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Le rêve d’un flagellant

Vengeance !

Roman érotique (Chapitre III)



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Mots-clés :

Maurice de Vindas, Le rêve d’un flagellant, Illustré de 41 Dessins, d’un Frontispice en couleurs et de 8 Gravures hors texte, Libraire Franco-Anglaise, Paris, 1921. (In-8°, 224 p., fig., pl.).


III
VENGEANCE !

En s’en allant Simone était nerveuse, voire en colère. Contre qui avait-elle de la rancune exactement ? À coup sûr, elle l’ignorait ; elle était en colère, voilà tout. C’est suffisant pour expliquer bien des choses inexplicables.

Et, tandis qu’elle se trouvait dans cet état, que faisait Marguerite ? Elle fumait tout simplement une cigarette, vautrée comme une petite bête sur la mousse moelleuse.

Sime fut outrée de tant de nonchalance. Ainsi pendant qu’elle souffrait de honte et de mal, la camarade s’alanguissait mollement, dans l’air tiède, a l’ombre d’un vieux chêne.

L’autre la regarda et vit ses yeux rouges ; compatissante, elle questionna aussitôt :
- T’as pleuré, chérie ?

Est-ce que l’on fait pareille demande à une jeune personne orgueilleuse. Si elle avait pleuré, Simone prétendait que cela entrait dans le domaine de ses propres affaires. Elle répondit donc d’un ton aigre et voulut entraîner l’amie hors du parc mystérieux.

Mais Rite se trouvait bien là, sa nonchalance se complaisait dans ce doux farniente.

Elle réclama quelques minutes de répit. Oh ! juste le temps de fumer une autre cigarette.

Simone trépigna, tapa des pieds, eut des mots violents. Je vous ai dit déjà qu’elle était fort énervée.

Et Rite, au lieu de la plaindre, se mit à rire, niaisement, de son fou rire franc, qui épanouissait sa face rubiconde aux grands yeux d’un bleu câlin.

Ce fut excessif, l’amie ne le supporta point et se fit sur-le-champ un raisonnement, qui pouvait aisément paraître logique. Elle se dit que si elle, la plus âgée des deux, avait reçu une fessée, il ne serait que justice d’administrer un châtiment identique à la compagne moqueuse.

Comme un jeune tigre, elle bondit et Marguerite qui, une seconde plutôt, était assise sur la mousse, se trouva soudain roulée le nez par terre, la croupe en l’air.

Des menottes fébriles fouillèrent les étoffes et le linge, puis d’entre les pans légèrement écartés d’un pantalon fin, parut un globe neigeux, barré d’un trait sombre.

Rite, un peu interloquée — on le serait à moins — balbutia, un tantinet honteuse :
- Mais laisse-moi donc… qu’est-ce que tu fais ?

Hélas, elle le sut immédiatement, l’unique réponse fut une claque sonore, qui marbra la croupe joufflue de cinq traces écarlates.

Elle frissonna et gémit :
- Oh ! tu veux me battre ?

Évidemment, elle aurait pu s’en douter ; toutefois cette question apaisait sa conscience. Pourtant elle ne bougea et laissa son arrière-train, face au ciel, avec une tranquille sérénité.

Sime en profita pour écarter davantage ce pantalon gênant et ainsi elle obtint un but resplendissant de chair ferme et rose. Les joues dodues se crispaient, se rapprochaient nerveusement, tendant l’épiderme, qui se fit plus lisse.

Une deuxième gifle, puis une troisième, une quatrième retentirent dans le silence.

Rite ne bougeait toujours pas, elle gémissait seulement sur un mode sourd. Il fallait évidemment à son tempérament lymphatique plus de souffrance pour l’émouvoir. À peine ces coups répétés effleuraient-ils ses nerfs paisibles, à peine sentait-elle au fond d’elle-même une légère brûlure.

Simone au contraire, s’arrêta et considéra sa menotte déjà gonflée et rouge. Elle eut un rire moqueur.
- T’as donc la peau comme un éléphant.

Rite évita de donner une explication, elle s’étonnait même de ne pas souffrir, quant à la honte elle n’existait pas auprès de l’amie préférée.

Mais Sime n’admettait point, qu’elle-même eut été douloureusement maltraitée, tandis que la compagne ne connaîtrait de la fustigation, qu’une sensation mixte.

Preste, elle atteignit deux souples badines qui traînaient non loin et les brandit vigoureusement au-dessus de sa tête. Un son bref coupa le silence, deux stries violettes se dessinèrent sur la croupe offerte et cette fois, Rite se tortilla avec la ferme intention d’échapper au supplice.

Ce fut au tour de l’autre être satisfaite. Certaine maintenant de faire mal, elle fustigea vivement, fortement. L’arrière-train de la flagellée, allait de droite gauche, la taille se creusait, les cuisses se fermaient avec fébrilité.

Elle ne criait point, mais gémissait plaintivement. Elle percevait la souffrance qui pénétrait en elle, envahissant son être entier, tendant sa nervosité qui commençait à s’exalter.

Au début elle avait tenté de fuir, mais bientôt, elle s’abandonna, vaincue, sans force, ne définissant point le sentiment de servitude amoureuse qui la pliait lentement à la volonté de l’amie autoritaire et active.

Elle souffrait, mais n’en voulait pas au bourreau ; elle ignorait même pourquoi on la traitait ainsi ; mais cela lui était indifférent. La douleur lentement la brûlait, mordait ses reins, lui mettant au cerveau un vide étrange qui lui arrachait des tressaillements subits.

Simone maniait son arme avec une habileté sournoise. Les souples badines décrivaient dans l’air, en sifflant, de grands cercles rapides. Puis, avec un son mat, elles s’appliquaient sur l’épiderme rougeoyant. Aussitôt un V violacé se dessinait sur la croupe qui frissonnait.

Les chairs se tuméfiaient régulièrement, se creusant par endroits, se boursouflant en d’autres.

Marguerite haletait, mais ne se défendait point. Peu à peu toute son énergie fondait en une lassitude infinie, qui l’alanguissait. Et pourtant son énervement croissait de seconde en seconde.

Jamais en sa courte existence, elle n’avait éprouvé de sensations aussi profondes, aussi tumultueusement bizarres. Et la compagne savait avec une ruse perfide, graduer la correction, l’activant, rapprochant les coups qui tombaient drus et secs.

Soudain elle s’écroula sur le flanc, avec un gémissement. Elle ne pouvait plus supporter. Tout son être tremblait, agité de spasmes convulsifs. Elle se mordait les lèvres pour ne point crier le délire qui était en elle et se contentait de gémissements faibles, entrecoupés de hoquets brusques.

Quand elle ouvrit les yeux, elle vit Simone qui la considérait en souriant. Elle eut honte de son émoi et péniblement se redressa, rabattant ses jupes, que l’amie avait laissées haut troussées.

Debout, elle évita de regarder la compagne, une gêne était en elle qui la rendait timide. Ses yeux brillaient et une respiration courte secouait de saccades sa poitrine opulente.
- On s’en va ? demanda-t-elle à mi-voix, tâchant de conserver une mine indifférente.

Simone ricanait, moqueuse et satisfaite, ayant apaisé en une fois l’énervement morbide qui la troublait. Momentanément elle oubliait la correction reçue elle-même, pour savourer le plaisir délicat de dominer la camarade préférée.

Elles s’en allèrent à travers la futaie, cherchant à regagner la haie par où elles avaient pénétré dans le parc.

Sur la route blanche, elles se prirent par le bras, et côte à côte, silencieuses, soucieuses, elles trottèrent de leur pas menu. En elles, il y avait un trouble étrange, fait de langueur et d’espérance. Cette brutalité soudaine les avait mieux unies, mettant entre elles une intimité nouvelle, plus perverse. Chacune remuait en son esprit un monde de pensées, peut-être bien saugrenues, mais qu’elles ne considéraient pas ainsi.

À l’auberge, elles rentrèrent de bonne heure, n’ayant plus de courage pour une de ces longues promenades à travers champs, comme elles en avaient accoutumé.

Sous une tonnelle, en des rocking-chairs mouvants, elles s’installèrent et allumèrent une cigarette, ayant besoin d’une apparence d’occupation pour masquer leur trouble intérieur.

Parfois, lorsque leurs regards se rencontraient, elles échangeaient un sourire sournois, plein d’une duplicité malicieuse.

Au dîner, elles mangèrent comme des oiselets en mai d’amour, pour ensuite se sauver dans leur chambre.

Couchées l’une près de l’autre, elles restaient silencieuses, puis soudain Marguerite attira l’amie dans ses bras et en un chuchoté confidentiel, demanda :
- Pourquoi m’as-tu battue ?

La réponse se perdit dans un baiser, mais Rite la curieuse ne connut point l’exacte vérité.

Un instant plus tard, elle essayait bien de questionner encore, mais Simone, méfiante, lui cacha les incidents de sa rencontre avec le maître du château. Cela, c’était un secret pour elle seule, petit secret délicieux, qui lui faisait battre le coeur et glissait en sa chair un émoi inquiet.

Au matin lorsqu’elles se levèrent, elles échangèrent un coup d’oeil rieur et descendirent au rez-de-chaussée, sans échanger une parole. Un embarras très doux paralysait leur expansion habituelle et malgré qu’elles fussent silencieuses, elles savaient que depuis la veille, elles étaient plus liées que jadis.

Voir en ligne : Le Rêve d’un Flagellant : Bis Repetita… (Chapitre IV)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, Le rêve d’un flagellant, Illustré de 41 Dessins, d’un Frontispice en couleurs et de 8 Gravures hors texte, Libraire Franco-Anglaise, Paris, 1921. (In-8°, 224 p., fig., pl.).



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