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Les délices du fouet

Vénus fouettant l’Amour

Roman érotique (chapitre 25 et Épilogue)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


25

Mme Blum s’enferma avec moi dans un boudoir très richement meublé, garni de beaux bibelots et de fleurs fraîches, et où flottait, dans la lumière tamisée par des rideaux épais, une atmosphère lourde de parfums aphrodisiaques. Elle me fit asseoir près d’elle, sur une causeuse, et serra mes mains dans les siennes, que je sentis fiévreuses et agitées d’un léger tremblement.
- Vous ne pouvez pas vous figurer combien je suis excitée, me dit-elle. Je ne sais si c’est la vue de ces grosses fesses palpitantes que je viens de cingler, ou si c’est l’idée que mon mari geint actuellement sous les verges de la marquisette qui me met dans cet état.
- Je suis dans un état de surexcitation pareil au vôtre, sinon supérieur, lui répondis-je, et cela vient de vous avoir vu manier si magistralement la cravache sur votre voleuse. J’aurais bien voulu être à sa place.

La jeune femme se leva d’un bond et, m’entraînant dans la chambre contiguë, murmura à mon oreille :
- Je n’aurais pas osé vous le proposer, mais l’aveu que vous venez de me faire répond si bien à mes désirs, qu’il déchaîne en moi une envie folle de vous satisfaire sur-le-champ. Venez vite, j’ai besoin de passer mes nerfs sur quelqu’un. Vous verrez, ce sera délicieux. J’ai justement dans mon armoire une magnifique cravache.

J’eus un mouvement de recul, me demandant si Lilette serait contente et ne me reprocherait pas de ne pas lui avoir réservé les élans de ma passion. Mme Blum, devinant ma pensée, continua :
- La belle affaire, si la marquisette l’apprend ! Elle fouette mon mari, j’ai bien droit à la réciproque, en fouettant son ami. Et puis, quelques coups de cravache, ce n’est pas cela qui vous mettra sur le flanc.

Je me souvins alors que je portais encore les marques de la rude cinglade de miss Bobby, marques dont je ne pouvais expliquer la provenance à ma petite amie, tandis qu’en acceptant les coups de cravache de Mme Blum, je pouvais tout mettre au compte de cette dernière. La jeune femme, d’ailleurs, ne me laissa pas le temps de prendre une décision ; agile et souple, elle avait, en un clin d’oeil, sorti de l’armoire une fine cravache de dame, en baleine blonde naturelle et ornée d’un pommeau en or. En un clin d’oeil aussi, je fus dévêtu et penché sur le bord du lit ; car nous nous trouvions dans la chambre à coucher de Mme Blum. La petite cravache fine se mit à siffler et à cingler terriblement ma peau ; la jeune femme fouettait nerveusement et, sous les coups tombant fermes et drus, n’y tenant bientôt plus, je ne tardai pas à me dérober.
- Eh bien, que faites-vous donc ? s’écria Mme Blum, Je vous fouette tout doucement et vous filez !

Et, me poussant pour me remettre en place, elle se remit à cingler, augmentant son élan. Je me tordais, me déplaçant à chaque secousse, et finalement me relevai.
- Voyons ! fit Mme Blum indignée, ce n’est pas sérieux. Vous ne pouvez pas endurer quelques coups de cravache ? Que diriez-vous si je vous fouettais comme je fouette mon mari ? Allons, remettez-vous en place et ne bougez plus, sinon je vous attache et alors…

Je fis un effort pour soutenir une nouvelle attaque ; mais, comme la passionnée flagellante s’animait encore, je finis par rouler à terre.
- Ah ! que vous êtes énervant, mon ami, fit rageusement Mme Blum. Vous me crispez. Au lieu de me calmer les nerfs, je m’exaspère. Décidément, il faut que je vous attache. Il me semble que j’ai des cordes ici quelque part.

Elle se mit à fouiller dans les tiroirs et tout à coup s’écria :
- Ah ! quelle chance ! une verge ! et toute neuve encore ? je ne savais pas qu’elle fût là. Et voici des cordes, nous sommes sauvés !

Elle me montra triomphalement ses trouvailles, dont je ne me réjouis nullement en remarquant l’excitation croissante de la belle flagellante.
- Venez ici. Je vais enfin pouvoir vous fouetter sérieusement. Vous allez voir comme ce sera bon !

Elle poussa au milieu de la pièce un large et lourd fauteuil Henri II, qui avait les bras plats et rembourrés. Après avoir entassé, sur le siège, des coussins jusqu’au niveau des bras, elle me fit coucher dessus et m’attacha solidement, malgré mes promesses de ne plus bouger.
- Mais si dit-elle, c’est bien meilleur lorsqu’on est attaché ; vous le savez bien. C’est au moment précis où l’on a envie de se dérober que la chose commence à devenir délicieuse, et l’on est alors enchanté d’avoir été empêché de suivre son envie. Ce fauteuil sert souvent à mon mari, lorsqu’il vient dans ma chambre, la nuit ; car il n’y a rien de mieux qu’une bonne fessée, pour préparer l’homme à l’acte génital. Je conseille cette méthode à toutes mes amies et elles s’en trouvent très bien.
- Et les maris, risquai-je, sont-ils du même avis ?
- Ils finissent par y prendre goût, fut la réponse de la jeune femme, qui, sans se laisser détourner de son but, saisit la verge et lui fit danser une folle sarabande sur ma chair. C’étaient des coups raides, car la verge était un peu sèche, et je ne tardai pas à gémir et à frissonner. La fouetteuse semblait partie pour ne plus s’arrêter, et je me demandais avec angoisse combien de temps encore mon martyre allait durer. Heureusement la verge, dont le bois était sec, ne résista pas longtemps à l’énergie de celle qui la maniait. Je sentis, sur mon dos et mes cuisses, comme une poussière qui s’éparpillait. L’écorce de la verge se détachait en rondelles, les brins apparaissaient tout blancs et finalement se brisaient.
- Quel dommage ! s’exclama la jeune femme, et, jetant à terre le tronçon qui lui restait dans la main, elle s’empara vivement de la cravache.
- Oh ! je vous en supplie, pas la cravache ! suppliai-je.
- Allons, dix petits coups, cela vous fera du bien ! et elle les lança de toute sa force, tandis que je hurlais et me débattais.

Je fus heureux de me retrouver enfin sur pied, et me félicitai de la sécheresse de la verge. Une verge fraîche devait être un instrument autrement redoutable entre les mains de cette passionnée. La même idée croisa son cerveau, car elle me dit :
- Comme c’est regrettable de n’avoir eu que cette vieille verge, qui s’est dépiautée tout de suite ! C’est elle qui m’a empêchée de vous fouetter sérieusement.

Bien qu’à l’entendre je n’eusse pas été fouetté sérieusement, ma chemise se colla à ma peau ensanglantée. Quand j’eus fini de remettre mes vêtements en ordre, Mme Blum m’entraîna en s’écriant :
- Et la petite Lilly que nous oublions ! Ils doivent avoir fini depuis longtemps.

Elle frappa à la porte :
- Encore quelques minutes, lui répondit-on.
- Ce n’est pas possible ! qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire ? Voilà plus d’une heure qu’ils sont enfermés.

Et elle m’entraîna à nouveau dans le boudoir.
- Cette petite Lilly est vraiment enragée, me dit-elle. Il lui faudrait un mari comme le mien. Cela ferait un couple bien assorti.

Et comme je ne répondais pas :
- Eh bien, cher Lord, continua-t-elle, vous ne dites rien ? Moi, je songe à quelque chose. Si vous épousiez la marquisette ? Le voilà, le couple bien assorti ! Qu’en pensez-vous ?
- C’est une idée qui me hante, répondis-je, depuis que je connais Lilette. Mais nous sommes tous les deux si jeunes !
- Vous êtes l’un et l’autre en âge de vous marier. La petite Lilly n’a pas loin de dix-neuf ans et vous allez être majeur…
- L’année prochaine. Ma tante vient de me faire émanciper et je crois bien que c’était en vue de faciliter mon mariage, car elle se sent vieillir et voudrait me voir établi.
- Eh bien, vous ne trouverez pas mieux que la marquisette. Divinement jolie, d’un âge correspondant au vôtre, une grosse fortune, quelque chose qui approche de dix millions de votre petite monnaie française, et autant à revenir… Ce ne sera pas une mésalliance. La petite est de vieille noblesse anglaise, son père est duc et pair et tous les membres de sa famille occupent de hautes charges à la cour.
- C’est précisément ce qui me fait craindre que ses parents ne m’agréeront pas.
- Vous voulez rire ? Avec votre nom historique dans les annales de l’Écosse, votre fortune.…
- Les parents rêvent peut-être mieux ?
- Les parents seront enchantés ; c’est moi qui vous le dis. D’ailleurs, laissez-moi faire. J’ai de l’influence dans la maison. Dites-moi seulement que vous y trouverez le bonheur et je me charge du reste.
- Un bonheur incommensurable, car j’adore Lilette.
- Eh bien, puisque vous m’avouez si franchement votre amour, je veux, à mon tour vous faire une confidence : la marquisette m’a confié, sous le sceau du secret, que vous ne lui étiez pas indifférent.
- Ce serait donc de sa part un mariage d’inclination ?
- Mieux que cela, un mariage d’amour.

Mme Blum se leva brusquement et, changeant de ton :
- Allons voir ce qu’ils font.

Cette fois, on nous laissa pénétrer dans la chambre secrète.

Mon adorable amie, toute lasse et un peu défaite, s’était allongée sur un fauteuil dans une pose pleine d’abandon. Le mari de me Blum se tenait, tout penaud, à l’écart. Je remarquai, par terre, les tronçons de trois verges, des brins épars et, pêle-mêle, des fouets, des cravaches, des martinets. La séance avait dû être chaude.

Mme Blum, après avoir choisi une verge parmi celles qui restaient, saisit le bras de son mari et l’entraîna en disant :
- Viens, mon ami, j’ai un petit compte à régler avec toi, qui ne sera pas ordinaire.

J’eus un frisson, me souvenant de l’effet produit par une verge sèche entre les mains de cette redoutable flagellante. J’allai me blottir auprès de la gracieuse Lilette.
- Si vous savez comme je me suis royalement amusée !
- Qu’avez-vous donc fait de si joli ?
- J’ai fouetté, sans m’arrêter, ce bonhomme pendant plus d’une heure, en changeant d’instrument toutes les quelques minutes. Tout y a passé : verges, martinets, fouets, cravache et même le long fouet de cheval. Vous ne pouvez vous faire une idée de l’endurance de cet homme. C’est à peine s’il remue, et les gémissements qu’il pousse sont des râles de joie. On eût dit que je le fouettais avec des roses ; comme on représente Vénus fouettant l’Amour. Je me suis éreintée, sans arriver à faire saigner sa peau. On le croirait recouvert d’une carapace comme une tortue. Peut-être qu’à force d’être fouetté par sa femme, il lui est poussé une cuirasse qui amortit les coups ?
- C’est bien possible, fis-je, car la nature se prête aux circonstances et, souvent, transforme les choses selon les besoins de la cause. Je connais plusieurs exemples qui militent en faveur de cette théorie, il y a, en Amérique, un lac souterrain où tous les poissons sont aveugles. Or, il suffit de transporter ces animaux dans un lac à ciel ouvert, pour qu’aussitôt il se développe chez eux des yeux comme ceux de tous les poissons. Un autre exemple m’a été cité par un capitaine au long cours qui commande un navire frigorifique pour le transport, d’Amérique en Europe, des viandes de boucherie, il remarqua que les rats qui pullulaient sur ce navire, avaient non le poil ras comme les animaux de leur espèce, mais de longues fourrures, pareilles à celles dont la nature revêt les animaux polaires, et qui leur permettaient de vivre dans la température très basse maintenue dans les cales. Pour détruire ces rats, il avait embarqué une quantité de chats, dont une grande partie ne tarda pas à succomber au froid, tandis que les plus résistants se couvrirent d’une fourrure épaisse et touffue, semblable à celle des rats, qu’ils purent alors pourchasser et détruire. Il est donc possible que la nature prévoyante ait appliqué la même loi aux flagellants endurcis, en les armant d’une carapace qui les rend moins sensibles aux morsures des verges.
- Je crois que vous avez raison, mon cher Charley, dit la gentille Lilette ; aussi je regrette bien de n’avoir pas, commencé par vous, car je me suis réellement épuisée sur ce pachyderme ; comment ferai-je maintenant pour vous fouetter ?
- Ne vous tourmentez pas, chère Lilette, lui dis-je pour la rassurer. C’est déjà fait.

Elle se leva, effarée, et me darda un regard foudroyant :
- C’est Mme Blum qui s’en est chargée, expliquai-je ; pendant que vous fouettiez son mari, elle était très excitée et je n’ai pu lui résister.
- Et vous vous êtes laissé faire ! Oh, Charley, Charley, vous ne m’aimez pas.

Je pris l’adorable créature dans mes bras et la serrai sur mon coeur, en l’embrassant follement, mais elle tenta de me repousser.
- Non, non, laissez-moi, me dit-elle, vous ne m’aimez pas, puisque vous vous laissez fouetter par une autre femme.
- Vous êtes une vilaine petite jalouse, lui répondis-je. Je vous ai laissée vous enfermer avec un autre homme, et vous l’avez fouetté tant que vous avez voulu, sans que je vous en fasse un reproche.
- Ce n’est pas la même chose. Si, au lieu de fouetter les autres, j’avais la passion de me faire fouetter moi-même, je ne le permettrais qu’à un seul homme, que j’aimerais bien. Il y a là une nuance que vous devriez comprendre.
- Je la comprends en ce moment ; mais elle m’avait échappé tout à l’heure.
- Eh bien, si vous la comprenez maintenant, promettez-moi que plus jamais, de toute votre vie, vous ne vous laisserez fouetter par une autre que moi.

Je pris de nouveau dans mes bras l’adorable jeune fille, qui, cette fois, ne résistait pas. Je la couvris de baisers ardents et lui dis avec passion tout mon amour, lui demandant d’être ma femme.

Elle se blottit contre moi, câlinement, et me murmura à l’oreille :
- Vilain ! Vous avez donc enfin compris !

Épilogue
(que le lecteur avisé ne doit pas confondre avec épitaphe)

La fougue de la jeunesse enflammée encore par une imagination ardente, précipite souvent les choses, qui demandent un temps infini aux personnes d’âge mûr. Aussi, dès que j’eus échangé ma parole avec l’adorable marquisette Lilian de Silly, les événements marchèrent au train d’une quarante chevaux.

Les parents de Lilette, informés par l’adroite Mme Rachel Blum, ne firent aucune difficulté pour me donner leur consentement. Ma tante, de son côté, fut enchantée de me donner le sien, se félicita fort de l’idée qu’elle avait eue de m’envoyer au Queen’s Royal College, où j’avais trouvé l’occasion de conclure un mariage si bien en rapport avec ma situation et ma naissance.

La cérémonie du mariage se fit en grande pompe à Londres et attira la fine fleur de l’aristocratie anglaise, ainsi que quelques hautes personnalités parisiennes, alliées à notre famille.

Le soir même, nous partîmes, Luette et moi, heureux comme des écoliers en vacance littoral méditerranéen, à ce moment en pleine floraison printanière.

Deux ans ont passé depuis, deux ans de radieuse lune de miel, qui n’est pas près de toucher à sa fin.

Installés à Paris, un hôtel de l’avenue du Bois-de-Boulogne abrite nos amours et notre fervente passion de jeunesse car, plus que jamais, nous nous adonnons aux délices du fouet.

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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