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Rubrique : {Récits érotiques}

Récit érotique

Une star ou bien…

La fille aux yeux d’or

Le mardi 7 février 2017 par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Une star ou bien… », Récit érotique, Paris, février 2017.

Une star ou bien…

 
Les stars me fascinent, je peux bien l’avouer aujourd’hui. Elles m’attirent aussi, du moins certaines stars féminines. Adolescent, je collectionnais les photos de celles qui étaient alors le plus en vogue : Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Ursula Andress, Romy Schneider… De très belles femmes qui ont eu toutes beaucoup d’amants et pas seulement des acteurs connus. Adulte, j’ai continué à m’intéresser à elles, me documentant sur leurs vies, leurs carrières, leurs amours, les lieux où elles avaient leurs habitudes. Et souvent, alors que j’étais encore fringant, je me suis dit : pourquoi pas moi ? Pourquoi n’aurais-je pas, moi aussi, la chance de croiser le chemin d’une de ces troublantes créatures, me faire remarquer d’elle, engager la conversation, l’amener à passer une soirée, voire une nuit, avec moi. Car ces femmes adorables ne vivent pas que dans un monde idéal à deux dimensions ; elles habitent aussi sur terre, sont comme nous soumises aux mêmes lois naturelles ; elles aussi sont faites de chair et de sang, de désirs et de pulsions. Dans ces conditions, espérer en rencontrer une ne relève pas que du pur fantasme. Certes, en général, elles n’évoluent pas dans les mêmes sphères sociales que l’individu lambda. Mais il suffit de trouver un stratagème pour y entrer et pouvoir les approcher. Pénétrer d’abord dans leur monde pour pénétrer ensuite en elles. Ou le contraire… Parce que faire l’amour avec une star, c’est plus que faire l’amour avec une femme ordinaire. C’est s’approprier un peu de sa lumière et de sa célébrité, c’est une opération magique. Chance ou destin, sa beauté l’a, un jour, propulsée au rang de déesse moderne pour des millions d’anonymes. Mais c’est sa célébrité qui, depuis, la renforce, continue à la rendre désirable malgré le temps qui passe pour elle aussi. Moi, je me satisferai bien d’une star sur le retour d’âge et même franchement vieille. Qu’importe son âge si je l’ai vraiment désirée ! Je pourrai toujours penser, en lui faisant l’amour, à celle qu’elle était trente ou quarante ans plus tôt. Sur ce point je n’ai aucune inquiétude.

J’en étais à ce stade de mes cogitations quand je poussais la porte du grand café où j’avais rendez-vous avec Michel G. De cinq ans mon aîné Michel a toujours fait mon admiration à partir du jour où nous avons sympathisés. Plus grand, plus beau, plus fortuné que moi, il possède un magnétisme qui ne laisse personne insensible. Aujourd’hui encore, il reste l’homme que j’aurais voulu être. Naturellement, il a connu beaucoup plus de femmes que moi. Un véritable Don Juan ! Combien a-t’il eu de conquêtes ? Lui-même ne le sait pas. Plus de mille, certainement. Mais a-t-il épinglé une star à son enviable tableau de chasse ? Je ne pouvais manquer de lui poser la question. À ces mots, ses yeux bleu-gris se figèrent pour suivre, semblait-il, la fumée qui se dégageait de sa tasse de chocolat. Il se gratta le bout du nez, étira légèrement son menton volontaire :

« C’est difficile à dire, mais je crois bien que oui. Comment l’avais-je rencontrée exactement ? C’était un été… C’est ça, à Genève, il y a une bonne quinzaine d’années. J’occupais alors un poste de directeur commercial dans une entreprise de technologie horlogère. Du haut de gamme. On faisait de très bons chiffres à l’international. Le soir, j’allais souvent dans des boites échangistes ou prendre un verre dans un club comme le Baroque. Là, il y avait toujours des nanas qui cherchaient un peu de réconfort. Mais ce soir-là, j’avais envie d’autre chose. Quoi ? Je ne le savais pas très bien. Aussi, j’avais laissé mes pas me porter où ils voulaient. Je m’étais retrouvé sur les quais du lac Léman, à m’émerveiller comme un enfant devant les voiliers et les feux des restaurants lacustres ; à méditer aussi sur l’immense geyser qui s’élance sans cesse vers le ciel en cette saison. C’est ainsi que je m’étais retrouvé à l’orée de ce jardin — j’ai oublié depuis son nom – orné par une sculpture florale en forme de montre. Derrière, ce ne sont que saules et massifs d’arbustes propices, je le savais bien, à cacher des ébats nocturnes. Naturellement, il y avait pas mal de gays mais aussi, disait-on, quelques femmes en recherche d’une baise rapide. Je m’engageais dans ce bosquet, observant çà et là le sempiternel manège de la drague, repoussant sans ménagement quelques propositions d’homosexuels à l’affut, cherchant du regard une promeneuse en goguette. C’est alors que je LA vis. Il n’était pas loin de minuit et j’étais sensible à sa façon élégante de marcher tout en fumant avec nonchalance. Elle portait une longue veste claire et des chaussures à semelle compensée qui allongeaient un peu plus ses jambes fines. Ses cheveux, tirés en arrière, se terminaient pas une épaisse queue de cheval. Solitaire, mystérieuse, terriblement attirante. Et pourtant, aucun homme n’osait s’approcher d’elle. C’est à croire qu’il n’y avait que des pédales, ce soir-là, dans ce jardin.

Aussitôt j’entrepris de me rapprocher d’elle, sans précipitation ni brusquerie : ça pour rien au monde je n’aurais voulu l’effrayer. Durant quelques secondes, je marchais à ses côtés, attendant qu’elle tourne la tête vers moi. Et quand nos regards se croisèrent enfin, quand je découvris son visage dans le faible halo d’un réverbère, je sus que c’était elle, l‘actrice de La fille aux yeux d’or, la chanteuse à succès des années 70 dont je fredonnais les refrains doux-amers sans même y penser. Certes, elle avait vieilli, ses traits étaient moins déliés. Elle devait avoir une soixantaine d’années. Mais ses yeux n’avaient rien perdu de leur beauté légendaire et ses lèvres, légèrement botoxées, étaient une invitation aux baisers. Pour l’instant, il me fallait contenir mon envie. Et faire celui qui ne la connaissait pas. J’entamais la conversation avec des banalités : la douceur des nuits genevoises, la France, l’exil, la liberté. Mais elle était réceptive, tour à tour grave et ironique. Elle disait se sentir bien ici. Car au moins on ne la jugeait pas. Puis, peu à peu, je lui fis comprendre que, contrairement à la plupart des autres promeneurs, j’étais un homme qui aimait beaucoup les femmes. « Et je vous plais ? » me dit-elle avec ce mélange d’impudeur et de retenue qui la caractérise. Si elle me plaisait : la belle affaire ! C’est alors qu’elle entrouvrit son trench-coat pour préciser ses intentions. Dessous, elle ne portait qu’un soutien-gorge et un slip noirs. Comme ça elle était hyper-bandante. Une ligne de jeune femme ! Je passais mon bras autour de sa taille et commençais à l’embrasser dans le cou avant de plonger ma langue dans sa bouche implorante. Elle m’entraina dans un recoin qu’elle semblait bien connaitre. Si mes mains étaient avides de ses seins et de son ventre, les siennes n’étaient moins prestes à soupeser ma virilité et à l’extirper de mon pantalon. A genoux sur le gazon, elle prit mon membre dans sa bouche avec un art consommé de la pipe, l’avalant et le léchant tour à tour depuis le gland jusqu’à la lisière des couilles. Rarement j’ai été aussi bien sucé et je dois dire que si j’avais été un débutant, j’aurais joui dans sa bouche en moins d’une minute. Au lieu de ça je me retins et me retirais pour mieux m’occuper de sa fente et de son clito. Jusqu’au moment où, n’en pouvant plus, elle me demanda d’enfiler un préservatif et de la prendre à la hussarde, adossée contre un arbre, légèrement soulevée, ses jambes enlaçant mes hanches. Notre plaisir fut rapide, sauvage et partagé. Je buvais son souffle et j’avais du mal à me retirer d’elle, tellement je bandais. Puis, progressivement, chacun retourna à lui-même. J’avais envie de la revoir et de mieux la connaître. Elle me disait que j’étais « un sacré coup » et n’y semblait pas hostile. Jusqu’à ce que, par une sorte de lapsus, je l’appelle « Marie ». La prononciation de ces deux syllabes la surprit et lui déplût manifestement. Elle me rétorqua que je faisais erreur, qu’elle ne se prénommait pas Marie mais Maïténa, que je devais la confonde avec une autre femme. S’il y a des mots qui ouvrent les êtres, il y en d’autres qui les ferment, je venais de m’en rendre compte. Aussi je fis profil bas et je m’abstins de lui proposer un nouveau rendez-vous qu’elle aurait, je m’en doutais bien, refusé. Nous nous séparâmes assez froidement, sans la moindre marque de tendresse, sinon un « « tchao » qu’elle me lança en s’éloignant de ce pas léger et indolent qui m’avait troublé moins d’une heure avant. Depuis j’ai eu bien d’autres femmes, mais je pense encore à elle. J’écoute encore ses chansons, surtout celle où elle parle des quatre saisons à Genève. »

- À t’entendre on croirait que tu es un peu amoureux d’elle.
- Pas du tout, mon petit. Il y a longtemps que je ne fais plus grand cas de ces choses-là. Je me dis simplement que c’était une vieille libertine qui cherchait une bonne bite, ce soir-là. Et qui l’a trouvée avec moi.
- Il est vrai qu’avec son nom d’artiste, tu ne pouvais que la rencontrer dans un bosquet.

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Rubrique : {Récits érotiques}

Récit érotique

L’aide-ménagère

Une experte en branlette

Le samedi 3 septembre 2016 par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « L’aide-ménagère », Récit érotique, Paris, septembre 2016.

L’aide-ménagère

Quelques années de trottoir, durant sa jeunesse, n’avaient pas entamé sa bonne humeur et sa gentillesse. Vers trente ans, elle avait fait un mariage d’amour — un jeune peintre-dessinateur rencontré lors d’une passe — et avait depuis tiré un trait sur son passé interlope. Des tenues suggestives qu’elle portait en ce temps-là pour aguicher les passants, elle n’avait gardé qu’une mini-jupe blanche — dans laquelle elle entrait d’ailleurs de plus en plus difficilement. Ses goûts désormais allaient à des Jean’s démarqués, des blousons unisexe et des baskets d’adolescente. Un vrai virage à 180 degrés ! Rien qui puisse rappeler, aux hommes qu’elle croisait tout au long de la journée, l’activité nocturne qu’elle avait exercée.

Ceci dit, c’étaient toujours les mêmes mèches blondes, les mêmes yeux malicieux et le même petit sourire à fossettes qu’elle offrait à ses nouveaux clients. Car il lui fallait travailler et participer à l’équilibre budgétaire — souvent incertain — de son ménage.

C’est ainsi qu’elle avait pris un emploi à mi-temps dans une association d’aide aux personnes âgées. Les vieux, elle les aimait bien déjà quand elle tapinait. C’est gentil, un pépé, ça n’a pas de grosses exigences même si c’est long à bander. Elle se souvenait, non sans émotion, de quelques grands-pères qui la payaient pour seulement la voir nue ; pour voir son corps de jeune fille, presqu’androgyne, qu’elle monnayait parfois très cher à des notables fortunés.

À présent, c’était elle qui montait chez les vieux et ils continuaient à l’adorer. L’un d’eux, en particulier, ne jurait que par elle. Il refusait toutes les autres aide-ménagères que l’association lui proposait. C’était un homme qui avait dépassé les quatre-vingt ans, quoiqu’il portait encore beau. Un homme qui avait dû être très séduisant en sa jeunesse. Un homme qu’elle aurait « monté » volontiers lorsqu’elle était une « chandelle » :

- Ah, ma petite ! Je vous attendais…

Les visites chez lui commençaient toujours par une discussion prolongée autour d’un café. Elle savait écouter et il avait besoin de s’épancher sur sa vie de représentant de commerce, son épouse chérie mais décédée, cette solitude qui l’angoissait certains soirs. Au bout d’une demi-heure de conversation, elle lui demandait poliment si elle pouvait passer à des activités plus matérielles : car deux heures, c’est bien peu lorsqu’il y a tant de choses à faire. Il acquiesçait dans un grand geste de la main et, bien calé dans son fauteuil, il se plongeait dans la lecture de son journal, non sans observer en catimini ses déplacements dans l’appartement, d’une pièce à l’autre. Une vraie abeille laborieuse, diligente, consciencieuse, qui maniait aussi bien le balai-brosse que la poêle-sauteuse, passant du ménage à la préparation du déjeuner, toujours léger mais savoureux :

- Sait-il, votre mari, quelle femme en or il a ? Est-ce qu’il vous apprécie à votre juste valeur ? Vous avez des mains si fines, si habiles.

À ces mots, ses grands yeux couleur miel plissaient de joie. Quand elle se penchait sur la cuisinière ou sur les bibelots de la cheminée, elle devinait ce regard masculin qui détaillait ses formes encore minces et fermes sous sa blouse. Ce qu’il faisait ensuite, lorsqu’elle s’en allait, elle le supposait sans peine ; mais elle aurait été la dernière à l’en blâmer. Au contraire, elle éprouvait même un plaisir secret à sentir le désir qu’elle lui inspirait.

Ce matin-là, pour la laisser frotter tout à son aise le parquet du salon, il s’était retiré dans sa chambre. Que pouvait-il bien faire, seul dans la pénombre ? Subrepticement, elle s’approcha de la porte mal fermée et l’aperçut, couché en travers du lit. Ce qu’elle avait imaginé était donc vrai : il se touchait, recherchant des sensations qu’il n’allait plus sans doute demander à d’autres femmes. Il bandait encore bien et la vision de ce vit tendu que l’homme faisait aller et venir entre ses doigts lui provoqua une poussée de désir qui la surprit, elle qui pensait pourtant tout connaître des choses du sexe. Ce n’est pas qu’elle désirait physiquement l’octogénaire, mais elle voulait aujourd’hui lui apporter un peu plus de bonheur que d’habitude. Doucement, elle se glissa par l’embrasure de la porte. En la voyant, il rabattît aussitôt sa chemise sur son bas-ventre. Elle sourît avec bienveillance :

- Ne soyez surtout pas gêné. Lui dit-elle. Ces choses-là, c’est naturel à tout âge. Si vous voulez, je peux vous « finir » à la main. Mon mari dit que je suis une experte en branlette.

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Rubrique : {Récits érotiques}

Récit érotique

Victor et Adrienne

Un hommage à Louis-Ferdinand Céline

Le lundi 25 avril 2016 par Alain Valcour

Alain Valcour, « Victor et Adrienne. Un hommage à Louis-Ferdinand Céline », Récit érotique, Paris, Avril, 2016.

Chassés !… Comme des rats puant l’égout… On serait donc contagieux, pesteux, pustuleux, bubonneux !… On pourra pourrir, qu’il s’en fout le proprio… plein de fric… il doit s’en envoyer des gonzesses, des gourmandes de parfums, de champagne, de godasses, de lingerie transparente, de pognon, de tout ! Nous trois, on a fini par trouver une crèchouille, pour installer nos trois chaises bancales, la table en formica et les matelas moisis, cartographiés à la sueur des nuits d’été, aux branlages et aux ragnagnas.

Trois semaines déjà qu’on est coincés entre des murs lépreux, lézardés, verruqueux… sous un toit qui pisse… Et les parents, quand ils en ont marre de se cogner, c’est moi qui prend les baffes. C’est moi aussi, dans les rues glauques, qui doit glaner la bouffetance du jour… et le picrate pour le vieux con, tout ça payé sur ses allocs d’ancien combattant, baisé jusqu’au trognon par les politicards véreux.

oOo

La boulangerie, c’est ma clairière ensoleillée. Y fait bien chaud !… Ça sent la pâte qui lève, la brioche, les croissants, tièdes comme l’entrecuisse de la boulangère, fessue… si viandue qu’on a envie d’en bouffer, la carne ! Bras nus, chair blanche… la sueur lui coule jusqu’entre les nichons, où pendouille une croix dorée. Les montre bien ses nichons !… Chair transparente… veinés de bleu… gélatineux, ça fait des vagues quand elle bouge son cul pétassier, quand elle se penche pour la monnaie. Je lui ai raconté nos malheurs… elle est bonnasse, elle me file discréto des pains au chocolat gratis.

Violetta, la mignonne d’en face, dix ans, mollets ronds, cuissettes soyeuses, cul nu sous sa jupe volage au vent coquin. Elle est pas fufu, je lui file des bonbons pour caresser ses cuisses fraîches… lui poser dans le cou des bécots baveux… chaque fois un peu plus haut ma main sous la jupe… Hier, jusqu’à la fente, toute lisse, toujours un peu pisseuse. Je la chauffe, je la mûris… sûrement pucelle ! Joli fruit ! Patience !

oOo

Victor, c’est le fils de la boulangère. Une tête de plus que moi… Y connaît bien le quartier, le gonze !… les bas-fonds pourris, les coins à putes, les entrées d’usines fermées, bien sinistres, les cours délabrées que les concierges s’en foutent des trafics louches et cuvent leur pinard. Il m’a emmené au square buissonneux où c’est les mecs qui s’enfilent entre eux… J’avais le cœur à 150, des fois qu’y nous auraient surpris à les mater… D’autres se piquent… des loques, du déchet social.

Plus loin, une grande maison de riches abandonnée, au fond d’un parc… un mètre d’orties, de fleurs, des jaunes, les violettes, c’est du poison. On se faufile en poussant la grille rouillée… Grincements, l’aventure au bout d’une morne rue ! Vitres cassées, des papiers partout, des meubles moisis, des débris de vaisselle… Des gens y ont mangé… y sont morts ici… qui ? Des femmes, baisées, violées… peut-être. Les murs n’ont gardé que les taches, pas les cris. Un piano !… pourri… On frappe des touches, ça fait fuir un chat. Victor me montre un canapé défoncé rouge.

- Si tu veux du fric, c’est l’bon truc !
- Comprends pas !
- Le mec, il s’assied, bite en l’air, tu lui suces. Tu palpes bien ses couilles, ils adorent… Pour un bonus, tu lui fouillasses le cul, profond, trois doigts, bien sale !… Y reviendra… sa pétasse lui fait pas tout ça !

J’ai les jambes en coton, les mots bloqués, la gorge nouée.

- C’est pas encore l’heure, qu’il poursuit, tentateur, c’est qu’après huit heures que ça commence à défiler… Des fois y’en a deux ou trois qui matent, en attendant leur tour. On peut l’faire à deux… Y’a de la place. Tu m’le fais pour t’entraîner ?

Il s’affale, froc baissé, bite au garde à vous, gland décalotté, brillant de désir écarlate. Je gobe, ça bavoche, goût de pisse rance. J’y vais… je léchouille. « Plus vite ! » J’accélère, ma langue bien tout autour… surtout pas mordre, sinon grande baffe pour ma poire !… Il tient ma tête… par les cheveux, m’enfonce sur son machin bandé raide. J’étouffe. Giclée puissante et drue. J’absorbe la sauce, il crie. Violent, son plaisir !… Ça colle à ma langue, c’est âcre… gluant. Il me garde sur lui, putain, il est fort le con !… « Lèche bien tout ! » Il reprend du souffle.

- T’es un as !… Bien mieux qu’une gonzesse ! Ce soir, on l’fait ?

Je suis sonné. Qu’est-il arrivé ?

- Non !
- Demain alors ?

Je réponds rien, on rentre, en silence. Je rêvasse tout haut.

- Elle est belle ta mère !… Et ton père ? je lui demande.
- Il s’est barré… avec une négresse en plus ! Ma mère elle s’embête pas, une vraie putain ! Ses deux ouvriers, y z’arrivent à quatre heures du mat. Quand ça lève, ou bien ça cuit, la fournée, elle propose : « Vous montez pour un café ? » Les paye mal, plutôt en nature. Je les ai matés. Tous les jours, c’est pareil ! « Allez, culs nus les gonzes ! » Elle s’affale sur le canapé, écarte en grand ses grosses cuisses blanches, celluliteuses, salive ses doigts, se fouille à fond la grosse touffe noire ... poilue, un buisson, un nid à morpions ! Elle s’astique un bon moment. Les deux mecs bandent à crever. Elle jouit. Elle s’en fout si j’la r’garde. « À vous deux, j’suis chaude. » Ils l’enfilent… à tour de rôle… pistonnent sévère, à s’en écraser les couilles. Ça jouit, ça crie, ça m’remue les tripes. Au milieu de son mois, elle fait la chienne, elle présente son cul. « C’est le jour du petit serré ! » qu’elle annonce. « Bourrez-moi fort ! Vous êtes pas des lavettes ! » Les gus la fessent rouge en même temps qu’ils ramonent… à fond la bite.

Je suis raide à l’entendre raconter tout ça !

oOo

Le soir, dîner approximatif… des œufs à la coque, pas bien cuits. Le jaune, c’est comme un gland maladif, et tout autour, c’est glaireux, comme la liqueur du zob de Victor. Rien d’autre à bouffer. Faudra que j’y aille, à la maison délabrée ! C’est moi qui leur apportera du frichti ! Eux, rien à en tirer… mes vieux, des larves !

Rêvé de la mère à Victor. Ses seins… de la pâte à pain… souple et farineuse. Je léchais, je pétrissais, je mordais les tétons framboise, du lait coulait à flots, ça inondait tout. Le drap était trempé. Mon père approchait : « T’as encore pissé p’tit con ! » Il voulait me battre, tout nu, bite en avant, pointée sur moi, comme un couteau j’ai pensé. Il approchait, il voulait me crever les yeux. Je suis sorti du cauchemar, raide à péter mon gland. Je me suis branlé. Ma mère s’est éveillée :
- Ferdinand, tu es malade ?
- Non maman, c’est juste un mauvais rêve.
- J’étais trempé de sueur. Je frissonnais… un sale petit vent, les fenêtres sont nazes.

oOo

Le collège est crade comme tout le quartier. Odeur de chiottes, partout !… les peintures des plafonds décollent en plaques… chiures de mouches… aux murs, des traces de dessins obscènes mal effacés. Des doigts merdeux s’y sont frottés. Tous des gosses de pauvres… que des garçons. On parle de cul… où trouver des baisables, des pas cher.

Après le sport, au vestiaire, ça pue la sueur, les pieds, le rance, la pisse. Ça saisit la gorge, et ça m’excite. On joue à flaire-mon-cul : on se choppe un petit, on le ceinture à deux ou trois, je m’enfonce deux doigts dans le fion, et je lui fait lécher, bien profond dans la gorge ! Souvent, il dégueule. On compare nos bites, on se les branle. Le sol est tout glissant, une vraie patinoire. Ballochard, le prof de sport, ça l’amuse ! Il bande… ça se voit sous son short en soie brillante. Il aime bien montrer ses cuisses… de beaux muscles efficaces qui jouent, qui s’enveloppent, comme ceux des statues en marbre blanc dans le bouquin d’Histoire. Poilues, bronzées ses cuisses, les gonzesses, elles doivent juter dans leurs culottes.… Ses cuisses, il leur montre au parc, en cavalant pour rien ! La fesse nue d’un gamin à sa portée… pan et clac ! pas fort, c’est gentil, on s’attendait à plus vicieux, tout le monde rigole.

oOo

Victor, il insiste.

- Tu viens avec moi pomper les mecs ? 
- Non, j’ai la trouille.
- Tu sais, j’me fais chaque fois un bon paquet d’bifetons. Et après, j’vais aux putes.

On aimait traînasser au Passage Gonaud, mater les nichons qui débordent, et les bas troués… elles ont dû baiser sévère ! De grosses lèvres rouges, des dents de tigresses, prêtes à vous dévorer la langue, la bite, tout quoi ! Sûr que ça vaut quelques sous de se faire vider des couilles par une ! Toujours le cœur battant au Passage… et les jambes molles. Qu’il est étroit le Passage, c’est exprès… forcément on les frôle, elles se frottent aux mecs, elles rient gras, elles remontent encore un peu leurs jupes déjà courtes, serrées sur leurs grosses fesses. Ça leur plaît qu’on reluque leur viande… elles fumassent. Leurs parfums violents, ça grise… Ça sent l’aventure… juste au fond d’une cour, surtout la première fois, ça fait du souvenir !

On est pas seuls, des types passent et repassent devant les putes. Est-ce-qu’ils vont en choisir une ? Ils recomptent leur fric dans leurs poches. Ou bien c’est juste une petite émotion gratis ? Certains rigolent avec les filles, des habitués. D’autres font tête basse, rasent les murs, comme si leurs bobonnes les espionnaient. Les filles les bousculent. « Chéri ? T’es tout vide ? Non ? Alors monte ! J’suis toute chaude pour toi ! J’te f’rai tout »

Marinette, une fanée, plus rien à perdre. Elle montre ses nichons qui pendouillent comme des outres à moitié vides. Gros tétons rosâtres. Un type les tripote, les soupèse, timide. Elle s’en amuse. Au vu de sa chair flétrie, il doit penser au reste, des cuisses fadasses, chagatte à l’avenant. Elle l’entraîne, « Viens mon chou ! »… Il se laisse pousser dans un escalier sombre. Ils disparaissent.

Une mignonne petite café-au-lait toute frêle me tire à elle… Parfum cannelle… peau veloutée… un baiser sur ma joue, elle cherche mes lèvres… Dix-sept ans, au plus, j’en ai quatorze ! Amoureux, d’entrée !… Percé jusques au fond du cœur (pas du cul, comme les pédés du square) ! Des yeux noisette, des gentils seins tout gamins qui s’agitent sous sa blousette aux couleurs créoles.… J’aperçois ses tétons chocolat. Raide que je suis ! Sa coquine main me cherche, futée, elle me tâtouille la bite. Dans ma poitrine, ça palpite, comme si un lion me poursuivait… et les jambes en coton, comme dans ces rêves où on n’arrive pas à courir. Elle murmure à mon oreille :

- Gros lapin, tu viens ! T’es chaud, tu vas pas t’nir ! Première fois, c’pas ? Moi c’est Zoé. Et toi ?
- Ferdinand (j’ai quand même réussi à sortir mon nom).
- Pas cher (qu’elle dit très bas, pour que les autres entendent pas).
- Pas d’fric !
- Si j’te l’fais gratis, mon Julot, y’m’cognerait ! Regarde ça !

Elle montre sa cuisse, un gros bleu violacé, et des traces de coups de ceinture. Je lui caresse la cicatrice. Belle cuisse mince, peau soyeuse. Elle frémit sous ma caresse, elle soupire.

- Je reviendrai, avec du pognon !
- Zoé, tu t’rappelleras ? J’y suis tous les jours ! Tu m’attendras si j’suis montée.

Sûr que j’irai… mais d’abord au canapé de la bicoque… pour Zoé. Je le vois déjà, rougeâtre, il grince… Tout avaler, comme avec Victor ! Pour Zoé !

Victor me laissait méditer, sûr de son coup.

- Tes parents, ils baisent comment ? qu’il me demande.
- Ils s’engueulent d’abord. Ça pleut des baffes, des claques, des assiettes volent !… Ça crie, les voisins entendent ! Quand ma mère crie grâce, il la saute, le sale bouc. Ça dure ! J’entends à côté, le lit grince à mort, bon à s’écrouler ! Elle gémit, je sais pas trop si elle pleure ou elle jouit. Lui, le connard, il souffle, un vrai phoque de zoo, comme s’il allait crever. Le vin, ça le maintient. Dans la famille, on s’en méfie, on raconte qu’il a dépucelé deux nièces. Si j’avais une sœur, elle y serait passée !

oOo

On l’appelait Choupette, un blondin de ma classe, on lui parlait comme à une gonzesse. Il avait des beaux seins de fille qui lui poussaient, on lui maniait sa jolie petite viande, on lui pinçait les tétons.

- Choupette, ils ont encore poussé tes nichons !
- Non, c’est pas vrai ! Et puis c’est pas ma faute, c’est mormonal.
- Justement, Ferdinand va te la mormoner grandiose ! Cul nu, tout de suite !

Il veut résister. On lui baisse le froc. Je branle sa zigounette, je lui pressure les roustignolles, des noisettes minables ! J’y vais pas mollo, qu’on me prenne pas pour une pédouze. C’est pas parce qu’avec Victor… Sur le canapé rouge, c’est pour Zoé que ce sera !

- Le grand Simon va te cularder… comme l’autre jour, à sec !

Faut dire que Choupette, elle était pas pucelle du fion ! J’ai serré son gland, bien violacé qu’elle en pleurnichait. Il a fini par baver blanchâtre, son glandouillet. J’ai essuyé ma main dans ses cheveux. La Choupette, elle a couru en chaussettes, fesses nues et bite au vent, pour tenter de récupérer son slip et son pantalon. Ballochard, s’est bien marré, en sonnant la cloche.

oOo

Pepita, la femme de ménage, au collège, c’est une toute jeune. Elle parle pas bien le français. À trois quatre, on se la choppe, on la fout par terre, on lui tire la culotte et on lui fouillasse la chatte, bien vachement. Elle crie, on rigole, des fois elle pisse, comme si ça lui plaisait pas qu’on s’occupe d’elle !

- Si tu racontes ça, t’auras ton balai dans ce trou-là, bien à fond !

Les fortes paroles, y a pas à dire, ça calme !

oOo

Rue du Sergent Destouches, mes premières suçades ! Pour Zoé ! Un type tout poilu. Il m’a coincé la tête pour que j’avale tout. J’ai failli dégueuler. « C’est l’métier qui rentre, en force ! » qu’il a dit Victor. C’est lui qui récupère le fric, il m’en donne la moitié, mais ça aide à nourrir mes vieux schnoques de parents. Un autre a demandé que je sois tout nu, il a sorti un billet de plus. « Il est trop mignon. Avec ses p’tites couilles sans un poil. Il bande bien en plus. » J’étais rouge. « Combien pour le papaouter ? » « Rien ! » j’ai crié, je voulais pas finir comme Choupette ! « Il est tout jeune, faut qu’il mûrisse ! Plus tard, on en reparlera. » Victor, ce malin, voulait faire monter le prix de mon cul !

Un autre était surveillé par sa connasse de bonne femme. Une bourge, bien sapée. Tailleur gris perle, bas noirs. Des gants assortis. Elle tournait en rond, ses talons claquaient, nerveux, sur le plancher pourri. Ça nous gênait. « Je vais pisser », elle est sortie au jardin. Ça nous a calmés, j’ai fini le type en vitesse.

Au retour, j’ai montré un petit billet à Violetta. Elle a tout de suite retroussé sa jupe. « C’est pour me tripoter, hein ? » Pour du fric, elles les écartent, toutes, pucelles, grenouilleuses ou saintes-nitouches. J’ai entrouvert ses mignonnes petites lèvres, pas un poil ! Et frotté son bouton minuscule. Elle a bien aimé, les billets surtout ! Elle va pas rester longtemps pucelle !

oOo

Au collège, grande émotion et chuchotements. Une bécasse de dix-neuf ans a été violée… à quatre qu’ils étaient, du collège, des pas plus de quinze ans ! La honte sur elle ! Pucelle, catho sérieuse… une famille de cons. Elle se réservait pour un mec, après bénédiction par un curé quelconque. Trop tard, son mec n’en veut plus… foutue, flétrie, déshonorée, bonne pour le couvent ! Peut-être même qu’elle est déjà en cloque ! Dans un couvent, ça fait désordre !

Jérôme, il en était. Tous autour, on l’écoute, envieux, mais pénards, rapport aux flics. Pas lui. On dira rien ! Il parle bas.

- On s’l’a foutue sur un banc, au square des pédés. Jupe troussée. Deux lui t’naient les cuisses, grand écart. Culotte arrachée, on la lui fourre dans la gueule, pour qu’elle rameute pas. Pierrot lui bloque les bras. Elle couine dans sa culotte. J’lui écarte les lèvres, comme on ouvre une pêche, des poils blonds, pas beaucoup. Plus elle tortille des fesses et plus on bande. J’la plante, ça résiste un peu, j’y vais franco. Des cris. J’pistonne… Bon Dieu, qu’elle ait son compte !… Étroite ! Ça j’vous l’conseille, un con d’pucelle,… c’est grandiose. Des larmes, bien sûr ! J’envoie la purée. Ça coule blanchâtre avec du sang, tout rose, comme un bonbon à la fraise. Elle se débat, mais on la tient. Les gifles, ça l’a calmée ! Elle a compris qu’elle a pas été trouée pour du beurre. Pierrot prend la suite. Il est gentil lui, i’s’couche sur elle pour l’embrasser, e’veut l’mordre. Salope ! Nouvelles baffes. Il crie en giclant, bien à fond qu’il en profite… dément le gonze ! Paul et Julien, pareil ! On lui essuie la fente… avec sa culotte. On se l’a coupée en quatre la culotte, les morceaux rougis, on les garde … des trophées.

- Et si elle dénonce ?
- Si elle donne, qu’on lui a dit, on la f’ra couvrir par un chien ! Cette conne, elle a raconté, mais elle a dit qu’elle avait pas vu les visages, qu’y f’zait noir ! Le chien, ça l’a mouronnée !

Avec Zoé, ma douce métisse caramel, ça sera pas comme ça ! On se fera des vraies caresses d’amoureux, des bien tendres, on se léchera le ventre, les cuisses, les fesses. Toute la nuit ! Mais son Julot pourra nous emmerder ! Faudra jouer finaud.

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J’ai dans ma poche quelques biftons. Pour Zoé. Tout chaud des joues, je poulope au Passage. Beaucoup de viande à l’étalage, et de la pas fraîche, mais pas Zoé. On me dit que son Julot l’a emmenée à Marseille, dans un rade bien glauque où son p’tit cul payera plus. L’horreur !… Les voilà cinq après moi, à sortir leurs gros nichons, parfumés à tuer les mouches à trois kilomètres. Je tâte mes billets, bien au fond de ma poche. Je me laisse embarquer par une qui ressemble à la boulangère. Grands ongles rouges et gros bijoux clinquants. Elle a peut-être déjà sucé Victor, que je me dis en montant derrière elle. L’escalier grince, ça sent le chou et l’eau de vaisselle. Peu de lumière, mais devant mon nez, ses fesses valsouillent. Elle est brune.

- Et bien poussin, c’est gentil chez moi ! T’as pas trop l’habitude ?
- La bite rude ?

J’avais pas compris, elle a un accent bizarre. Elle éclate d’un grand rire, et moi aussi, avec elle ! À poil qu’elle se fout en cinq secondes, me déloque, pique au passage quelques billets dans ma poche et me pousse au lavabo pour me rincer la bite. Faut dire qu’elle sentait le rance pisseux, mes branlées d’une semaine !... Je suis plutôt mou ! Elle me la savonne, et les roustons, et le doigt au trou. Ça vient ! Elle me pousse au pieu. Elle étale sa moule, rosâtre , et luisante au milieu des poils noirs. Y mettre la main ? Non ! elle me la repousse, la dirige sur ses nichons, faut dire qu’il y a de quoi s’occuper ! « T’en as une bien jolie mon poussin !… J’vais t’la bouffer ! » Elle me léchouille, me la manœuvre à la va-vite. Elle s’étale sur le dos, cuisses écartées. Les nichons s’écroulent, chacun d’un côté. « J’suis chaude !… Tu m’enfiles. » Elle me la dirige, c’est chaud, ça glisse bien ! Son ventre me la bouffe. Âcre odeur d’aisselles, ça m’excite ! et son souffle dans mon cou… des relents de bière et de tabac. Malgré ça, je cherche à baisoter ses lèvres, c’est encore non ! Ma Zoé, où est-elle ? On se boufferait nos langues ! À fond dans le beurre, mon zob accélère… Chaud dans la tête ! C’est parti, son ventre m’a sucé ma liqueur. Elle se lève aussi sec (si on peut dire), fonce à la cuvette, par terre, elle y trempe vaguement sa touffe noire, fendue rose… comme si je l’avais salie. C’est fini. Elle remet un soutien-gorge crasseux, une robe courte sur ses fesses nues. « Et bien, poussin ? T’attends le déluge pour te r’saper ? » Vague bisou expédié. Ce n’était pas l’infini, même pour un caniche ! Redescendre… les marches grincent encore, nargueuses. C’était mieux à la montée. Les filles rigolent « Déjà ! » qu’elles se moquent, sales pétasses !

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Tous on aimait bien l’infirmière, Madame Lambercier. Pour ses gros lolos valseurs, vaguement coincés dans un soutif noir, sous sa blouse transparente. En soignant nos bobos, elle les agitaient ses nichons… ça l’amusait de nous voir bander pour elle. « T’es vif toi » qu’elle disait, en nous caressant les cuisses. Et elle nous congédiait avec un gros bisou appuyé sur le front, bien maternel… comme à regret de n’avoir pas plus saignant à désinfecter.

Elle était chargée aussi d’administrer les punitions. En fin d’après-midi, elle faisait le tour des classes, en tailleur gris, comme pour la messe. On lui nommait les punis du jour. Ils devaient baisser eux-mêmes leurs culottes et dire pourquoi ils avaient mérité d’être punis. La première fois que j’ai été puni, on étaient deux.

Avec mon copain Marc, on avait été surpris avec des photos de filles nues, chattes rasées, qui se pissaient sur leurs jolies petites gueules de putes et se léchaient les moules, et les trou-duq… Putain ! la langue en plein dedans, profond, dans la merde ! Une autre, ligotée, cuisses écartées, elle était préparée pour un chouette viol bien facile. Je branlais Marc ...

Madame Lambercier, elle a d’abord claqué Marc de toutes ses forces, et j’attendais mon tour. Plus ses fesses rougissaient, et plus je raidissais… devant la classe, palpitante, impatiente de claques plus fortes. Les murmures encourageaient la rouste. Ses seins gigotaient sous son chemisier. J’aurais voulu pas trop bander, mais c’était plus fort. Mon cœur cognait plus et tant à chaque nouvelle claque. Ça l’excitait la Madame de frapper, et de me voir triquer. Elle devait bien juter de la moule.

- Ferdinand Tripotin, vilain branleur, à toi ! Raconte pourquoi tu mérites !

J’ai dû raconter. Elle m’a serré contre elle, comme si j’allais tenter de me sauver. Tout contre sa chaleur, son excitation moite, son agitation brouillonne ! Elle m’a soigné !… sûr que c’était rouge !… mais je bandais toujours ! Et mes joues… du feu ! La classe tenait son souffle. « Mais, ça lui plaît ! Il en reveut ! » Nouvelle cinglée. Elle s’est fatiguée. « -C’est pas vrai ! vous avez vu cette biloute ! » qu’elle a crié. Mon gland pointait son oeil, tout luisant. Elle m’a branlé. C’est parti tout de suite, sur sa jupe. Elle me l’a fait lécher. Délicieuse punition ! J’en ai eu d’autres, du même genre. Mes fesses en ont pris l’habitude, et même le goût.

oOo

Retour du sport. Ballochard nous annonce une visite médicale... « Douche sérieuse ! Soyez propres ! » Il nous savonne les bites, raides, anxieuses et impatientes à la fois d’être tripotées. Les visites médicales, on connaît ! Des obsédés, les toubibs, toujours après nos couilles et nos culs. À chacun il savonne à fond les fesses, et le trou, il insiste… même qu’il y glisse un doigt pour vérifier qu’il y a plus de merde. On bande comme des pendus… à ce qu’on dit pour les pendus… moi, j’aimerais bien en voir un pendu, cracher du foutre… tiens ! sur sa mère pleurnichant sous la potence.

- Défense de vous branler ! Sinon, la doctoresse va vous piquer dans les roustons, et vous débanderez pas de trois jours !

Putain, qu’il a dit, « la doctoresse » ! On trique à mort. On est à peine secs. Elle arrive, en bas noirs sous une blouse flottante et des talons qui claquent. Pas vieille, mais pas l’air marrante, du genre à nous faire du mal un max, « pour notre bien », comme ils disent tous. Elle inspecte la salle, c’est la cheffe.

On est tous tout nus, sur un banc. On la regarde branler les copains, tirailler leurs bites, les mesurer. Scientifique ! La mère Lambercier, elle note des trucs, elle récupère les foutres dans un grand flacon, tout un mélange glaireux ! C’est le tour de Choupette. Comique ! Ses mains cherchent à cacher sa zigounette mollassonne. La doctoresse s’étonne de ses minusses de couillettes.

- Lambercier, un tube spécial pour l’hermaphro !

Elle commence à le branler, mais Choupette lui pisse dru à la figure, ça lui coule partout, sa blouse lui colle aux nichons. On applaudit. Elle rouspète ! Choupette pleure comme une gonzesse. La doc se débarrasse de sa blouse trempée. La voilà seins nus, en culotte noire. Cris d’admiration.

- Silence, ou vous sortez tous !

Le zob de Choupette, manipulé de façon professionnelle bandoche un micro-chouia. On rigole. Elle examine son trouduq, s’étonne.

- Un boulevard ! Ballochard, venez voir !

Elle y enfonce trois doigts… sans peine !

- Vous y êtes pour quelque chose, je parie. Vous les aimez les fesses de gamins !
- Enfin, Madame !!!

Nous, on ricane tous.

- Vos gueules petits cons, sinon, vos fesses, elles vont saigner !

C’est enfin mon tour, elle me branloche sympa. Sûr qu’elle aime ça ! Chouette son boulot… branler des jeunes bites ! Petite valse de chouettes beaux seins, mignards, un coup à droite, un coup à gauche ! Mon cul aussi, elle y fourre ses doigts, juste avant que je lui parte à la figure. Trois giclées, c’est fini… dans le bocal ! Elle crie.

- Ballochard, c’est à vous, comme les gamins ! Lambercier, le paravent !

On les entend baiser. Cris de femelle sautée dru, par une grosse bite bien raide. Comme quand mon père… ce gros con. On fiche en l’air le paravent. Banzaï !… Ballochard la pistonne sévère cette pétasse, en chienne ! Ils s’en foutent qu’on les mate ! On rebande, même qu’elle nous ait branlés pas mal à fond. Mais Lambercier nous chasse, armée d’un balai de crin. On court dans les couloirs, tout nus. Pepita est paniquée. On se l’attrape, à poil en deux minutes. Le Grand Simon et deux autres la poussent dans un bureau vide, et s’enferment. On entend des cris, sûr qu’elle dérouille ! On veut enfoncer la porte, mais elle résiste bien la porte ! Ils s’en foutent ! On crie au feu ! On attrape une lance d’incendie, on casse une vitre, on leur balance de la flotte. Le robinet se coince. Ça inonde le couloir, on patauge, on glisse, tout nus. Ils ouvrent la porte, la gonzesse veut s’échapper. On se l’attrape, on l’arrose, on lui tripote les seins, les cuisses, on la fesse, elle crie, du monde arrive ! Le directeur, le surgé. Panique ! « Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? »

C’est l’heure de la sortie, les autres classes débarquent, ça les amuse un max. « Pepita, qu’est-ce que vous foutez là, dans cette tenue ? Et Ballochard, où est-il ? – Il baise la doctoresse ! qu’on lui dit. – Tu vas voir tes fesses, c’est moi qui vais te les arranger ! » Ballochard se pointe, tout coulant de sueur, dans son short qui lui colle aux fesses et à la bite. « Ballochard, expliquez-moi tout ça ! – Monsieur le Directeur, ces vauriens ont profité de la visite médicale… – Et cette eau partout ! Fermez le robinet ! – C’est coincé ! » Le surgé arrive à le fermer. « Lambercier, vous aurez du boulot à corriger toute cette bande, et la Pepita aussi ! » Nous, ça nous impatiente à voir la Pepita prendre une raclée cul nu. « En attendant, nettoyez-moi tout ça ! » Le surgé intervient. « Monsieur le Directeur, est-ce qu’on va faire un rapport à l’inspecteur ? – Imbécile ! Microcéphale ! Espèce de sinanthrope ! Un rapport ! Vous voulez qu’on ait des emmerdes avec l’administration ? »

L’affaire s’est soldée par une belle séance de punition. C’est le surgé qui s’est occupé de Pepita !

oOo

Choupette ! Disparue, emportée par une méningite ! Tristesse ! On l’aimait bien la poussine,… pour la branler, pour lui faire des misères… un bout de notre quotidien a foutu le camp ! Trop tard pour un petit mot gentil, pour un minuscule brin de consolation. Elle est de l’autre côté… d’un précipice ! Sa place en classe est vide, on l’attend toujours, comme si elle allait nous revenir, qu’on lui tâterait encore ses petits nichons pointus, tous les jours un peu plus gros !

La boulangère m’en parle, à voix basse, elle a peur de son fantôme !

- T’es bien d’sa classe à Valentin ? Pauvre madame Mortebise ! Elle dit qu’elle est doublement veuve. Son mari était parti avec une autre, et maintenant, son Valentin ! Vas donc la voir, il y a une veillée ce soir. Adrienne,… elle sera bien seule, et la vie est cruelle. Je lui dirai que tu iras !

Retour de la rue Destouches, cœur lourd, gorge serrée… Pas d’avoir sucé des queues et palpé des couilles, j’ai maintenant l’habitude… et « la bite rude », il y en a qui me tripotent. Dans le parc, j’ai récupéré des fleurs, des jaunes, pour bricoler un bouquet. Choupette, partie… à l’imprévu… Et moi… et ma mère, ça peut nous arriver, boum sur la gueule ! J’arrive à la maison Mortebise, il est très tard, la porte est entrouverte, je monte… Odeur d’encens, ça pue l’église.

Choupette allongé sur un lit bas, des bougies autour, comme un anniversaire… en costume de communion solennelle ! À côté, sur un canapé, sa mère. Elle dort sur le côté. Courte jupe noire, bas noirs transparents, belles cuisses ! Elle ronfle ! Ça fait pas sérieux près de son fils mort.

Je les regarde tous les deux. J’hésite. J’y vais, je lève sa jupe, très doucement… Mon cœur tambourine, mais ça va pas la réveiller. Haut de cuisses jambonneuses au-dessus des bas ! Une tache de vin, rougeâtre. Elle est pas vieille l’Adrienne ! Plus haut la jupe… des fesses bien rondes… de la belle viande !… Une dentelle de soie grise les sépare,… à peine, juste un ruban, des poils noirs frisés s’en échappent. Je m’approche, pour les sentir ses poils, une vraie odeur de femme, pas de savon ! Jamais autant triqué, même au Passage Gonaud !

Elle dort toujours, ses seins se soulèvent un peu, ils s’animent, à son souffle ! La vie continue. Pas pour Choupette, déjà au but, elle ! Choupette, Adrienne et moi, mon Désir face à la Mort et à la Vie… vertige ! Trois heures sonnent à une horloge d’église. Ça la réveille un peu. Je m’assieds vite sur une chaise, de l’autre côté, je fais semblant de prier. L’encens, ça monte à la tête ! Sa jupe dévoile toujours ses fesses, les oreilles me brûlent… Elle se redresse un peu, elle sourit… elle a compris. Choupette, gisant, nous rapproche.

- Ferdinand ! C’est gentil d’être venu. Et ces fleurs ! Merci, tu es le seul du collège à être venu ! Le quartier n’est pas sympathique. Et la vie, quel calvaire ! Valentin, il t’aimait bien, tu sais. Rentre chez toi, il est très tard ! Tu reviendras, un autre jour ? Promis ?

Je promets. Elle m’embrasse au front. Bonne bouffée d’odeur de seins, de sueur, la nuit est très chaude. Dans ma tête, ses fesses, belles pièces de chair, et ses cuisses, émergeant des bas noirs, et la tache de vin ! Je sors, étourdi dans la nuit, je titube.

oOo

Mon père est en taule. Et pour longtemps. Il trafiquait louche avec le curé Mailiez, le patron d’une école de filles, dont les élèves avaient régulièrement besoin des services de médecins discrets. L’évêque est intervenu pour le curé. C’est ce que raconte à mi-voix gourmande la boulangère, d’un air vaguement offusqué. Je pensais pas que mon daron était capable d’autre chose que de pinter. Bien sûr, il s’est fait gauler, ce con.

oOo

Voilà que je rencontre Adrienne à la boulangerie. « Ferdinand, tu viendras ? Tu m’as promis ! » En robe d’été, légère, fleurie, transparente, on voit pas mal, on devine ! « Après tes cours ! – Oui ! – T’es un ange ! »

Elle m’attendait. Elle m’installe, elle m’enfonce dans un canapé. Elle apporte des gâteaux, s’assied tout contre moi, cuisse chaude, nichons libres comme des lapins, qui agitent leurs museaux bruns. J’écoute pas trop. « Oui, ça va bien au collège. – Et l’affaire du curé Mailiez ? Et ton père ? – Il s’est fait poirer. – On en parle peu. L’évêque a fait étouffer l’affaire. » Elle voit bien que je suis distrait. Je pense à la tache de vin, cachée, juste au-dessus des bas noirs de l’autre jour. Ses jambes nues sont collées aux miennes, carrément, jolis mollets ronds, épaules découvertes… et son parfum fleuri ! Choupette est loin, partie dans l’oubli. D’une voix sourde :

- Ferdinand, tu penses à quoi ?

Elle pose un bras sur mes épaules, elle tâte ma braguette, elle glousse, comme Violetta quand je la chatouille sous la jupe. Elle pose ma main sur sa cuisse fraîche, me la monte sous sa robe. C’est doux, c’est chaud, mes oreilles brûlent… Elle murmure « Ferdinand, t’as déjà léché une femme ? T’as pas envie d’essayer ? J’vois bien qu’si ! » Elle me déboutonne, me la sort toute raide et baveuse. Elle remonte sa robe jusque sous les nichons, baisse culotte, écarte en grand les cuisses. La tache de vin, c’est un secret qu’elle m’a confié ! Merci Bon Dieu… pour une fois ! Elle m’ouvre sa moule, des pétales roses, violacés sur les bords, ça pendouille un peu en dehors, de la chair luisante au milieu d’un fouillis frisé noir, une vraie fourrure de caniche.

Elle m’agenouille, c’est comme à la maison rue Destouches, le visage enfoui dans ses poils moites. Ça sent bon la pisse, c’est un peu sucré, pas comme les glands des types sur le canapé rouge. Son gros bouton sous ma langue, je l’enveloppe, je l’écrase, elle gémit, elle crie, elle agite ses cuisses, convulse, tout son ventre, et ses fesses. Elle appuie ma tête, elle aussi me tient aux cheveux, c’est une manie… merde alors !

- Plus bas, oui-i-i, enfonce la bien ta langue !

Je l’enfonce, un trou soyeux et tiède … du velours… une source de miel ! Deux doigts, j’explore, elle serre les fesses, je force, je trifouille… elle adore.

- Oui, Valentin, vas-y profond !

Marrant, elle s’est trompée ! Avec son Valentin, qu’elle se croit… deux fois veuve qu’elle disait à la boulangère !

- Viens au lit, ça sera mieux !

Nus en cinq secondes. Elle m’attrape, me flanque dans les draps en bataille, mord tout ce qui lui passe de moi sous les dents, lèche mon ventre, baisouille mon cou, mes oreilles, griffe mon dos, une furie… si c’est ça l’Enfer, j’y vais ! Ses tétons rugueux me rabotent, j’ai peur pour mes couilles… elle y va, la foldingue ! Elle me bouffe la bite, toute, et les accessoires, ses cuisses viandeuses m’écrabouillent, sa moule baveuse cherche mes lèvres, ma langue, elle se branle sur mon nez ! Mes doigts, deux dans son trou de femelle, gourmand, impatient… le vicieux !… Et ça coule. Son jus sucré inonde mes yeux, mes cheveux, s’infiltre, j’en bois le plus possible. Je l’inonde aussi, ça fuse, sur sa langue, dans sa gorge, elle continue, me suce à fond, elle veut me vider les couilles pour toute la semaine !

On souffle. Elle me prend contre elle, la joue contre un sein qui frémit encore quand j’asticote le téton.

- C’était bon ?

Je réponds par des baisers sur son ventre, ses bras, ses seins, tout ce que d’elle mes lèvres peuvent attraper. Mes larmes, sur sa joue. C’est con l’émotion, pour un mâle ! Ça la transporte, elle m’embrasse furieusement. « Ferdinand, mon petit chéri ! » On se rhabille, elle fait la sérieuse.

- Ferdinand, tu gagnes combien à la maison Destouches ? Il ne faut pas que tu y retournes ! Je te donnerai autant que tu gagnes. Tu vas prendre des maladies. Les types que tu suces, ils n’ont pas peur d’enfiler des culs syphilitiques.
- Sifili-quoi ?
- Tiens, regarde.

Elle sort un bouquin avec d’horribles photos de plaies glaireuses, de pustules rougeâtres, d’abcès scrofuleux, de verrues prêtes à éclater, de chairs en décomposition… à gerber ! Douche glaciale ! Je me sentais si bien, collé à elle, à boire sa chaleur maternelle… alors que ma mère !… une connasse… tabassée par un ivrogne, quelle plaie ma famille !

- Tu vas te faire tuer ! Il y a des maniaques ! Un gamin, tout mignon, un frisé aux yeux bleus, perçants comme des couteaux quand il vous regardait ! Pas plus vieux que toi, il suçait à l’entrée de l’ancienne usine de nouilles. Des vicieux aimaient bien se vider dans sa bouche d’ange ! Embarqué par des dingues. Ils lui ont défoncé l’anus !

Merde !… Elle peut pas arrêter là son histoire cauchemardeuse ?

- On l’a retrouvé, tout en sang, châtré ! Oui, Ferdinand, coupées net au rasoir de coiffeur. Ces grands rasoirs qu’ils frottent sur une lanière en cuir toutes les deux minutes, tout près de ta gorge, tout ça pour te couper trois poils. Ça pourrait t’arriver à toi aussi, dans la maison Destouches !

J’aime pas le sang ! J’ai peur pour mes couilles. Je vais plus dormir avec ces histoires !

- Non, non….
- Comment non ? Mais c’est vrai, c’était il y a trois mois. On n’en a pas beaucoup parlé, pour éviter de mettre cause la police qui n’a pas fait son travail. Alors, laisse la maison Destouches, tu promets ?

J’ai promis. Elle m’a bavoché un gros patin, comme à Gonaud elles n’en font pas. Victor, lui m’a fait tout un cirque ! « Et nos bons clients » qu’il a gueulé, tellement furieux que j’ai eu la trouille qu’il me les coupe. C’est un dur Victor !… je l’ai vu, de mes yeux vu, tordre le cou d’un chaton et le balancer à toute volée contre un mur, devant une fille, pour lui faire peur à la fille… pour lui montrer de quoi il était cap. Il l’a baisée la gonzesse, devant le tas de poils blancs sanguinolents. Elle en menait pas large ! Sûr qu’elle a rien osé dire ! Moi, j’ai continué à la maison Destouches.

oOo

Adrienne ! Son lit tiède et moite… nos sueurs… tous nos jus ! Les soirs, et les nuits, et les matins qu’on s’est papouillés, farfouillés… on s’est léchouillé les muqueuses, langouillés tous les trous, mordillonnés… emboîtés qu’on étaient, à s’explorer des doigts, des dents, des langues… et je me la cramouillotte !… et elle me suçaille… et on se fesse à grandes volées de claques qu’on en rigole… et on se pisse au cul. On s’épuise. On dort collés, encastrés, baisés, rebaisés, dévorés… on se rêve brûlés, transpercés de désirs lancinants. Réveils brumeux, vidés de nos foutres… On a même pleuré et bu nos larmes de plaisir.

Un jour elle m’a fait une surprise, je rentrais du

* *
*

Quarante ans après, je relis ce récit, soigneusement écrit dans un cahier d’écolier secret, noir comme il se doit. Il raconte de mon apprentissage de la Vie. C’est mieux qu’une vieille photo en noir et blanc. C’est le seul souvenir matériel qui me reste de mon enfance. Tout le reste a été perdu. Mais les émotions vécues me restent gravées dans la mémoire, et continuent de la troubler.

Je pourrais continuer le récit qui s’interrompt brutalement, la matière ne manque pas. Mon père a été mis en prison pour vingt ans, il a payé pour le curé. Violetta s’est retrouvée à seize ans la plus en vue du Passage Gonaud, une princesse. Elle a très tôt profité de ses petites fesses et de ses nichons folâtres ! Même, et surtout, enceinte elle attirait les amateurs de sensations douteuses. Victor a été assassiné par un malfrat qui voulait lui prendre sa place de maquereau. La maison Destouches a été rasée, et remplacée par un triste bâtiment de bureaux. Ma mère, devenue folle, a mis le feu à l’appartement, et elle a fini ses jours dans un asile.

Si je n’ai pas écrit tout cela à l’époque, c’est que j’étais embarqué dans l’ivresse de mes amours avec Adrienne. Elle m’avait adopté légalement. Elle m’a choyé et poussé aux études, ce qui m’a épargné la vie sordide qui m’était promise. Elle m’a offert de folles nuits triangulaires avec sa nièce Caroline, à peine plus âgée que moi. Précieuse ivresse ! Irremplaçables souvenirs, encore vivants dans ma chair. Je n’aurai pas vécu complètement pour rien.

Mais la vie sépare ceux qui s’aiment, tout doucement, sans faire de bruit.

Me voilà seul, à continuer une vie trop longue et sans but, au profit, principalement, des médecins. Avec ma chatte Adrienne, qui miaule rageusement lors de ses chaleurs, tout comme le faisait Adrienne lorsque que ma langue amoureuse honorait son bouton secret. Raconter mes ébats avec Caroline et Adrienne serait les profaner. Je préfère les garder dans le secret ma mémoire. Ce sont mes « Mystères d’Aphrodite » personnels, qui disparaîtront avec moi. Ainsi disparaîtra ma vision fulgurante de la tache de vin sur la cuisse d’Adrienne devant le corps sans vie de son fils. Eros m’aura poussé à vivre, mais Thanatos finira par vaincre et m’emportera dans l’oubli, avec Choupette.

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