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Thérèse philosophe

Une libertine de profession encore pucelle : Histoire de Mme Bois-Laurier

Histoire du Père Dirrag et de Mlle Éradice (8)



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Jean-Baptiste de Boyer Marquis d’Argens, Thérèse philosophe ou Mémoires pour servir à l’histoire du père Dirrag et de mademoiselle Éradice, Paris, 1748.


DEUXIÈME PARTIE

HISTOIRE DE MADAME BOIS-LAURIER

Tu vois en moi, ma chère Thérèse, un être singulier : je ne suis ni homme, ni femme, ni fille, ni veuve, ni mariée. J’ai été une libertine de profession et je suis encore pucelle. Sur un pareil début, tu me prends sans doute pour une folle. Un peu de patience, je te prie : tu auras le mot de l’énigme. La nature, capricieuse à mon égard, a semé d’obstacles insurmontables la route des plaisirs qui font passer une fille de son état à celui de femme : une membrane nerveuse en ferme l’avenue avec assez d’exactitude pour que le trait le plus délié que l’Amour ait jamais eu dans son carquois n’ait pu atteindre le but. Et, ce qui te surprendra davantage, on n’a jamais pu me déterminer à subir l’opération qui pouvait me rendre habile aux plaisirs, quoique pour vaincre ma répugnance on me citât à chaque instant l’exemple d’une infinité de filles qui, dans le même cas, s’étaient soumises à cette épreuve. Destinée dès ma plus tendre enfance à l’état de courtisane, ce défaut, qui semblait devoir être l’écueil de ma fortune dans ce honteux métier, en a été au contraire le principal mobile. Tu comprends donc que lorsque je t’ai dit que mes aventures t’instruiraient des caprices des hommes, je n’ai pas entendu parler des différentes attitudes que la volupté leur fait varier pour ainsi dire à l’infini dans leurs embrassements réels avec les femmes. toutes les nuances des attitudes galantes ont été traitées avec tant d’énergie par le célèbre Pierre Arétin – qui vivait dans le XVe siècle – qu’il n’en reste rien à dire aujourd’hui. Il n’est donc question, dans ce que j’ai à t’apprendre, que de ces goûts de fantaisie, de ces complaisances bizarres, que quantité d’hommes exigent de nous et qui, par prédilection ou par certains défauts de conformation, leur tiennent lieu d’une jouissance parfaite. J’entre présentement en matière.

Je n’ai jamais connu mon père ni ma mère. Une femme de Paris, nommée la Lefort, logée bourgeoisement, chez laquelle j’avais été élevée comme étant sa fille, me tira mystérieusement un jour en particulier pour me dire ce que tu vas entendre (j’avais alors quinze ans) :
- Vous n’êtes point ma fille, me dit Madame Lefort, il est temps que je vous instruise de votre état. À l’âge de six ans, vous étiez égarée dans les rues de Paris, je vous ai retirée chez moi, nourrie et entretenue charitablement jusqu’à ce jour sans avoir jamais pu découvrir quels sont vos parents, quelque soin que je me sois donné pour cela.

« Vous avez dû vous apercevoir que je ne suis pas riche, quoique je n’aie rien négligé pour votre éducation. C’est à vous présentement à être vous-même l’instrument de votre fortune. Voici, ajouta-t-elle, ce qui me reste à vous proposer pour y parvenir : vous êtes bien faite, jolie, plus formée que ne l’est ordinairement une fille de votre âge : Monsieur le président de *** mon protecteur et mon voisin, est amoureux de vous, il s’est déterminé à vous faire plaisir et à vous entretenir honnêtement pourvu que, de votre part, vous ayez pour lui toutes les complaisances qu’il exigera de vous. Voyez, Manon, ce que vous voulez que je lui dise. Mais je ne dois pas vous taire que, si vous n’acceptez pas sans restriction les offres qu’il m’a chargée de vous faire, il faut vous déterminer à quitter ma maison dès aujourd’hui, parce que je suis hors d’état de vous nourrir et de vous habiller plus longtemps. »

Cette confidence accablante, et la conclusion de Madame Lefort qui l’accompagnait, me glacèrent d’effroi. J’eus recours aux larmes : point de quartier, il fallut me décider. Après quelques explications préliminaires, je promis de faire tout ce qu’on exigeait, au moyen de quoi Madame Lefort m’assura qu’elle me conserverait toujours les soins et le doux nom de mère.

Le lendemain matin, elle m’instruisit amplement des devoirs de l’état que j’allais embrasser et des procédés particuliers qu’il convenait que j’eusse avec Monsieur le président. Ensuite elle me fit mettre toute nue, me lava le corps du haut en bas, me frisa, me coiffa, et me revêtit d’habits beaucoup plus propres que ceux que j’avais coutume de porter.

Première aventure qu’elle eut avec le président de ***

À quatre heures après midi, nous fumes introduites chez Monsieur le président. C’était un grand homme sec, dont le visage jaune et ridé était enfoui dans une très longue et très ample perruque carrée. Ce respectable personnage, après nous avoir fait asseoir, dit gravement, en adressant la parole à ma mère :
- Voilà donc la petite personne en question ? Elle est assez bien : je vous avais toujours dit qu’elle avait des dispositions à devenir jolie et bien faite. Et jusqu’à présent ce n’est pas de l’argent mal employé. Mais êtes-vous sûre au moins qu’elle a son pucelage ? ajouta-t-il. Voyons un peu, Madame Lefort.

Aussitôt ma bonne mère me fit asseoir sur le bord d’un lit et, me couchant renversée sur le dos, elle releva ma chemise et se disposait à m’ouvrir les cuisses, lorsque Monsieur le président lui dit d’un ton brusque :
- Hé ! ce n’est pas cela, madame ! Les femmes ont toujours la manie de montrer des devants. Hé non ! Faites tourner !
- Ah ! monseigneur, je vous demande pardon ! s’écria ma mère, je croyais que vous vouliez voir… Ça, levez-vous, Manon, me dit-elle. Mettez un genou sur cette chaise et inclinez le corps le plus que vous pourrez.

Moi, semblable à une victime, les yeux baissés, je fis ce qu’on me prescrivait. Ma digne mère me troussa dans cette attitude jusqu’aux hanches, et Monsieur le président s’étant approché, je sentis qu’elle ouvrait les lèvres de mon…, entre lesquelles monseigneur tentait d’introduire le doigt en tâchant, mais inutilement, de pénétrer.
- Cela est fort bien, dit-il à ma mère, je suis content : je vois qu’elle est sûrement pucelle. Présentement faites-la tenir ferme dans l’attitude où elle est, occupez-vous à lui donner quelques petits coups de votre main sur les fesses. Cet arrêt fut exécuté. Un profond silence succéda. Ma mère soutenait de la main gauche mes jupes et ma chemise élevées, tandis qu’elle me fessait légèrement de la droite. Curieuse de voir ce qui se passait de la part du président, je tournai tant soit peu la tête : je l’aperçus posté à deux pas de mon derrière, un genou en terre, tenant d’une main sa lorgnette braquée sur mon postérieur et, de l’autre, secouant entre ses cuisses quelque chose de noir et de flasque que tous ses efforts ne pouvaient faire guinder. Je ne sais s’il finit ou non sa besogne, mais enfin, après un quart d’heure d’une attitude que je ne pouvais plus supporter, monseigneur se leva, et gagna son fauteuil en vacillant sur ses vieilles jambes étiques. Il donna à ma mère une bourse dans laquelle il lui dit qu’elle trouverait les cent louis d’or promis. Et, après m’avoir honorée d’un baiser sur la joue, il m’annonça qu’il aurait soin que rien ne me manquât pourvu que je fusse sage, et qu’il me ferait avertir lorsqu’il aurait besoin de moi.

Dès que nous fumes rentrées au logis, ma mère et moi, continua Madame Bois-Laurier, je fis d’aussi sérieuses réflexions, sur ce que j’avais appris et vu depuis vingt-quatre heures, que celles que vous fîtes ensuite de la fustigation de Mademoiselle Éradice par le père Dirrag. Je me rappelais tout ce qui s’était dit et fait dans la maison de Madame Lefort depuis mon enfance, et je rassemblais mes idées pour en tirer quelque conclusion raisonnable, lorsque ma mère entra et mit fin à mes rêveries.
- Je n’ai plus rien à te cacher, ma chère Manon, me dit-elle en m’embrassant, puisque te voilà associée aux devoirs d’un métier que j’exerce avec quelque distinction depuis vingt ans. Écoute donc attentivement ce que j’ai encore à te dire, et par ta docilité à suivre mes conseils mets-toi en état de réparer le tort que te fait le président. C’est par ses ordres, continua ma mère, que je t’ai enlevée il y a huit ans. Il m’a payé depuis ce temps une pension très modique, que j’ai bien employée, et au-delà, pour ton éducation. il m’avait promis qu’il nous donnerait à chacune cent louis lorsque ton âge lui permettrait de prendre ton pucelage. Mais si ce vieux paillard a compté sans son hôte, si son vieil outil rouillé, ridé et usé le met hors d’état de tenter cette aventure est-ce notre faute ? Cependant il ne m’a donné que les cent louis qui me regardent. Mais ne t’inquiète pas, ma chère Manon, je t’en ferai gagner bien d’autres. Tu es jeune, jolie, point connue. Je vais, pour te faire plaisir, employer cette somme à te bien nipper, et si veux te laisser conduire je te ferai faire à toi seule le profit que faisaient ci-devant dix ou onze demoiselles de mes amies.

Après mille autres propos de cette espèce, à travers lesquels j’aperçus que ma bonne maman débutait par s’approprier les cent louis donnés par le président, les conditions de notre traité furent qu’elle commencerait par m’avancer cet argent, qu’elle retirerait sur le produit de mes premiers travaux journaliers, et qu’ensuite nous partagerions consciencieusement les profits de la société.

La Lefort avait un fonds inépuisable de bonnes connaissances dans Paris. En moins de six semaines je fus présentée à plus de vingt de ses amis, qui échouèrent successivement au projet de recueillir les prémices de ma virginité. Heureusement que, par le bon ordre que Madame Lefort tenait dans la conduite de ses affaires, elle avait exactement soin de se faire payer d’avance les plaisirs d’un travail qui était impraticable Je crus même un jour qu’un gros docteur en Sorbonne, qui s’obstinait à vouloir gagner les dix louis qu’il avait financés, y mourrait à la peine ou qu’il me désenchanterait.

La Bois-Laurier est présentée successivement à plus de cinq cents personnes qui échouent à recueillir les prémices de son pucelage

Ces vingt athlètes furent suivis de plus de cinq cents autres pendant l’espace de cinq ans. Le clergé, l’épée, la robe et la finance me placèrent tour à tour dans les attitudes les plus recherchées. Soins inutiles : le sacrifice se faisait à la porte du temple ou bien, la pointe du couteau s’émoussant, la victime ne pouvait être immolée.

La solidité du pucelage de la Bois-Laurier et les épreuves font du bruit à la police

Enfin, la solidité de mon pucelage fit trop de bruit, et parvint aux oreilles de la police, qui parut vouloir faire cesser le progrès des épreuves. J’en fus avertie à temps, et nous jugeâmes, Madame Lefort et moi, que la prudence exigeait que nous fissions une petite éclipse à trente lieues de Paris.

Au bout de trois mois, le feu s’apaisa. Un exempt de cette même police, compère et ami de Madame Lefort, se chargea de calmer les esprits moyennant une somme de douze louis d’or que nous lui fîmes compter. Nous retournâmes à Paris avec de nouveaux projets.

Ma mère, qui avait insisté longtemps sur ce que l’opération du bistouri me fut faite, avait changé de système. Elle trouvait dans la difformité de ma conformation un fonds inaltérable qui produisait un gros revenu sans être cultivé, sans craindre des orvales [1] : point d’enfants, point de rhumes ecclésiastiques à redouter. Quant à mes plaisirs, je me repaissais, ma chère Thérèse, par nécessité de ceux dont tu sais te contenter par raison. Cependant, poursuivit la Bois-Laurier, nous prîmes de nouvelles allures et nous guidâmes sur de nouveaux principes. En arrivant de notre exil volontaire, notre premier soin fut de changer de quartier, et, sans dire un mot au président, nous nous transplantâmes dans le faubourg Saint-Germain.

La Bois-Laurier y fait connaissance avec une baronne qui lui procure pour amant un riche Américain

La première connaissance que j’y fis fut celle d’une certaine baronne qui, après avoir pendant sa jeunesse travaillé utilement, et de concert avec une comtesse sa sœur, aux plaisirs de la jeunesse libertine, était devenue directrice de la maison d’un riche Américain, à qui elle prodiguait les débris de ses appas surannés, qu’il payait bien au-delà de leur juste valeur. Un autre Américain, ami de celui-ci, me vit et m’aima : nous nous arrangeâmes. La confidence que je lui fis du cas où j’étais l’enchanta au lieu de le rebuter. Le pauvre homme sortait d’entre les mains du célèbre Petit : il sentait qu’entre les miennes il était assuré de ne pas craindre la rechute.

Mon nouvel amant d’outremer avait fait vœu de se boxer aux plaisirs de la petite oie, mais il mêlait dans l’exécution un tic singulier. Son goût était de me placer assise à côté de lui sur un sofa, découverte jusqu’au-dessus du nombril, et, tandis que j’empoignais le rejeton de la racine du genre humain et lui donnais de légères secousses, il fallait que j’eusse la complaisance de souffrir qu’une femme de chambre qu’il m’avait donnée s’occupât à couper quelques poils de ma toison. Sans ce bizarre appareil, je crois que la vigueur de dix bras comme le mien ne fut pas venue à bout de guinder la machine de mon homme, et encore moins d’en tirer une goutte d’élixir.

Goût bizarre de cet Américain dans ses plaisirs libidineux. Effets singuliers de la musique

Du nombre de ces hommes à fantaisies était l’amant de Minette, troisième sœur de la baronne. Cette fille avait de beaux yeux, elle était grande, assez bien faite, mais laide, noire, sèche, minaudière, jouant l’esprit et les sentiments sans avoir ni l’un ni les autres. La beauté de sa voix lui avait procuré successivement nombre d’adorateurs. Celui qui était alors en fonctions n’était ému que par ce talent, et les seuls accents de la voix mélodieuse de cet Orphée femelle avaient la vertu d’ébranler la machine de cet amant et de l’exciter au plus grand des plaisirs.

Un jour, après avoir fait entre nous trois un ample dîner libertin pendant lequel on avait chanté, on m’avait plaisantée sur la difformité de mon…, on avait dit et fait toutes les folies imaginables. Nous nous culbutâmes sur un grand lit. Là, nos appas sont étalés, les miens sont trouvés admirables pour la perspective. L’amant se met en train, il campe Minette sur le bord du lit, la trousse, l’enfile et la prie de chanter. La docile Minette, après un petit prélude, entonne un air de mouvement à trois temps coupés. L’amant part, pousse et repousse toujours en mesure, ses lèvres semblent battre les cadences, tandis que ses coups de fesses marquent les temps. Je regarde, j’écoute en riant aux larmes, couchée sur le même lit. Tout allait bien jusque-là, lorsque la voluptueuse Minette, venant à prendre plaisir au cas, chante faux, détonne, perd la mesure. Un bémol est substitué à un bécarre.
- Ah ! chienne ! s’écrie sur-le-champ notre zélateur de la bonne musique, tu as déchiré mon oreille, ce faux ton a pénétré jusqu’à la cheville ouvrière, elle se détraque. Tiens, dit-il en se retirant, regarde l’effet de ton maudit bémol.

Hélas ! le pauvre diable était devenu mol, le meuble qui battait la mesure n’était plus qu’un chiffon.

Mon amie, désespérée, fit des efforts incroyables pour ranimer son acteur, mais les plus tendres baisers, les attouchements les plus lascifs furent employés en vain. Ils ne purent rendre l’élasticité à la partie languissante.
- Ah ! mon cher ami ! s’écria-t-elle, ne m’abandonne pas ! C’est mon amour pour toi, c’est le plaisir qui a dérangé mon organe. Me quitteras-tu dans cet heureux moment ? Manon ! ma chère Manon ! secours-moi, montre-lui ta petite moniche, elle lui rendra la vie, elle me la rendra à moi-même, car je meurs s’il ne finit ! Place-la, mon cher Bibi, dit-elle à son amant, dans l’attitude voluptueuse où tu mets quelquefois la comtesse ma sœur. L’amitié de Manon pour moi répond de sa complaisance.

Pendant toute cette singulière scène, je n’avais cessé de rire jusqu’à perdre la respiration. En effet, a-t-on jamais vu faire pareille besogne en chantant, et battre la mesure avec un pareil outil ? Et jamais a-t-on pu imaginer qu’un bémol au lieu d’un bécarre dût faire rater et rentrer aussi subitement un homme en lui-même ?

Attitude originale où l’amant d’une troisième sœur de la baronne place la Bois-Laurier pour restaurer sa vigueur éteinte

Je concevais bien que la sœur de la baronne se prêtait à tout ce qui pouvait plaire à son amant, moins par volupté que pour le retenir dans ses liens par des complaisances qu’elle lui faisait payer chèrement. Mais j’ignorais encore quel avait été le rôle de la comtesse que l’on me priait de doubler. Je fus bientôt éclaircie. Voici quel il fut :

Les deux amants me couchent sur le ventre, sous lequel ils mettent trois ou quatre coussins qui tiennent mes fesses élevées. Puis ils me troussent jusqu’au-dessus des hanches, la tête appuyée sur le chevet du lit. Minette s’étend sur le dos, place sa tête entre mes cuisses, ma toison jointe à son front, auquel elle sert comme de toupet. Bibi lève les jupes et la chemise de Minette, se couche sur elle et se soutient sur les bras. Remarque, ma chère Thérèse, que, dans cette attitude, Monsieur Bibi avait pour perspective, à quatre doigts de son nez, le visage de son amante, ma toison, mes fesses et le reste. Pour cette fois, il se passa de musique : il baisait indistinctement tout ce qui se présentait devant lui, visage, cul, bouche, et, nulle préférence marquée, tout lui était égal. Son dard, guidé par la main de Minette, reprit bientôt son élasticité et rentra dans son premier gîte. Ce fut alors que les gonds coups se donnèrent : l’amant poussait, Minette jurait, mordait, remuait la charnière avec une agilité sans égale. Pour moi, je continuais de rire aux larmes en regardant de tous mes yeux la besogne qui se faisait derrière moi. Enfin, après un assez long travail, les deux amants se pâmèrent et nagèrent dans une mer de délices.

La Bois-Laurier est présentée à un prélat dont on est obligé de matelasser l’appartement, et pourquoi…

Quelque temps après, je fus introduite chez un évêque dont la manie était plus bruyante, plus dangereuse pour le scandale et pour le tympan de l’oreille le mieux organisé. Imagine-toi que, soit par un goût de prédilection, soit par un défaut d’organisation, dès que Sa Grandeur sentait les approches du plaisir, elle mugissait et criait à haute voix haï ! haï ! haï ! en forçant le ton à proportion de la vivacité du plaisir dont il était affecté, de sorte que l’on aurait pu calculer les gradations du chatouillement que ressentait le gros et ample prélat par les degrés de force qu’il employait à mugir haï ! haï ! haï ! Tapage qui, lors de la décharge de monseigneur, aurait pu être entendu à mille pas à la ronde, sans la précaution que son valet de chambre prenait de matelasser les portes et les fenêtres de l’appartement épiscopal.

Voir en ligne : Goûts bizarres des hommes et diverses postures des femmes dans le coït (9)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Jean-Baptiste de Boyer Marquis d’Argens, Thérèse philosophe ou Mémoires pour servir à l’histoire du père Dirrag et de mademoiselle Éradice, publié à Londres en 1782-1783.

Notes

[1Plante médicinale.



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