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Par le Fouet et par les Verges

Une atmosphère de vices

Passions de jeunes Miss (Chapitre III)



Auteur :

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Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : Passions de jeunes miss, I. Liseux, Paris, 1907. (187 p. ; 21 cm).


CHAPITRE III

Les vacances survinrent et se passèrent sans que rien ne modifiât, à la rentrée, les situations. Parmi les élèves qui ne revinrent pas, peu nombreuses cette année, pas une des vicieuses ne manqua. Les mécontentes de la débauche qui se propageait dans l’Institution, ne se plaignirent pas à leurs parents : en somme si la Française et ses rabatteuses les travaillaient pour les entraîner à la cochonnerie, on ne les forçait pas à accepter des habitudes perverses que leur moralité et leur sang calme réprouvaient, et, en revanche, elles menaient une existence bien moins pénible que dans d’autres pensionnats similaires. Pour les dissolues, elles jouèrent dans leurs familles un rôle de sagesse hypocrite qui enchantait leurs parents et les éloignait de penser à la pourriture qui gangrenait leur âme. Jamais Reine ne fut autant complimentée par son père et par sa mère, jamais elle n’afficha autant de soumission, de réserve et de modestie. Elle se considérait comme étant au vert, pour reprendre des forces, afin de continuer ses débauches durant cette dernière année d’internat qui lui restait à faire. Lisbeth, Aline, Christya, toutes les autres agirent de même de leur côté. Si, au retour, Jean Sticker ne baisa pas de suite sa favorite Lisbeth, ainsi qu’il agit les années précédentes avec Reine, il ne la combla pas moins, dans un court tête-à-tête, de prévenances et de chatteries qui la ravirent, la poussèrent à demander et à obtenir certaines choses. Il lui donna à choisir la chambre qui lui conviendrait le mieux, avec l’autorisation d’en modifier l’ameublement selon son goût, lui abandonna de nouveau la petite Lucy pour la diriger à sa fantaisie, la traita en un mot comme une épouse absente pendant quelque temps, et qu’on retrouve avec joie. Malgré sa condamnation à être privée de vacances, Hilda ne fut retenue qu’une quinzaine de jours, et elle revint plus assagie, plus prudente et aussi plus joliette, plus fine, plus coquette. Elle avait gagné en corps et en beauté : Reine le constata non sans émotion, et l’embrassant avec beaucoup de tendresse, lui dit :
- Je ne suis pas de celles qui te tournèrent le dos, et j’ai bien été peinée du mal que tu souffris. Je ne renonce jamais à mes petites amoureuses, je serais bien heureuse de te conserver parmi les meilleures, voudras-tu, dis ?
- Nous en recauserons, Reine ; je ne sais pas comment on me traitera dans la maison, mais si je suis libre, je voudrais être une de tes amoureuses les plus tendres.

On ne dissimulait pas les désirs d’une entente de luxure réciproque ; on savait employer les mots les plus convenables ; il n’en fallut pas davantage pour que Reine l’embrassât avec plus d’expression perverse dans le coin d’une oreille et lui décochât une langue sur le bord des lèvres, à laquelle il fut répondu sur-le-champ du tac au tac.

Cela se passait dans le grand vestibule d’entrée, où les sous-maîtresses s’apprêtaient, sous les ordres de la surveillante générale, à constituer les divisions d’étude. Lisbeth, qui voyait du coin de l’oeil le manège des deux jeunes filles, sans perdre l’insipide sourire sous lequel elle voilait ses intimes pensées, s’approcha et dit :
- Tu sais, Reine, la directrice, de peur de s’attirer des observations de tes parents, a supprimé l’étude qu’on t’avait confiée. Tu te diminuerais dans cette fonction. Une élève de ta caste, ne se destinant pas au professorat, ne peut-être sous-maîtresse.
- Ah, pourquoi Miss ne m’en a-t-elle pas parlé à mon arrivée ?
- Elle n’a décidé cela qu’après le départ de ta mère.
- Bah, que m’importe ! Je dois te dire que si je t’aime beaucoup, parce que nous sommes des amies de longtemps, je ne te conseillerais pas cependant de me traiter comme tu fis avec Christya. Je ne doute pas que tu es intervenue pour cette décision, dont je me moque, mais j’espère qu’on ne me gênera pas plus que par le passé.
- Oh ! Reine, ce que tu te méprends sur mon compte ! Je ne me mêle pas des classes et des études, et je ne cache pas mes actions. Je suis tellement ton amie, comme par le passé, qu’avant de partir pour les vacances, craignant que tu ne te compromettes niaisement avec ton professeur d’équitation, j’en ai recommandé un autre à miss Sticker, avec qui tu profiteras encore mieux, sans courir le risque… de trop engraisser.

Reine devint toute pâle à cette nouvelle mais elle eut l’habileté de se contenir et d’embrasser avec une effusion exagérée Lisbeth, la remerciant de veiller ainsi sur elle, comme un petit ange gardien. Dans le fond du cour elle enrageait, devinant bien que Lisbeth, favorite, accaparerait la directrice et évincerait peu à peu toutes celles que Jean dépucela.

De fait, les premiers temps de la nouvelle année scolaire, on observa une attitude très réservée. Les élèves pressentaient qu’un danger invisible planait sur toutes. Certes, la sévérité ne s’exerçait toujours pas aussi implacablement que par le passé, mais il y avait des condamnations inattendues au cachot, des privations de récréations, des observations interdisant certains jeux, de petites vexations qui témoignaient l’éveil d’esprits hostiles. Lisbeth affichait son lien avec la directrice audacieusement, effrontément. Elle vivait presque de la même vie, mangeait à sa table, veillait tard avec elle, avait sa chambre tout près de ses appartements, ne frayait plus avec ses compagnes qu’aux heures de classe. Une surveillance occulte pesait sur toutes les divisions, et on se défiait des moindres actes. Reine elle-même n’osait pas se risquer à courir comme auparavant. Les jeunes filles atteignant leur seize ans, dispensées de la surveillance d’une sous-maîtresse, faisaient leurs devoirs dans leurs chambres et conservaient la faculté de rendre des visites : elles n’en usaient pas, ayant remarqué que dès leurs premiers pas hors de chez elles, une servante, ou même un serviteur ne les perdait pas de vue : elles savaient que leurs plus petites promenades étaient rapportées à la direction. Cette contrainte, cette gêne qui pesaient sur les esprits, engendraient de sourdes colères, avivaient des énergies et provoquaient des rêves où le fruit défendu acquérait du troublant et du tentant. Les passions commençaient à couver avec plus d’intensité que naguère, et bien de celles qui jadis affectaient du dédain pour les saloperies auxquelles se livraient certaines de leurs compagnes, aspiraient à l’atmosphère de vices qui, si elles ne les pratiquaient pas, leur ouvraient l’intelligence sur les mystères du sexe. Les sens ne trouvant plus à se satisfaire, on échangeait des lettres d’amour avec beaucoup d’adresse où on ne craignait pas de chatouiller la petite bête perverse en s’informant des velléités charnelles personnelles caressées au point de vue voluptueux. Reine se plaisait à entretenir une correspondance des plus actives, non seulement avec ses amies les plus intimes, mais aussi avec quelques timides, quelques fausses vertueuses, qui se lançaient et s’adressaient à la plus savante, à la plus séductrice des amoureuses. Sa pensée voltigeant du côté d’Hilda, avec qui elle se rencontrait très rarement, à supposer qu’une habile intervention s’appliquait à les séparer, elle lui écrivit :

Comment vivons-nous, que les jours s’écoulent, et que nous ne mettions pas à exécution les promesses contenues dans notre chère caresse, au moment de la rentrée ! Quel dieu puissant, ou plutôt quelle déesse jalouse s’oppose à nos rencontres ! Il y a là un machiavélique dont est seule capable l’ingrate amie, ton usurpatrice, qu’hélas, j’eus la sottise de pousser dans le lit de Jean ! Voyons, chérie, un bon mouvement, cela ne saurait se prolonger. Écris-moi vite quelles sont tes habitudes, et je trouverai le moyen de nous réunir. Tu es dans une étude où les licences régnaient, même à l’époque des plus dures sévérités : ta sous-maîtresse n’est pas une féroce vigilante. Indique-moi si, de temps en temps, elle sort de votre étude, et je m’arrangerai pour te causer à un de ces instants la surprise de ma venue. Une langue de celle qui t’en enseigna le charme. Reine.

Hilda répondit en envoyant sa lettre par Rosy Cherchuff, laissée au service de Reine, et que Jean n’avait pas voulu qu’on lui enlevât :

Je ne sais pas non plus pourquoi nous ne parvenons pas à nous rencontrer ! Il semble que chaque fois où je guette ton passage, quelqu’un devine et m’appelle ailleurs. Je remarque cependant qu’on se montre « en haut » bien bon et bien prévenant à mon égard. Pour nous réunir, il n’y a pas d’autre solution que de nous donner rendez-vous dans ta chambre. J’y viendrai demain dans l’après-midi, au milieu de la récréation du goûter, quand on me croira bien en train de jouer : je me glisserai de façon à n’être pas vue. Laisse ta porte entrouverte pour que je pénètre bien vite. Nous nous entendrons pour ensuite. Je t’aimerai, comme tu m’aimeras. Si par hasard un empêchement quelconque survenait, j’irai à cinq heures dans le water-closet de ma division, tâche de t’y trouver, nous prendrons un acompte de ce que nous désirons, en attendant mieux. Hilda.

Heureusement rien n’entrava le rendez-vous dans la chambre : il fallait à Hilda une finesse d’Apache pour dépister la surveillance des élèves et des servantes, chargées certainement de signaler ses pas et démarches. Dès qu’elle fut entrée, Reine, en dépit des règlements, poussa la targette et dit :
- La maison s’écroulerait que je n’ouvrirais pas.
- Oh, Reine, et si on nous condamnait au cheval !
- Ne crains rien ; j’ai réfléchi à ta lettre. Si on nous surveille toutes les deux, c’est que Jean Sticker, notre brave dépuceleur, tient à l’une comme à l’autre, malgré qu’il me néglige, comme il ne l’a jamais fait, même quand tu étais sa mignonne. On redoute notre accord. Mais, nous ne sommes pas ici pour penser à autre chose qu’à nous. Sais-tu que tu embellis tous les jours, et que si tu n’es pas encore une femme toute formée, tu as un genre plus délicat, plus fin, plus mignard que nous toutes, et bien mieux approprié à un amant comme Jean. Ah, ma belle mignonne, je revois enfin tes jolies cuisses, oh ! ce qu’elles ont gagné depuis la fois où je te léchai dans le parc, tu te souviens ? et ton minet, il s’est fourni, chérie, chérie, tu avais envie, tu frissonnes déjà, et ma langue ne travaille pas encore. Là, là, ne bouge pas, que je t’admire à mon aise, sans ton pantalon, voilà ton ventre, ton petit nombril, et ton con, à peine ouvert, l’adoré, laisse-toi faire, chérie, depuis la rentrée des vacances, je n’ai encore pu me fourrer que sous les jupes de ma gentille Rosy, et elle ne jouit pas encore ! Et moi, on te l’a dit, j’aime d’avoir le nez, la bouche, sur le con et le cul de mes amies : tu prenais aussi ce goût, oui, chérie, oui, on fera tout ensemble ; parce que tu me produis un effet extraordinaire ! Est-il possible que ce gentil con, si mignon, si étroit, se soit donné à une autre queue que celle de Jean ! Dis, conte-moi avec qui tu as baisé !

Hilda, toute rouge, ne recula pas à confesser son baisage avec Hippolyte Grandsen, et Reine reprit :
- Tu as eu confiance en moi, je t’en adore davantage ! Je savais l’histoire par Jean Sticker ! Et je t’assure, ma chérie, qu’il en éprouvait un réel chagrin ! Tu parlais à ses sens, à son coeur, mieux que nous toutes, et si je n’avais pas jeté Lisbeth dans ses bras, il te serait revenu depuis longtemps déjà, et on vivrait comme des bienheureuses. Oh, ce que j’ai fait, je pourrai peut-être le défaire ! Si tu veux m’en croire, tu coquetteras avec miss Sticker et, ou je me trompe fort, tu finiras par l’emporter sur cette chipie de Lisbeth, que je voudrais bien voir attachée au cheval, comme on t’y mit, toi, ma chérie, mon adorée.
- Non, non, Reine, cela jamais. Je ne veux plus recommencer avec Jean Sticker, il a été beaucoup trop méchant et trop cruel.
- Sois juste ! Le galant que tu lui donnais comme coadjuteur n’était pas pour le flatter.
- Ah, Reine, ne parlons plus du passé, et dépêche-toi de me caresser que je te caresse aussi ! Tu es une de nos plus jolies filles, même la plus jolie de toutes, c’est à toi qu’on devrait le faire, et c’est toi qui le fais, même à des petites guenons.

Voir en ligne : Malsaines débauches (Chapitre IV)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : Passions de jeunes miss, I. Liseux, Paris, 1907. (187 p. ; 21 cm).



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