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L’Ardente passion

Une esclave asservie fouettée comme une chienne

Roman érotique (Chapitre XVI)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


XVI

Marthe se laissait vivre ; son ami avait abandonné sa chambre pour s’installer dans la sienne et la traitait en esclave asservie.

Le matin, elle descendait de bonne heure pour lui servir son déjeuner dans son lit, ensuite, elle l’aidait à s’habiller, s’agenouillant pour lui glisser ses chaussures.

La laissant au logis, il sortait, s’en allant par la campagne, où il aimait à rêver dans la solitude.

Quand il rentrait, si le dîner n’était encore sur la table, il fronçait les sourcils ; ce geste suffisait pour lui arracher des frissons de peur et elle s’activait, fébrile, craintive.

Ils s’asseyaient enfin côte à côte, se serrant amoureusement l’un contre l’autre, échangeant des baisers, plus souvent que l’occasion s’en présentait.

Marthe ne regrettait rien, elle s’affirmait que les circonstances l’avaient conduite et que, lutter contre la fatalité avait été impossible. Cette appréciation de ses actes lui permettait de vivre sans remords. L’unique peur qui la torturait maintenant était la certitude qu’un jour viendrait où elle perdrait définitivement l’amant trop jeune pour elle.

Cette lune de miel dura une semaine, pendant laquelle, ils fermèrent leur porte, même aux jeunes filles. Aussitôt après le déjeuner, ils s’enfuyaient, cherchant la tranquillité de la campagne où ils pouvaient bavarder à l’aise.

Continuer ainsi toutefois, aurait risqué d’attirer l’attention malveillante du prochain ; d’un commun accord, ils se décidèrent à attendre la visite d’Odette et de Berthe.

Celles-ci venaient régulièrement chaque jour sonner à la grille, prévenues par une secrète intuition que cet isolement des amoureux aurait une fin rapide.

Elles haïssaient la gouvernante qui osait accaparer l’amant et les privaient de ses caresses. Lutter cependant était impossible, tout au moins au début de cette passion.

Cet après-midi-là, elles avaient soigné leur toilette un peu plus que de coutume et elles apparurent radieuses de beauté et de jeunesse. Vêtues de tuniques blanches, leur corps juvénile prenait des inflexions voluptueuses, la poitrine encore frêle tendait l’étoffe, les hanches harmonieuses roulaient déplaçant la croupe charnue en un balancement rythmique.

À leur vue, Marthe frémit ; elle sentit qu’elle respirait l’amour, par ce que leur jeune corps flambait de désirs.

Une impression à peu près identique frappa Louis qui vit brusquement sourdre en lui, un appétit sensuel inaccoutumé.

Louis en maître absolu, les emmena prendre le thé au salon ; au passage, dans le vestibule, il s’était emparé du fouet de chien qu’il suspendit à sa ceinture.

Quand il s’assit dans le vaste fauteuil, en face d’elles, avec cet objet sur lui, elles frissonnèrent. Elles attendaient quelque chose d’inattendu, de piquant.

Comme elles continuaient néanmoins à babiller, il leur imposa silence et elles se turent, tremblantes, le considérant avec une sorte de stupeur puérile.

Très calme, il fit un signe :
- Berthe, viens ici…

Elle avança en chancelant, et lorsqu’elle fut près de lui, sans un mot, il dégrafa la robe, qui doucement coula sur le tapis. Puis ce fut le tour de la combinaison et du pantalon… Enfin des bas et des souliers.

Alors, il la renvoya :
- Retournes à ta place…

Le visage crispé par un sanglot qui lui envahissait la gorge, elle s’éloigna, s’asseyant timidement sur un coin de chaise. Avec le même sang-froid, il appela Odette qui accourut frémissante. Pour apaiser cette exaltation, il la cingla aux jambes :
- Tâche de te tenir tranquille !

Elle baissa la tête, dominée, se laissant dévêtir comme sa compagne, ne gardant pour tout costume que la mince chemise de batiste vaporeuse.

Marthe anxieuse, le fixait, se demandant si elle allait être soumise à une honte identique. Il devina son angoisse et eut un sourire narquois :
- Approche !

Elle obéit cependant, les joues écarlates. Son costume était simplifié, se composant du peignoir et de la fine chemise.

Les gestes lents, précis, il retira le tout et lui ordonna de terminer, en enlevant bas et pantoufles.

Les paupières baissées, elles se tenaient maintenant toutes trois, assises sur des chaises en un demi-cercle, autour du guéridon supportant la théière et les tasses.

Il les servit, l’une après l’autre, ne les autorisant toujours pas à parler, même pour le remercier.

Placide, il s’allongea sur un divan, eu face d’elles, et alluma une cigarette. Elles n’osaient bouger, l’épiant peureusement, guignant du coin de l’œil, le fouet toujours pendu à sa ceinture.

Berthe cependant, la plus nerveuse, ne put résister longtemps à cette atmosphère enfiévrée ; la voix rauque, elle implora :
- Louis…

Il tourna la tête, la regarda, souriant à la vue de son visage qui devenait blême. Avec nonchalance, il se laissa glisser du divan et soudain, au-dessus de sa tête, la lanière siffla.

La malheureuse roula sur le sol avec un cri de douleur. Mais le terrible fouet, la poursuivit. Sur le tapis, elle rampa, la chemise déchiquetée. Lui la suivait pas à pas, zébrant le corps entier de larges stries écarlates.

Elle ne criait plus, se contentant de gémir sourdement, terrassée par la souffrance contre laquelle il lui était impossible de se révolter.

Les deux autres, la considéraient placidement, se disant que leur tour viendrait et qu’il n’y avait pas lieu qu’elles s’apitoyassent.

Enfin, elle s’écroula, entièrement étendue sur le sol, les ongles raclant la laine du tapis. Le nez écrasé à terre, elle se lamentait, mais n’implorait pas la pitié du bourreau.

Celui-ci toutefois comprit qu’elle avait atteint la limite de l’énergie physique. Brusquement, il cessa de frapper et la saisissant par un bras, la traîna jusqu’au divan, où il la jeta brutalement.

Les deux autres, avec des sanglots de jalousie, enfouirent leur visage dans leurs mains frissonnantes.

Louis fit claquer son fouet et cette menace suffit à les ramener dans le droit chemin.

Berthe gémissait sourdement, son pauvre corps meurtri tressaillait, pourtant maintenant elle n’en voulait plus au tourmenteur qui l’avait atrocement frappée.

Avec une brusquerie orientale, Louis, la repoussa du divan et s’y allongea de nouveau pour fumer une cigarette. Sans même se déranger, il réclama :
- Une tasse de thé !

Toutes se précipitèrent, même la suppliciée ; chacune apportant quelque chose : Marthe la tasse pleine, Odette le sucrier, Berthe le lait.

Satisfait de sa puissance, il les remercia d’une claque qu’elles reçurent d’ailleurs sans sourciller.

Il s’étonnait un peu de cette domination soudainement acquise sur ces trois femmes qui, quelques jours plus tôt, l’accablaient de sarcasmes et le faisait plier sous la plus dure sévérité.

Il ne songeait point à se venger, sa façon d’agir n’était conduite actuellement que par une vanité puérile.

Raisonneur par habitude, il cherchait à deviner, s’il les aimait également toutes les trois. Certes, elles lui plaisaient ; elles étaient d’agréables compagnes, mais la gouvernante restait sa préférée.

En lui, elle avait la première glissé le désir, elle l’avait dompté et ce n’avait été qu’à travers la souffrance qu’il était parvenu à la vaincre.

De cette victoire il se sentait fière et la passion de la jeune femme lui en était d’autant plus précieuse.

Il se redressa sur un coude et les examina en riant : une idée diabolique venait de germer dans son esprit :
- Marthe, va chercher les gants de crin, je veux être massé.

Elle courut se demandant ce qu’il avait imaginé. Pendant son absence, il s’empara d’un solide coupe papier d’ébène qui traînait sur un guéridon.

Suivant l’ordre reçu, elle rapporta trois gants et chacune d’elles en eut un. Narquois, il ordonna :
- Commencez !

Elles se penchèrent ; aussitôt Odette se recula avec un cri :
- Trop fort, grondait-il, en lui piquant la hanche de l’extrémité de son arme.

Passives, elles recommencèrent, usant de toute la douceur dont elles étaient capables.
- Pas assez fort !

Marthe eut une plainte, la respiration coupée par un coup de tranchant.

Bientôt il attirait Odette près de lui, tandis que les deux autres reculaient tristement de quelques pas.

La jeune fille avec un cri étouffé, croula sur le sol, repoussée par la main brutale de l’homme. Avant qu’elle eut pu se relever, le fouet sifflait, la mordait aux reins.

Elle se sauva à quatre pattes et il la poussa ainsi jusqu’au boudoir.

Lorsqu’elle y eut pénétré, il revint à Marthe et à Berthe, qu’il chassa à leur tour à grands coups de lanière.

Moqueur, il les enferma toutes trois dans le minuscule boudoir, se revêtit paisiblement et allumant une cigarette s’en alla se promener par la campagne.

Tranquille et amusé, il passa chez la mère de Berthe, puis chez celle d’Odette, pour l’avertir que Mme Teillay gardait les jeunes filles à dîner et qu’on les reconduirait le soir.

Les parents connaissant l’honnêteté de la gouvernante ne s’inquiétèrent point.

Cependant celle-ci enfermée avec ses deux amies se voyait en butte à leur ressentiment jaloux.

Prudentes, elles avaient attendu que le maître se fût éloigné, puis d’un commun accord, sans s’être entendues, elles sautèrent sur la jeune femme pour la rouer de coups.

Elle se débattit, se défendit de son mieux, mais elle dût céder à la force. Elles la domptèrent, la jetant en travers d’un sopha.

Mais au bout du compte, cette grande colère s’acheva en baisers ardents. Elles oublièrent totalement, du moins pour de longs instants, Louis qui les avait martyrisées.

Marthe savante, sut les gagner rapidement et bientôt, elles lui furent aussi amoureusement soumises qu’au jeune homme.

Lorsque celui rentra, il les trouva tendrement enlacées, attendant son retour. Ce fut avec des cinglades violentes qu’il les ramena au salon.

Peureuses, gémissantes, se frictionnant de leurs paumes tremblantes, elles trottinaient devant lui, sans songer à se révolter, tant il les dominait par la crainte.

Pendant ce temps la servante qui n’avait pas besoin d’ordres pour accomplir sa besogne, servit le dîner.

Marthe seule fut autorisée à jeter uniquement son peignoir sur ses épaules ; les autres demeurèrent comme elles étaient et tous trois gagnèrent la salle à manger.

Louis avait repris toute sa gaîté, le repas fut joyeux, le maître trônait en pacha aussi voluptueux qu’autoritaire et nulle de ses esclaves n’osait lui résister.

Après le souper, ils s’attardèrent dans le jardin, au clair de lune ; la soirée était douce et permettait le léger costume des femmes.

Sous la tonnelle, ils prirent le thé, assis tous quatre sur une chaise longue. Ils fumaient des cigarettes en devisant insoucieusement, à l’abri des regards indiscrets, par les hauts murs entourant le parc.

Parfois un soupir étouffé troublait la quiétude ambiante, puis le rire du jeune homme claironnait gaillardement.

Ils se revêtirent et partirent tous ensemble ; les mamans voyant revenir leur fille, n’eurent pas une seconde de soupçon, tant les coupables savaient déjà bien mentir malgré leur jeune âge.

Louis et Marthe durent s’arrêter dans les deux maisons, pour déguster un verre de liqueur et écouter les compliments des parents. Derrière leur dos, cependant, on ricanait, jugeant M. Le Breuil, bien imprudent de laisser son jeune fils seul auprès d’une aussi jolie femme.

Ceux-ci ne s’inquiétaient guère des propos d’autrui. Ils revenaient au logis, amoureusement enlacés. Louis, tendre, demanda :
- Tu as passé une bonne après-midi, Marthe ?

Elle soupira douloureusement :
- Toi, peut-être, mais moi, j’ai souffert…

Il la serra dans ses bras :
- Jalouse… pourquoi te plains-tu… Je suis le pacha… Imagine-toi que je suis oriental.

Cette plaisanterie ne la fit pas sourire, une larme brilla sur ses longs cils noirs.
- J’aimerais mieux que tu sois tout à moi.

Il rit égoïste et tyrannique :
- Voyez-vous ça la gouvernante… Tu sais je ne veux pas de reproches…

Elle s’appuya à son épaule, de nouveau souple et soumise :
- Je ne me permettrai pas de t’en adresser, tu as pu t’en rendre compte…

Ils repartirent, se tenant par le bras étroitement, heureux d’être seuls ensemble, malgré tout. Les jeunes filles restaient pour Louis de simples distractions ; celle qu’il aimait, c’était Marthe voluptueuse et ardente, possédant la science mystérieuse qui enchaîne l’homme.

Jugeant qu’ils avaient incomplètement profité de leur journée, à cause de la présence des autres, ils restèrent au salon, bavardant à voix basse, fumant des cigarettes en buvant du thé.

Pour la jeune femme, ces courts moments de solitude, furent des minutes d’infini bonheur.

Voir en ligne : Jouissance et domination (Chapitre XVII)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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