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L’Ardente passion

Une correction administrée avec vigueur

Roman érotique (Chapitre VI)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


VI

La matinée avait été maussade, c’était maintenant Marthe qui éprouvait de la honte pour sa conduite et fuyait le jeune homme. Celui-ci au contraire, cherchait continuellement à la rejoindre. L’apercevant dans le jardin, il courut après elle, l’appelant tendrement :
- Madame !

Elle se retourna et l’attendit ; quand il fut là, elle leva la main et le souffleta.
- Quand vous aurez fini de me pourchasser ?

Il s’étonna :
- Je ne vous ai rien fait ?…
- Laissez-moi… Je veux être seule !

Docile, il recula, tandis qu’elle poursuivait son chemin, cherchant un coin solitaire. Dès qu’elle fut hors de vue, il rampa sur ses traces, se dissimulant derrière les buissons. Bientôt il fut tout près, la distinguant sans être vu. Il haletait, en la contemplant ainsi, étalée sur le gazon, se croyant bien à l’abri des regards indiscrets.

Mais il ne put longtemps cacher sa présence, un mouvement inconscient, tira la jeune femme de sa somnolence. Rougissante et furieuse elle se dressa et apercevant le jeune homme, eut un cri désespéré. S’emparant d’un bâton, elle courut à lui et frappa, farouchement, au hasard. Le bois se cassa en deux.

Alors, elle le gifla, le roulant à terre avec frénésie, cherchant à lui causer de la douleur. N’y parvenant pas, elle s’acharna, arrachant les boutons du pantalon pour pouvoir taper plus durement.

Il n’eut pas une plainte, pas une récrimination ; il murmura seulement :
- Oh ! Marthe !

Elle le lâcha et s’enfuit, ce nom bourdonnant à ses oreilles, enfonçant en sa chair une douleur cuisante.

De nouveau à la maison, elle se sentit plus calme et haussa les épaules avec désinvolture.
- Tant pis !

Le dîner cependant fut silencieux et ensuite, ils se réunirent au soleil, sur le perron, afin d’attendre la venue de Berthe.

Ils sentaient l’un et l’autre qu’ils avaient besoin de cette diversion.

La jeune fille arriva, souriante et désinvolte ; elle sauta de machine, puis avec une spontanéité charmante tomba dans les bras de Marthe qui l’embrassa.

Elles s’éloignèrent au bras l’une de l’autre, Louis voulut les suivre. Dans le vestibule, Marthe se retourna :
- Laissez-nous ?

Étonné, il tenta de discuter :
- Mais !…

Un soufflet claqua ; Berthe fit : oh ! Il recula, non blessé, mais dompté.

Ce fut la jeune fille qui entraîna la femme et elles s’enfermèrent dans le boudoir. Là elles demeurèrent un instant silencieuses, tourmentées par une idée lancinante. Berthe se suspendit au cou de sa compagne et tout bas, avec timidité :
- Battez-moi… comme hier… un peu… pour rire…

Marthe se dégagea et l’attira en avant, la couchant sur ses genoux. Les jupes volèrent, le pantalon tomba, le poing frappa, lentement, avec un bruit sourd, dans la longueur de la croupe.

La fouettée se tordait, sa taille remuait profondément, une plainte continue fusait de ses lèvres.

Puis elle se secoua brusquement, roulant à terre, pour aussitôt être à genoux :
- À mon tour maintenant !

Marthe voulut se défendre ; déjà il était trop tard, elle se sentit serrée aux jambes par deux bras nerveux et lentement elle coula jusqu’au tapis.

Aussitôt Berthe fut sur elle et la correction qu’elle lui administra ne manqua point de vigueur. Elle frappait elle aussi, la menotte fermée, martelant la chair qui se mouvait.

Cependant, la jeune femme honteuse de ce traitement, parvint à se dégager, mais une fois debout, elle n’osa plus toucher sa vindicative compagne.

Elles se reprirent par le bras et retournèrent au salon où Louis narquois les attendait. Elles rougirent en sa présence, Marthe fronça les sourcils et tout rentra dans l’ordre.

Ils s’installèrent au soleil, dans le jardin pour prendre le chocolat, ayant peur instinctivement de l’intimité douce du salon où nul regard indiscret ne pouvait les voir. Dehors, au contraire, leur énergie trouvait un appoint dans la crainte des cancans. Louis maintenant avait hâte que Berthe s’éloignât, afin d’être seul de nouveau auprès de la gouvernante. Elle par contre envisageait cette solitude avec un véritable effroi. Elle sentait en elle le sang bouillonner et ses yeux machinalement étaient attirés par l’adolescent qui la contemplait avec une passion naïve.

Berthe dût partir, ils la reconduisirent à la porte, où légère, elle sauta sur sa machine en leur criant encore :
- À demain !

Ils rentrèrent, côte à côte, sans échanger un mot et Marthe courut s’enfermer dans le boudoir où elle demeura jusqu’au soir.

Voir en ligne : Désir de torture et morsures de la chair (Chapitre VII)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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