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Mes confessions aux pieds de la duchesse

Un Mari d’Afrique

Les Tableaux vivants (Roman érotique : chapitre III)



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- Les Tableaux vivants ou Mes confessions aux pieds de la duchesse, anecdotes véridiques tirées de nos amours avec nos libertines illustres et nos fouteuses de qualité, par un Rédacteur de la R. D. D. M., Éd. Poulet-Malassis, Paris, 1870.


III
UN MARI D’AFRIQUE

Je vis madame de Rochemure pour la première fois dans une maison tierce. Cette expression de « maison tierce » veut dire un lieu où l’on ne peut rien faire de toutes les choses qui se font sans témoin, et ces choses ordinairement sont les plus délectables. Mes yeux considérèrent tout de suite madame de Rochemure comme une aimable friandise et dévorèrent ses épaules nues sous une guimpe de dentelles.

Bonnes épaules, grasses et satinées. Je me disais : ces chairs appétissantes sont-elles des chairs fermes ? Peut-être que non. Mais elles avaient un air très vif de jeunesse.

Bien qu’elle eût trente ans environ, madame de Rochemure avait quelque chose d’enfantin dans le visage, un petit nez rond à l’air innocent et des joues savoureuses, des cheveux châtains, la bouche humide. Elle était grande et d’un embonpoint tout rempli de promesses. Je l’entendis qui disait à sa voisine qui la complimentait sur sa belle santé :
- J’ai été plus grasse.

Ce qu’il restait de cette graisse là me suffirait bien, pensai-je à demi-voix.

Elle devina ma pensée et rougit.

Je me fis bientôt présenter chez elle et j’appris à la mieux connaître. C’était une grande diseuse de morale et une sévère étalagiste de vertu, impitoyable à l’endroit des autres femmes qui péchaient. Un jour, elle me dit :
- Sachez que je n’ai jamais eu d’amant !
- Par la morbleu ! Je serai donc le premier ! m’écriai-je.

Elle se dressa fière et en colère. Je me jetai à ses genoux pour implorer son pardon, je ne me relevai qu’après l’avoir obtenu sur sa bouche.
- Quoi ! me dit-elle en minaudant, vous m’avez embrassée ! Est-ce bien moi qui me suis laissé faire ? Moi qui …

Elle s’arrêta court. La voix lui manqua soudain comme à une personne qu’on vient de bâillonner par surprise. Et pourtant, je le jure, ce n’était pas sur sa bouche que j’avais appliqué ma main.

Comme elle portait toujours cette bienheureuse guimpe de dentelles, un voile si commode et qu’on écartait si aisément, ses deux seins se trouvaient sous mes lèvres. Ils étaient bien tels que je me les étais figurés, moins solides que frais, mais la matière en était délicate, le bouton fondait sous le baiser. On mordait dans ses épaules comme dans une pêche mûre. Je m’assis sur un tabouret, je l’attirai sur moi… Bref, je l’enfilai.

Elle n’était pas étroite, ni large non plus. C’était un beau lieu où l’on entrait sans obstacle ; il y régnait une humidité comparable à la pluie d’été douce et chaude. Je la troussai jusqu’à la ceinture, et comme nous nous trouvions devant une glace, mes yeux détaillèrent le revers de ses beautés. Du mollet, la cuisse épaisse, deux fesses qui ondulaient comme deux vagues blanches, deux fesses amples, abondantes et veloutées !
- Oh ! murmurait-elle, quelle aventure !… Qui m’aurait dit ? C’est une horreur !

Elle demeurait là percée de mon glaive, sans faire un mouvement et se contentant de me presser du poids de sa chair. Je fus obligé de mettre cette belle croupe en branle, et de la diriger à ma guise, la poussant, la repoussant de mes deux mains. Le miroir réfléchissait ce voluptueux exercice.
- Oh ! me dit-elle, ne regardez point !…

Elle ne jouissait pas, elle semblait seulement gagnée tout entière par un attendrissement infini qui avait sa source dans son cœur et de là se répandait dans toutes ses veines. Comme elle me pria de ne point lui faire d’enfant, je la soulevai à l’instant suprême ; elle avança la main avec beaucoup de bonne grâce et m’acheva fort lestement entre ses doigts.

Ran plan ! Ran plan plan ! Qu’est-ce que cela ? Ce sont les pas du colonel qui ressemblent au bruit régulier du tambour. J’ai oublié de dire que monsieur de Rochemure était colonel de l’héroïque deux cent trente-deuxième demi-brigade. Madame de Rochemure n’eut que le temps de s’essuyer les doigts avec son mouchoir, moi de me rajuster. Le colonel, entrant dans le vestibule de la maison et passant sa tête par la porte entrebâiller du boudoir, nous vit tous les deux honnêtement assis au coin du foyer.
- Bonsoir, comte, me cria-t-il. Le soleil vient de se coucher. Je vais faire comme le soleil. Bonsoir, ma chère amie.
- Bonsoir, Gustave.

Là-dessus le colonel monta dans sa chambre.

La colonelle vint comme une grosse poule blanche se percher sur mes genoux. Le temps se passa doucement entre nous, soyez-en sûrs. Elle me demandait si je la méprisais pour m’avoir cédé si vite. Et moi je lui répondais que j’espérais bien lui donner encore tout à l’heure une nouvelle preuve d’estime.

Tout à coup le colonel ouvrit sa fenêtre.
- Marie ! cria-t-il de l’étage supérieur.

Elle ne fit qu’un bond de mes genoux à la croisée d’un boudoir. Je la suivis.
- Le comte est-il encore là ? demanda le colonel.
- Oui, mon ami.
- Oui, colonel.
- Sacrebleu ! Savez-vous bien qu’il fait beau temps ?
- Un temps superbe, mon ami.
- Un temps d’ange, mon colonel.
- Ces belles nuits vous ôtent l’envie de vous coucher et de dormir.
- Ne vous… ne vous fatiguez pas, mon ami.

Pourquoi s’était-elle interrompue au début de sa phrase ? C’est que, placé derrière elle, la voyant accoudée sur le bord de la croisée et me présentant la croupe, j’avais osé…
- Vous avez raison, dit le colonel. Après tout, rien ne vaut une bonne nuit passée dans son lit…

J’avais osé la trousser. Je cherchais à passer sous cette belle lunette de chair blanche pour atteindre le but de mes désirs ranimés. Mais quoi ! Est-ce que je rêvais… Madame de Rochemure, étendant la main derrière et empoignant l’ennemi, le dirigeait par une autre route.
- Bonsoir, Marie, dit le colonel. Bonsoir, comte.
- Bonsoir, mon ami.
- Bonsoir, mon colonel.

Il referma sa croisée.
- Vraiment, dis-je tout bas à ma belle reine de sodomie, voulez-vous ?

Elle ne répondit pas, mais elle me dirigeait toujours. Le chemin était frayé, car j’entrai sans plus de peine dans ce temple là que dans l’autre. La main de madame de Rochemure, diseuse de morale, prêcheuse de vertu ; cette main si habile à exprimer la volonté de l’étonnante créature sans le secours de la parole, saisit la mienne et la fit passer par devant. J’obéis à cet ordre muet de toute l’agilité de mes doigts.

Alors la croupe friande se mit en mouvement, d’abord à petits coups, puis à toute vitesse. Et moi, perforant la belle jusqu’aux entrailles, je la branlai en conscience. Cette fois, elle se tordit sous le plaisir ; elle s’empara de mon autre main et la mit sur sa bouche pour étouffer les cris qui s’en échappaient. Comme ce genre de jouissance est stérile de sa nature, je ne pris point la peine de répandre ma semence par terre.
- Parbleu ! dis-je, j’avais oublié que votre mari avait servi en Afrique ! C’est lui qui vous a appris ?
- Oui, fit-elle tout bas, c’est bien mal, mais je n’aime que cela.

Voir en ligne : L’Adultère en robe de mariée (chapitre IV)

P.-S.

Texte établi par Nathalie QUIRION et EROS-THANATOS d’après le roman érotique d’un Rédacteur de la R. D. D. M. (attribué à Paul Perret), Les Tableaux vivants ou Mes confessions aux pieds de la duchesse, anecdotes véridiques tirées de nos amours avec nos libertines illustres et nos fouteuses de qualité, Éd. Poulet-Malassis, Paris, 1870.



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