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Nouvelle érotique

Un Viol

Une Chatte vorace

par Jacques Lucchesi

Mots-clés :

Jacques Lucchesi, « Un Viol », Nouvelle érotique, Paris, janvier 2013.


Un Viol

Mais où était-elle passée ? Il ne voyait plus sa robe blanche dans la foule bariolée des tribunes qui commençaient à se désemplir. La finale du Grand Prix bouliste venait de se terminer. Il avait rédigé, mène après mène, son papier et l’avait téléphoné au journal : mission accomplie encore une fois. Écrire à cette vitesse-là le frustrait, le fatiguait nerveusement aussi. Mais c’était une des contraintes du métier de journaliste. Il jeta un coup d’œil à sa montre : 23 heures, déjà. Même au mois d’août la nuit finissait par tomber sur la petite cité balnéaire. Plus que les autres, cette troisième et dernière journée avait été interminable, mais elle était enfin derrière lui. Maintenant il pouvait se consacrer entièrement à sa femme : encore fallait-il la retrouver. Il se souvint des vagues indications qu’elle lui avait données avant d’aller garer la voiture. Rapidement, il dépassa la place principale et son manège, longea les immeubles de la promenade et repéra finalement la petite Fiat noire. Noire comme la chevelure de sa conductrice ensommeillée qui s’était affaissée sur le volant :
- Lisa, c’est moi. Réveille-toi. Je te cherchais partout.
- Hein ! Quoi ! Ah, c’est toi. Elle est enfin terminée, cette partie. Je ne supportais plus d’entendre leurs conneries, tout autour.
- Je sais. Ce n’est pas un milieu pour toi. Mais il fallait bien que je fasse mon travail.
- Bon. Partons. Je suis pressée de retrouver notre maison.

Machinalement elle se frotta les paupières puis enclencha la clé de contact. Une bonne demi-heure de route les attendait, mais elle aimait conduire la nuit. Comme il aurait voulu posséder son assurance au volant.

Ils retrouvèrent leurs pénates vers minuit. Tout était calme dans le lotissement. La route était fluide et le trajet s’était bien passé, mais quelque chose l’oppressait. Il éprouvait à nouveau un resserrement dans la poitrine, une sensation d’étouffement qui se diffusait peu à peu dans son crâne. Des symptômes qu’il mettait sur le compte de la fatigue. Une bonne nuit de sommeil et tout rentrerait dans l’ordre. Un rapide passage à la salle de bain et il alla se coucher sans demander son reste. Lisa le rejoignit bientôt sous le drap frais. Mais contre toute attente, elle qui semblait, une heure auparavant, aussi épuisée que lui, commença à se frotter contre ses jambes et son torse dénudés :
- Lisa, qu’est-ce que tu fais ? Tu vois bien que je suis crevé.
- Mais non. Pense un peu à moi. Il y a trois jours que nous n’avons plus fait l’amour.
- Eh bien je crois que ça peut attendre encore quelques heures. Je serai plus vaillant, demain matin. Je t’ai dit que j’avais des palpitations.
- Des bobards que tout ça. Petite nature. Laisse-moi faire.

Et elle plongea sa tête sous le drap à la recherche de son membre pourtant flaccide :
- Non, Lisa, je t’en prie.
- Mais oui…

Sans l’écouter, elle commença à lui pomper la bite et, en quelques coups de langue bien placés, elle obtint l’érection souhaitée. Il le savait : là comme ailleurs, elle parvenait toujours à ses fins :
- Tu vois que tu peux encore bander.
- Je peux bander mais je suis mort de fatigue.
- Prends-moi, mon chéri. Je n’en peux plus. Tu te rends compte : trois jours sans faire l’amour.

En un éclair, il repensa à leurs nuits et à leurs après-midis estivaux passés à s’aimer, à ses longs cris de louve qui déchiraient le silence nocturne. Elle faisait l’amour comme d’autres calment leurs nerfs avec des bains chauds. Elle était insatiable et il aimait ça, toujours prêt à la pénétrer n’importe où, n’importe quand. Mais ce soir, il craignait que son cœur n’éclate et il ne voulait que dormir. Elle l’attira néanmoins sur son ventre :
- Vas-y, baise-moi. J’adore ça, j’en ai besoin.

Que pouvait-il faire, dans ses conditions, sinon se glisser, même somnolent, dans cette chatte vorace ? Quelques coups de reins sans passion et il lui arracha ses premiers soupirs d’extase : puisque c’est ça qu’elle attendait… Son plaisir à lui, il s’en foutait autant qu’elle en ce moment. Là aussi, il avait honoré son contrat et ne comptait pas aller jusqu’au bout de ce rapport forcé, consenti, humiliant. Néanmoins, il fut surpris en sentant, quelques secondes plus tard, le sperme jaillir de sa queue et se répandre dans la fente satisfaite de Lisa. Bref privilège de la jeunesse. Il se retira d’elle et se tourna de l’autre côté, sans un baiser de tendresse. Au moins le laisserait-elle dormir tranquille, maintenant.

Le lendemain, il se réveilla près d’elle, morose et sans entrain. Toute la journée, il rumina des pensées tristes et rancunières. Leur couple s’était fissuré. Moins de deux semaines plus tard, il vola définitivement en éclats.



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