait de faire avec toi. Veux-tu cela ? Je serai ravie et j’espère que tu seras content. »

C’était dit si gentiment et j’avais alors si peu d’imagination moi-même (car comment s’y prendre avec une jolie fille qui n’aime pas baiser ?) que je la laissai faire tout ce qu’elle voulut.

Elle se remit exactement dans la même position que la première fois. Si j’écrivais un roman, il va de soi que je varierais les postures, mais je raconte les choses telles qu’elles se sont passées.

En pareil cas (et cela est assez singulier), les femmes au lieu de se blaser se passionnent. Charlotte fut plus ardente et surtout plus loquace, parlant sans cesse avec une molle tendresse obscène dont je ne puis exprimer l’accent naturel.

Comme elle s’allongeait de dos contre moi, je lui dis en l’embrassant :

« Tes fesses sont aussi jolies que tes seins. »

Et cette simple phrase me valut un flot de paroles :

« Mes fesses ? Comme elles doivent être roses en ce moment ! Comme elles ont envie que tu les encules ! Mais reste, reste, n’entre pas, nous avons le temps. Laisse-moi te caresser la queue avec mes fesses puisqu’elles te plaisent… Que tu es gentil de me dire cela ! C’est ce que j’aime le mieux de mon pauvre corps.
- Mais tu es belle, Charlotte !
- Non, non, je suis comme les autres. Seulement… quand je vois d’autres filles toutes nues et quand je me fourre devant ma glace, je crois… je voudrais croire… que j’ai de jolies fesses… Et comme tu m’as demandé d’abord mon chat, j’avais si peur que tu n’aimes pas mon cul.
- Pourquoi ne l’aurais-je pas aimé ?
- Parce que j’ai autant de poils derrière que devant. J’ai même un petit duvet noir qui me couvre la moitié de chaque fesse, fit-elle en riant. Enfin, tu aimes cela, tout va bien. Et tu bandes… tu bandes comme un ange !
- Si l’on peut dire.
- J’ai une envie folle de me branler quand je te sens bander sous mon cul ! Mais une envie, une envie ! J’ai pourtant joui quatre ou cinq fois aujourd’hui. Ça ne fait rien. Moi je ne compte pas. Plus je me branle, plus ça me repose. Et quand j’ai chaud comme en ce moment, quand je sens mon bouton qui bat et mon trou du cul qui pisse.
- Eh bien ! je te connais mieux ! dis-je en l’interrompant. Car, si je te disais maintenant : “Charlotte, ne t’excite pas le bouton ni le trou du cul, couche tranquille et laisse-moi dormir” tu me répondrais : “si tu veux !”
- Oh ! si tu veux ! fit-elle mélancoliquement.
- Et si je te dis au contraire : “Charlotte, il n’est que minuit vingt ; j’ai joui quatre fois aujourd’hui ; un jour je suis allé jusqu’à huit et je veux battre mon record avec toi. J’ai tous les vices, toutes les passions, les manies les plus étranges ; mais il faut que cinq fois encore avant de quitter mon lit.”
- Oh ! ça ! tant que tu voudras ! dit-elle avec son calme sourire. Veux-tu essayer ? Je n’ai pas sommeil. »

Tout en parlant… J’ai déjà dit avec quelle aisance on enculait Charlotte… Nous nous étions unis comme elle le souhaitait et elle mettait toute sa grâce à faire que ce pis-aller me fût agréable.

Un baiser profond nous fit taire ; puis, me regardant par-dessus l’épaule avec un long sourire des yeux qui était presque maternel quoiqu’elle eût le même âge que moi, elle me dit (mais sur un ton !) avec la miséricorde, la patience, l’attendrissement qu’une professionnelle peut incliner sur un apprenti :

« Tu as des vices, mon chéri ? Tu as des manies ? Dis-moi tout ! tu sais bien que tu peux tout me demander. Tu ne dis rien ? Tu as honte ? II faut que ce soit moi… ? »

Je ne disais rien parce que mon seul vice était de baiser et que je désespérais de le lui faire comprendre.

Charlotte, qui était la meilleure fille du monde, se méprit sur mon silence. Cherchant toujours mon regard de ses yeux allongés qui semblaient m’accorder d’avance le pardon des pires tyrannies, elle me dit tranquillement, sans baisser la voix :

« Chie-moi dans la bouche. »

Aujourd’hui, j’ai peine à comprendre comment je n’ai pas bondi en entendant cette phrase. Le commencement du récit m’avait sans doute préparé à tout, même à cet imprévu. Et puis la pauvre fille était si jolie, si douce… Elle m’avait dit cela au hasard, comme une chose toute naturelle… Et, malgré ma stupéfaction, elle insista.

« Oh ! quoi ! si je te le propose, ne te fais pas prier. Je ne te dirai pas que j’aime ça comme Lili…
- Lili aime ça ?
- Bien sûr ! Lili ! Qu’est-ce qu’elle n’aime pas ! Moi, je n’aime qu’une chose, c’est ce que tu me fais…
- Alors ?
- Mais je suis habituée à tout. Ne te fâche pas, plus tard, à la fin de la nuit, chie-moi dans la bouche, tu rebanderas.
- Charlotte !
- Et puis je ne sais pas ce que j’ai, ta queue me brûle, tu me fais envie, je veux ta merde comme ton foutre. »

Ces derniers mots furent dits avec un tel accent que je ne reconnaissais plus Charlotte. Elle si molle devint raide et brusque. La tête cachée sous un oreiller, elle jouit sans me prévenir en étirant les jambes jusqu’à l’extrémité du lit.

Silencieuse une minute à peine, elle se souvint avant moi de ce qui avait été convenu. Elle releva sa tête rougissante et me dit pour achever sa phrase :

« En attendant, c’est ton foutre que je vais avoir dans la bouche. »

Encore égaré par tout ce que je venais d’entendre, je ne pensai pas à m’étonner que Charlotte, comme Lili, fît passer tout simplement de son derrière entre ses lèvres l’organe viril de son amant. Moi aussi je m’habituais à tout ; et si je bondis, cette fois, ce fut pour une autre cause :

« Ah ! non ! tu ne vas pas me sucer comme ça !
- Quoi ? Je m’y prends mal ?
- Tu n’aimes pas qu’on te fasse minette parce que cela te fatigue, et voilà comment tu suces tes amis ? Tu veux me tuer.
- Oh ! là ! là ! qu’est-ce que tu dirais si tu avais été sucé par maman… Mais comment veux-tu que je fasse ?
- Ouvre les dents, ferme les lèvres, laisse ta langue tranquille et… je vais te guider. »

Disant cela, je lui mis une main dans les cheveux, puis, avec la docilité de son doux caractère, elle se fit lente et resta immobile quand je le lui ordonnai.

Lorsqu’elle se retrouva auprès de moi, plus jolie encore… car une jeune femme qui vient de prêter sa bouche revient avec un rayonnement sur le visage, je lui dis :

« Ma Charlotte chérie, répète un peu ce que tu es ?
- Une pauvre putain, qui n’est pas malheureuse cette nuit.
- Alors pourquoi suces-tu comme une jeune fille du monde ?
- Tu dis cela parce que j’ai bu ? fit-elle en riant. Tais-toi. Je suis plus contente d’avoir bu ton foutre que toi d’avoir été sucé.
- Encore un mot de jeune fille. Non seulement tu suces, mais tu parles comme une jeune fille à marier.
- C’est que j’en ai goussé beaucoup, dit Charlotte avec un soupir. Je me suis tant mouillé les lèvres avec du foutre de pucelle que tu me trouves un air innocent.
- Et c’est drôle, ce que tu viens de dire. Tu te crois sotte et putain, tu n’es rien de tout cela.
- Hélas ! »
Et elle continua son récit.

*
* *

« Donc, à huit ans j’étais putain avec maman qui en avait vingt-quatre. La môme Ricette avait été mise en nourrice ; et alla plus tard en pension. Nous étions seules, maman et moi.

« Maman ne me fatiguait pas. Elle m’exerçait. En moyenne un miché par jour. S’il en venait davantage, on disait que j’étais sortie. Si je restais deux jours sans rien faire, elle m’enculait elle-même avec un godmiché pour que je ne me rétrécisse pas. Presque jamais je ne lui faisais minette. Elle me répondait toujours : “Tu es bien gentille, ma gosse, mais j’aime mieux me branler”. Je la léchais, bien entendu, quand elle avait fini de jouir, et c’était tout.

« À cette époque, j’avais quatre costumes que je prenais selon les cas. D’abord, une robe de petite fille très élégante avec une grande ceinture de soie. Et puis, un peignoir de bordel avec des entre-deux. Et puis, un tablier noir d’écolière ; je nattais mes cheveux quand je le mettais. Et puis, un costume de petit garçon que je portais avec une perruque. Et tout ça m’amusait encore plus que les michés.

« Jamais maman ne me laissait seule avec un homme. Chaque fois qu’on m’enculait elle me tenait les fesses, elle me mettait elle-même la pine dans le cul ; aussi on ne me faisait pas mal. Et pourtant, j’en ai eu des queues à cet âge-là ! Les hommes qui enculent les petites filles sont ceux qui ont les plus gros membres, est-ce drôle ? Mais grâce à maman, jamais je n’ai saigné.

« En même temps, j’apprenais à aider maman. Quand on l’enculait devant moi, je suçais les couilles de son ami ou bien je faisais… ce que Lili fait maintenant… c’est difficile à expliquer… je mettais toute la main dans le con de maman et j’empoignais la queue qu’elle avait dans le cul en la serrant dans la peau qui sépare le con et le cul, est-ce que tu comprends ? et ainsi je branlais la pine qui enculait maman. Lili te le fera demain si tu veux.

« Cette existence-là durait depuis un an quand il m’est arrivé la chose la plus extraordinaire de ma vie. Et pourtant, j’en ai vu, depuis ! et j’en ai à te dire, tu verras ! Mais ça, c’est à ne pas le croire, si je ne te jurais pas… »

Charlotte leva le bras :

« Je te jure sur la tête de maman que c’est vrai.

« J’avais neuf ans. C’était en juillet. Nous avions déjeuné avec un monsieur dont je sais bien le nom. À quatre heures, nous avons couché tous les trois à poil sur le lit. Maman était saoule, ça ne lui arrive pas souvent. Je me souviens qu’en se couchant, elle m’a dit : “Oh ! ta langue ! je suis trop saoule pour me branler !” Pendant ce temps-là, le monsieur m’a enculée, et (il était peut-être aussi saoul que maman) il m’a dit avant de jouir : “Fais un gosse à ta mère avec ton cul, chie-lui ce foutre-là dans le con.”

« Moi, jamais je n’aurais voulu faire une chose pareille ; mais maman avait bu du champagne, elle était en chaleur, elle jouissait, on est loufoque dans ces moments-là. Crois-tu qu’elle m’a dit : “Oui !”

« On lui a mis le derrière sur un oreiller, le con grand ouvert. Moi, j’avais mon petit cul plein de foutre, tu penses ! Je me suis accroupie… j’ai fait ce qu’elle disait… et comme elle ne croyait guère qu’on pouvait faire un gosse comme ça, elle a été sur son bidet deux heures après.

« Eh bien, elle devait avoir ses affaires le surlendemain, elle ne les a pas eues, elle est devenue enceinte, enceinte de ça, puisque depuis six semaines elle n’avait pas baisé ? Et sais-tu qui est né de cette histoire-là ? c’est Lili.
- Elle le sait ?
- Je te crois qu’elle le sait ! Voilà une gosse que j’ai portée dans le derrière avant que maman l’ait dans le ventre. Aujourd’hui, il y a bien des fils qui enfilent leurs mères et qui leur font des mômes qui sont à la fois leurs filles et leurs soeurs ; mais ils les leur pissent du bout de la pine, comme leurs pères les ont faits eux-mêmes ; tandis que moi, Charlotte, moi qui ne sais rien faire que ce qu’on me dit, moi qui n’ai pas pour un sou de vice ni d’imagination, moi qui… enfin, tu viens de le voir, j’ai douze ans de pratique et il a fallu que tu me tiennes la tête pendant que je te suçais parce que je ne sais même pas mesurer la nervosité d’une queue que j’ai dans la bouche. Eh bien ! la pauvre Charlotte qui t’embête en te racontant toutes ses histoires, elle a fait une fille à sa mère, à l’âge de neuf ans, et avec son cul ! Crois-tu qu’une chose pareille devait m’arriver à moi ? Et je te jure sur la tête de maman que c’est vrai. »

Après un silence, elle reprit :

« La grossesse de maman ne la gêna pas ; au contraire, elle lui permit de se faire baiser pendant neuf mois, sans l’empêcher de se faire enculer comme d’habitude.

« Pendant les deux derniers mois surtout, ses amants réguliers venaient la voir sans cesse. À certains hommes, il faut des curiosités. Le ventre de maman était devenu énorme. Cela ne faisait que plus de contraste avec mon petit corps. On pouvait enculer au choix, sur le même lit, une petite fille qui n’avait pas de poils, ou sa mère qui en avait énormément et qui était enceinte de neuf mois. Je n’aurais jamais cru qu’il y eût tant d’hommes avides d’enculer une femme grosse.

« Enfin Lili vint au monde. Maman se remit assez vite et nous reprîmes le métier aussitôt que possible.

« J’avais alors dix ans. À cet âge-là, les petites filles s’habituent à certaines choses plus facilement que les femmes. Les petites filles sont toutes un peu sales. Elles se donnent des rendez-vous d’amour aux chiottes. Elles se pissent sur le ventre. Elles se fourrent le doigt dans le cul l’une de l’autre et elles se sucent. Tu le sais bien.

« Pensant que ça pourrait me servir plus tard, maman m’a d’abord fait jouer avec une petite copine qui m’a appris des tas de saletés. C’est drôle, quand j’y pense ; j’étais putain depuis deux ans, et cette gosse-là, je te jure, inventait des saloperies que je n’avais pas vu faire aux hommes. Enfin, c’est elle qui m’a déniaisée sous ce rapport-là, et ce que j’avais commencé avec une copine, je l’ai continué ensuite avec les michés.

« Ça me gêne de te dire ça et pourtant… il y a beau temps que ça ne me gêne plus de le faire. Tu ne sais pas ce que c’est que le métier de putain. J’avais dix ans quand maman a bien voulu faire coucher avec nous un banquier qui aimait… sais-tu quoi ? enculer maman jusqu’au fond, retirer sa queue et me la faire sucer. Plus la queue était merdeuse et plus il avait de plaisir à me la fourrer dans la bouche.

« Je m’y suis habituée. Et puis, ce que je faisais avec maman, je l’ai fait avec une autre femme, et puis… une petite fille est si vite dressée à ces choses-là ! L’ autre femme était une très jolie gousse, nommée Lucette, que j’aimais bien, qui couchait souvent chez nous et qui avec les hommes ne marchait que par-derrière, comme maman et moi. Quand maman a vu que j’avais bien voulu, elle s’est concertée avec elle, et elles m’ont dit toutes les deux qu’à mon âge il était temps que j’apprenne à me faire chier dans la bouche, que ce n’était pas plus difficile que ce que j’avais déjà fait, et que Lucette voulait bien m’apprendre.

« Oh ! je vois bien ce que tu penses… que c’était plus facile pour Lucette que pour moi… Eh bien, ça n’est pas vrai. Réfléchis une minute : est-ce que tu le ferais ! je te connais aussi, moi, maintenant. Suppose une pauvre gosse de dix ans qui n’a jamais essayé ça. Est-ce que tu aurais le courage… ! Moi je trouve que Lucette a été bien gentille et bien complaisante. Et elle avait pitié, la pauvre fille. Je me rappelle que chaque fois, pour n’avoir pas l’air de m’humilier, elle m’embrassait sur la bouche après. Pauvre Lucette !

« Que veux-tu ? je fais tout ce qu’on me dit. J’ai appris ça comme le reste. D’ailleurs, il ne faut pas croire qu’on le fait tous les jours. Mais c’est bien utile à savoir parce qu’on fait tout le temps des choses qui y ressemblent. Un homme qui prend deux gousses, qui encule la première et qui lui fait chier le foutre dans la bouche de l’autre, ça c’est courant… le soir, à dîner, Lili rigolait parce que ça t’avait choqué qu’elle se retire ta queue du cul pour te la sucer. Qu’est-ce que c’est que ça ! On en voit, je t’assure, dans le métier de putain ! »

Elle poussa un profond soupir, non sur son passé, comme on pourrait le croire, mais sur son défaut d’éloquence. À genoux au milieu du lit, assise sur les talons et tenant entre les mains ses cheveux noirs qui s’étaient défaits et qui lui couvraient les cuisses, elle dit d’une voix désespérée :

« Je ne sais pas m’expliquer. Je suis conne comme la lune.
- Encore !
- Et aussi… Je crois que tu ne sais pas du tout ce que c’est qu’une putain.
- Qu’est-ce que je ne sais pas ? Dis-le-moi. Prends ton temps. Cherche tes idées.
- Tu crois que ce qui nous dégoûte ce sont les choses ; non, ce sont les hommes.
- Tu vois bien que tu sais t’expliquer.
- Toi, par exemple, je n’ai pas de béguin pour toi. Du moins j’espère que je n’en ai pas, je verrai ça demain. Mais enfin je suis contente sur ton lit, et… c’est pas une déclaration que je te fais… Chie-moi dans la bouche si tu veux. J’aime mieux cela dix fois avec toi que de sucer la queue à certains hommes. Tu sais bien ce qui est arrivé à Ricette ?
- À Ricette ?
- Elle ne te l’a pas dit ? Voilà une gosse qu’on a mise en pension jusqu’à treize ans et demi. Elle est sortie de là ayant tous ses pucelages et ne sachant rien de rien que de se branler et de faire minette : c’est tout ce qu’on lui avait appris à la pension. Maman l’a fait enculer tout de suite, et nous avons cru que cette gosse-là nous dégoterait toutes les trois. Huit jours après, elle s’y prenait mieux que moi, elle se fichait les pattes en l’air dans les cent trente-deux positions, elle faisait casse-noisettes, aussi bien que maman, et plus de vaseline, plus rien au cul qu’une goutte de salive sur le bout du doigt. Alors, naturellement, on l’a fait sucer ; et par malheur le premier homme qui lui a joui dans la bouche, un vieux qui n’avait pas vidé ses couilles depuis trois mois… Tu peux pas comprendre ça, vois-tu. Faut être putain. La pauvre gosse a dégueulé tout ce qu’elle avait dans l’estomac et, depuis, il n’y a plus moyen de lui apprendre à sucer. Chaque fois qu’elle a du foutre d’homme dans la bouche, elle dégueule ! C’est malheureux, une si belle môme, si chaude, si gaie à poil, qui se branle partout, qui ne pense qu’à la queue et qui se fait enculer mieux que moi, je peux le dire.
- Non.
- Pourquoi dis-tu non ? tu le sais bien.
- Je te réponds simplement et franchement comme tu parles. Je te dis non parce que, depuis une demi-heure, tu as fait tout ce qu’il fallait pour me dégoûter de toi et je suis émerveillé que tu n’y réussisses pas. Tu n’as d’éloges que pour les autres et d’injures que pour toi-même. Tu excuses et tu adores la mère qui t’a prostituée. Après douze ans de travaux et de tristesses, tu te mets au-dessous de la petite soeur qui débute et qui refuse presque tout ce que tu acceptes. Tu gardes même un souvenir attendri et reconnaissant à “la pauvre Lucette” qui a “bien voulu” te…
- Tais-toi ! fit-elle en pleurant.
- Mais toi qui parles, si l’on t’en croit, tu es une bête, une conne, une putain archiputain, une fille immonde qui n’est peut-être pas digne de recevoir un baiser sur la bouche, puisque…
- Non, je n’en suis pas digne ! fit-elle en secouant la tête et en pleurant plus fort.
- Et tout ce que je vois, pour preuve de ce que tu dis, c’est d’abord une des plus jolies filles que l’on puisse étreindre, et plus jolie d’heure en heure à mesure qu’on la connaît mieux ; c’est ensuite un être excellent qui depuis l’âge de huit ans a toujours fait l’amour pour le plaisir des autres, qui se sacrifie tous les jours aux intérêts de sa mère et aux caprices des hommes et qui offre tout, chaque soir, de tout coeur, même cette nuit, à moi qu’elle n’aime pas.
- À toi que je n’aime pas ? dit-elle. Que je n’aime pas ? » Et les bras à mon cou, pleurant sur mon épaule : « Tu vois bien que je ne suis qu’une bête, puisque tu n’as pas compris ! »

Voir en ligne : Trois Filles de leur Mère - VI

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Pierre Louÿs, Trois Filles de leur Mère, Éd. Au dépens d’un Amateur et pour ses amis, Paris [n.d.] 1926.



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