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Les délices du fouet

Une fervente de la flagellation

Roman érotique (chapitre 23)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


23

Je suivis avec anxiété la lente disparition des marques laissées par miss Bobby et ne ménageai pas la précieuse pommade.

La trace des verges s’atténua enfin ; mais celle de la cravache persistait à laisser son souvenir en longues stries rouges et je regrettais amèrement la maladresse que j’avais eue de provoquer miss Bobby au moment de la quitter et de m’être attiré malencontreusement une aussi énergique cinglade.

À l’heure fixée, je me fis conduire au lieu de rendez-vous choisi par Lilette. Rachel Blum, une des couturières les plus en renom de Londres, occupe un immeuble d’assez belles proportions, dont le rez-de-chaussée forme les magasins et salons d’essayage, le premier étage, l’appartement très vaste et luxueux de Mme Blum, et les deux étages supérieurs, les ateliers de couture où travaillent les ouvrières.

Mme Rachel Blum vint au-devant de moi dans le vestibule et me conduisit au premier étage, dans un salon meublé avec luxe. Elle me fit prendre place à côté d’elle, sur un vaste sofa, et je regardai non sans admiration la charmante jeune femme. C’était une grande et belle rousse, au corps souple et nerveux, et dont l’allure hardie trahissait une passionnée flagellante.

Elle me regarda attentivement, comme pour me pénétrer, et mit le comble à mon émoi lorsqu’elle me parla.
- Vous êtes une fervente de la flagellation, madame ? lui demandai-je, après l’échange de quelques banalités.
- Oui, my Lord, répondit-elle. Je suis devenue une dévote flagellante depuis mon mariage, et c’est mon mari qui en est cause.

Je la regardai avec étonnement et elle reprit :
- Mon mari ne m’avait pas tout d’abord avoué qu’il subissait cette passion depuis son jeune âge. Dans la première année de notre union, je m’aperçus qu’il fréquentait des courtisanes. J’y vis une preuve d’infidélité et j’en étais navrée. Mais, en poussant plus loin mon enquête, j’appris que ce n’était pas le cas et qu’il se rendait chez les demi-mondaines uniquement pour se faire fouetter. J’ai fait, alors, ce que toute femme intelligente et qui tient au bonheur de son ménage, eût fait à ma place. Sans rien laisser paraître, je me procurai de bonnes verges et des cordes, et, un beau matin, vêtue d’un élégant déshabillé et la figure fardée avec soin, j’allai surprendre mon mari à son lit. II crut rêver en me voyant dans cet accoutrement, mais je ne lui donnai pas le temps de se reprendre ; sans proférer un son, d’un air décidé et plein d’autorité, je le tirai de son lit, et, après l’avoir attaché sur un fauteuil, je lui administrai une maîtresse fessée, ne m’arrêtant pas de fouetter à tour de bras, avant que les deux verges que j’avais apportées ne fussent volées en éclat. Aussitôt que je l’eus libéré de ses liens, il se jeta à terre, me baisant les pieds avec reconnaissance, et m’assurant que jamais il n’avait été fouetté aussi magistralement. Dans son délire, il me prit frénétiquement dans ses bras, et nous nous confondîmes en une passionnée étreinte. Depuis ce jour, mon mari ne fréquente plus les demi-mondaines, et je me charge de tenir son derrière dans un état qui ne lui donne aucune envie d’aller chercher ailleurs ce qu’il trouve d’une manière si complète chez lui.

Je me sentis fort excité par le récit de la jeune femme et risquai une remarque :
- Vos fonctions de remarquable flagellante s’exercent-elles uniquement sur votre mari, madame ?
- Je vous vois venir, fit-elle en riant. Mais puisque cela vous intéresse, je vous avouerai que je ne dédaigne pas d’exercer les fonctions dont vous parlez sur d’autres amateurs, à la condition qu’ils me plaisent et, naturellement, en m’arrêtant avant la conclusion réservée aux séances conjugales.
- Naturellement, répétai-je. Mais, pour le reste, c’est bon à savoir, si toutefois on remplit la première condition.
- Si vous parlez pour vous, my Lord, ne vous inquiétez pas de la petite condition ; vous la remplissez tout à fait. J’ajouterai même que je serai ravie de vous satisfaire tout de suite ; n’êtes-vous pas venu pour subir tout à l’heure les rigueurs de la marquisette ?
- Oh, des rigueurs ! m’écriai-je ; je crains bien que ce ne soient des rigueurs à l’eau de rose.
- Ne vous y fiez pas, my Lord. La marquisette est une passionnée et une raffinée. Je vous assure qu’elle sait s’y prendre, je l’ai vue à l’oeuvre. Aussi, je lui confie la correction d’un jeune garçon très indiscipliné et d’une ouvrière qui s’est rendue coupable d’un larcin. Tous deux méritent une sévère punition et ils l’auront. Je lui confie aussi mon mari…
- Votre mari ? fis-je surpris.
- Mais oui, mon mari. C’est un petit extra que je lui accorde. Il jubile d’être fouetté par cette ravissante jeune fille.
- Et vous permettez cela ?
- Je le permets et je sais bien pourquoi. Après la bonne fessée reçue des mains de Lilette, il en recevra une plus forte, administrée par moi pour le punir.
- Il peut supporter cela ?
- Puisque c’est une punition, qu’il la supporte ou ne la supporte pas, il l’aura ; et ce ne sera pas une plaisanterie.

Un équipage s’était arrêté à la porte et, rapide comme une gazelle, Lilette pénétra dans le salon, interrompant mon intéressante conversation avec Mme Blum. Elle portait une robe tailleur en drap marron, qui moulait son corps souple ; les joues roses et les yeux brillants, elle paraissait très excitée. Mme Blum nous mena dans une chambre où tout avait été préparé.
- Vous voyez, marquise, dit-elle, les murs sont assourdis par de lourdes tentures, aucun bruit ne perce au dehors, les cris de vos victimes ne seront pas entendus.
- La précaution tombe à pic, repartit Lilette, car je me sens tout à fait en train aujourd’hui.
- Voici, continua Mme Blum en nous désignant les objets, un banc de flagellation, très commode pour attacher le coupable avec les cordelières qui sont là. Je préfère le banc à tout autre meuble, il permet d’immobiliser tout à fait le coupable et de passer autour de lui, pour appliquer les verges dans les deux sens. Voici une échelle fixée au mur et par terre, sur une forte pente. C’est le système anglais, très pratique pour fouetter les femmes. On peut les ficeler comme on veut, par les bras et les jambes, et les trousser ensuite tout à son aise. Ce système est fort usité en Angleterre, où on fouette beaucoup les femmes, comme vous savez. Voici maintenant les instruments : il y en a pour tous les goûts. Voici la perfection en fait de verges. Il y en a une douzaine de toutes fraîches, coupées hier et assouplies encore en trempant dans un bassin d’eau vinaigrée. Voici des martinets à lanières de cuir de différents modèles, et des cravaches en baleine et en nerfs de boeuf, qui cinglent terriblement. Quelques coups de cet instrument, appliqués vigoureusement après une bonne fessée par les verges, sont d’un excellent effet. Voici des fouets à longue et courte lanière, le fouet de chien, le knout russe et même un fouet de cocher. Pour s’en servir, on se met à quelque distance du coupable, afin d’avoir l’élan nécessaire à faire claquer la mèche. Pour les femmes, c’est très bon après les verges. Vous aurez une bonne occasion de l’essayer sur la jeune ouvrière que je vous confierai. C’est une voleuse qui mérite un châtiment sévère.
- Il y a un jeune homme aussi, n’est-ce pas ? observa Lilette.
- Oui, marquise, reprit Mme Blum, il y a mon jeune groom, un garçon très dissipé, qui s’amuse pendant des heures dans la rue, à jouer aux billes au lieu de faire ses courses. Je vous recommande de ne pas le ménager. J’avais l’intention de le fouetter hier ; mais, puisque vous deviez venir aujourd’hui, j’ai préféré que vous le prissiez en main ; vous saurez le mater.
- Soyez tranquille, madame Blum, il aura son compte.
- Voulez-vous commencer par lui ? Je vous enverrai ensuite l’ouvrière, puis mon mari. Vous terminerez sans doute la séance par my Lord ?
- Oui, je le lui ai promis et je tiendrai parole, dit Lilette, en me dardant un regard d’aigle. Votre programme me convient tout à fait.
- La jeune ouvrière a mérité une sévère correction. Elle a emporté des coupons et des bouts de ruban et de dentelle qu’on a retrouvés chez elle. J’ai voulu la dénoncer à la police, mais sa pauvre mère est venue me supplier et j’ai consenti à la garder, à condition qu’elle se soumît à une sévère fessée. Vous pouvez donc aller carrément ; elle est robuste et les verges ne lui seront que salutaires. Quant à mon mari, il est accoutumé à être traité durement et je serai enchantée que vous le fouettiez très fort. Il jubile à l’idée de goûter les verges des mains d’une marquisette, et il est très excité ; voici plusieurs jours que je ne l’ai fouetté.
- Ne vous tourmentez pas, chère madame Blum, dit Lilette ; je serai à la hauteur de ma tâche.

Sur ces mots, Mme Rachel Blum nous quitta, en promettant d’envoyer sur-le-champ le groom coupable.

Voir en ligne : Fouetter les femmes (chapitre 24)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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