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Rubrique : {Récits érotiques}

Récit érotique

La directrice est en entretien

Sa chatte brune comme une cible sans détour

Le lundi 12 février 2018 par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « La directrice est en entretien », Récit érotique, Paris, février 2018.

La directrice est en entretien

« Vous demanderez, une fois sur place, madame Duval. C’est la directrice de la communication. »

J’avais encore en tête les mots de mon rédacteur en chef quand j’arrivais dans l’agence d’Air-France avec, pour mission, d’interviewer sa directrice sur le mécénat artistique.

- Bonjour. Je suis journaliste. J’ai rendez-vous avec madame Duval.
- Quatrième étage sur la droite. »

La réceptionniste ne faisait pas dans le rond de jambe. Droit au but. Il est vrai qu’on venait d’entrer dans l’hiver et que la froidure se faisait sentir aussi sur les esprits.

Parvenu devant la porte indiquée, je tapais doucement. Derrière, il semblait qu’il y avait un certain remue-ménage.

- Entrez !

Un peu surpris par le ton sec de cette autorisation, j’ouvrais et m’avançais avec prudence dans le bureau directorial. Deux femmes s’y trouvaient qui semblaient être en pleine discussion. L’une d’elles était particulièrement remontée contre l’autre.

- Mais enfin, Yvonne, vous faites n’importe quoi ! Ce dossier est prioritaire. Je vous avais dit de le mettre en haut de la pile. Je passe mon temps à réparer vos erreurs. Ce n’est plus possible !

Impossible de se tromper sur les rôles respectifs de ces deux-là au sein de l’entreprise. Car hausser le ton est un privilège réservé aux seuls dirigeants. La plus petite des deux n’en finissait pas de fulminer contre sa collaboratrice. C’était une femme mince d’une quarantaine d’années, une brune aux cheveux courts dont les lunettes argentées glissaient sur son nez effilé.

- Madame Duval, je suppose ? Dis-je en m’adressant à elle.
- Qu’est-ce que vous voulez, vous ?
- Je suis journaliste au Mensuel des arts. Nous avons rendez-vous pour faire le point sur le mécénat.
- Vous voyez bien que je suis occupée avec ma secrétaire. J’en ai marre d’être toujours sollicitée pour une chose ou pour une autre. Et vous Yvonne, remettez vous au boulot, ça vous changera de vos habitudes.

Rien à dire. Elle ne manquait pas d’air, même chez Air-France. Elle tourna ses yeux bleu-gris vers moi.

- Vous avez pris rendez-vous quand ? Je n’attendais personne aujourd’hui.
- Pourtant je vous ai eu, voici deux jours, au téléphone…
- Deux jours, vous dites ? Ce n’était pas moi mais ma secrétaire.
- En tous les cas, on m’a donné rendez-vous ce jour à 17h30. Et puisque je suis là, j’aimerais pouvoir faire mon travail.
- Eh bien vous reviendrez ! Je n’ai pas la tête à ça maintenant.

Sa réponse, toute dictatoriale, m’agaça au plus haut point.

- Écoutez, madame. Je n’ai pas que ça à faire. Et puis parlez-moi sur un autre ton. Je ne suis pas votre subalterne.

Surprise par la fermeté de ma réplique, elle s’avança vers moi, l’air décidé, comme si elle voulait me gifler. Mais elle s’arrêta presque contre mon torse. Un instant, nous restâmes sans un mot, les yeux dans les yeux, comme deux boxeurs qui se jaugent. Je la dépassais d’une bonne tête, mais ce n’était pas pour la faire céder. Elle ne manquait pas de charme, cette furie en jupons. En jupons ou plutôt en jupe de tweed à carreaux. Et ses seins, petits mais ronds, me semblaient pointer sous son chandail noir.

- Bon, ça va. On va la faire, cette interview. Yvonne, vous pouvez disposer. Je fermerai en partant.
- Bien, madame. À demain.

La secrétaire sitôt sortie, elle alla donner un tour de clé dans la serrure. J’étais maintenant enfermé avec la tigresse. Mais son ton se radoucissait.

- Excusez-moi. Je suis sur les nerfs. Avec tout ce boulot à abattre avant les fêtes. Et puis ces prédictions astrologiques ! 1990 va être une rude année pour les Scorpions.
- Vous êtes Scorpion ?
- Du deuxième décan. Et vous ? 
- Balance… Enfin, peu importe. Je n’y crois pas.
- Balance. Comme mon mari. Pour les Balances, ça doit être une bonne année.

À la regarder se détendre, les jambes croisées dans son fauteuil, elle me rappelait un peu Marie-Hélène, mon amour qui battait de l’aile. Même look d’exécutive woman, même féminité exacerbée et nerveuse.

- On verra bien. Et si on parlait un peu de travail, maintenant ?
- Toujours le travail. Les hommes n’ont que ce mot à la bouche.
- C’est quand même pour ça que je suis ici.

Elle se leva alors et se rapprocha de moi, un mince sourire aux lèvres.

- Non. Tu es ici pour t’occuper de moi. Enfin, si tu veux bien…

À lire le désir qui décrispait ses traits fins, je réalisais combien cette femme était attirante. Même dans l’intimité elle restait dirigiste. Vraiment, elle ne doutait de rien. Ou plutôt si : elle doutait du désir d’un homme plus jeune qu’elle pour elle.

- Madame a ses nerfs. Et c’est comme ça qu’elle les soigne ?
- Exactement.

Devais-je céder à son caprice ? Et Marie-Hélène dans cette affaire ? Mais pour ce qui restait de notre relation…

Je baissais la tête, un peu perplexe. Quand sa bouche, soudain, se colla à la mienne comme une ventouse. Puis nos langues se confondirent longuement.

- Je m’appelle Viviane. Dit-elle entre deux soupirs. Et toi ?
- Jérôme.
- Jérôme. C’est mignon, ça te va bien.
- Merci.
- Jérôme, je veux que tu me prennes, là sur mon bureau.

Et, d’une main sèche, elle jeta au sol les dossiers qui l’encombraient. Sa jupe de tweed à carreaux les rejoignit presqu’aussitôt. Puis, couchée sur le dos, son collant noir à demi roulé sur ses cuisses légèrement écartées, elle me désigna de l’index sa chatte brune comme une cible sans détour.

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Rubrique : {Récits érotiques}

Récit érotique

La femme interdite

Plus inaccessible qu’une nonne…

Le dimanche 2 avril 2017 par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « La femme interdite », Récit érotique, Paris, avril 2017.

La femme interdite

Ils avaient emménagés au dernier étage d’un immeuble bourgeois, non loin de l’opéra qui les employait tous deux, après avoir convolés en justes noces. Un mariage de raison entre deux artistes vieillissants, où la passion pour la musique était plus forte que celle des corps (même si la tendresse y palliait malgré tout). Là, tout près du ciel, baignés de fraîcheur et de lumière, le monde et ses turpitudes leur apparaissaient lointains et sans danger pour leur bonheur domestique.

Mais ce que le courtier ne leur avait pas dit, lorsqu’ils avaient signé l’acte d’achat, c’est que la nuit modifiait sensiblement l’image de ce quartier. D’autres créatures et leur cortège de clients prenaient possession de la rue, quelques heures après que les commerçants aient fermé boutique et que les juristes aient déserté leurs bureaux. L’une d’elles en particulier, une jolie blonde toujours court vêtue, avait fait du perron de l’immeuble son poste de guet. Et ils étaient nombreux, les hommes qui, chaque nuit, faisaient avec elle le voyage jusqu’à son studio du premier étage.

De tout cela, Paul n’avait cure jusqu’au jour où étant rentré nuitamment d’un concert, il l’avait découverte en pleine expectative, nonchalante et impatiente à la fois. Elle le prit tout d’abord pour un promeneur en goguette et lui fit aussitôt son numéro de charme, voix suave, clin d’œil et sourire complice. Jusqu’à ce qu’il lui apprenne qu’il habitait ici, tout près des toits, avec sa femme. Elle rît de sa méprise et s’excusa avant de se rattraper, en bonne professionnelle, lui laissant entendre que, si un soir il s’ennuyait, sa porte lui était ouverte.

La troublante proposition ne fut pas suivie d’effet : car Paul savait trop ce qu’il avait à perdre. Mais elle chemina insidieusement dans son esprit jusqu’à le perturber dans ses tâches journalières. De jour comme de nuit, ses rêveries le ramenaient toujours vers elle. Il pensait maintenant à ses jambes légères, sa poitrine ronde, les fossettes de ses joues, son regard de miel et les mèches blondes qui semblaient couler sur ses tempes et son front. Et il imaginait combien ce serait bon de les effleurer du bout des doigts, d’humer son parfum à pleine narine, de frotter son corps contre le sien.

Mais il se rappelait alors qu’il ne pouvait pas l’approcher, avec son statut d’homme marié et sa femme si près du lieu possible de leurs ébats. Fille publique et disponible à tous les désirs des autres hommes, elle lui était devenue la femme interdite par excellence, plus inaccessible qu’une nonne. Et son attirance, maintenant obsessionnelle, se renforçait dans l’écart infernal de ce paradoxe. Parfois, il s’accoudait à la fenêtre pour l’observer à son insu, curieux de ce manège sexuel dont il était exclu.

Un soir, comme il venait de descendre la poubelle un peu avant que l’objet de sa tentation arrive, Paul remarqua sur le trottoir d’en face une silhouette familière. C’était celle, large et massive, de son ami André, un contrebassiste ancien champion de rugby. Lui aussi connaissait donc et attendait sa belle de nuit ! En se rapprochant de lui, il remarqua avec étonnement que son ami portait un masque de cochon. André lui avoua que c’était d’abord pour ne pas être reconnu ; qu’en même temps, il voulait signifier à tous son indignité, dévoré qu’il était par la culpabilité :

« Même ainsi déguisé, tu es plus heureux que moi. Lâcha Paul avant de rentrer. »

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Récit érotique

Une star ou bien…

La fille aux yeux d’or

Le mardi 7 février 2017 par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Une star ou bien… », Récit érotique, Paris, février 2017.

Une star ou bien…

 
Les stars me fascinent, je peux bien l’avouer aujourd’hui. Elles m’attirent aussi, du moins certaines stars féminines. Adolescent, je collectionnais les photos de celles qui étaient alors le plus en vogue : Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Ursula Andress, Romy Schneider… De très belles femmes qui ont eu toutes beaucoup d’amants et pas seulement des acteurs connus. Adulte, j’ai continué à m’intéresser à elles, me documentant sur leurs vies, leurs carrières, leurs amours, les lieux où elles avaient leurs habitudes. Et souvent, alors que j’étais encore fringant, je me suis dit : pourquoi pas moi ? Pourquoi n’aurais-je pas, moi aussi, la chance de croiser le chemin d’une de ces troublantes créatures, me faire remarquer d’elle, engager la conversation, l’amener à passer une soirée, voire une nuit, avec moi. Car ces femmes adorables ne vivent pas que dans un monde idéal à deux dimensions ; elles habitent aussi sur terre, sont comme nous soumises aux mêmes lois naturelles ; elles aussi sont faites de chair et de sang, de désirs et de pulsions. Dans ces conditions, espérer en rencontrer une ne relève pas que du pur fantasme. Certes, en général, elles n’évoluent pas dans les mêmes sphères sociales que l’individu lambda. Mais il suffit de trouver un stratagème pour y entrer et pouvoir les approcher. Pénétrer d’abord dans leur monde pour pénétrer ensuite en elles. Ou le contraire… Parce que faire l’amour avec une star, c’est plus que faire l’amour avec une femme ordinaire. C’est s’approprier un peu de sa lumière et de sa célébrité, c’est une opération magique. Chance ou destin, sa beauté l’a, un jour, propulsée au rang de déesse moderne pour des millions d’anonymes. Mais c’est sa célébrité qui, depuis, la renforce, continue à la rendre désirable malgré le temps qui passe pour elle aussi. Moi, je me satisferai bien d’une star sur le retour d’âge et même franchement vieille. Qu’importe son âge si je l’ai vraiment désirée ! Je pourrai toujours penser, en lui faisant l’amour, à celle qu’elle était trente ou quarante ans plus tôt. Sur ce point je n’ai aucune inquiétude.

J’en étais à ce stade de mes cogitations quand je poussais la porte du grand café où j’avais rendez-vous avec Michel G. De cinq ans mon aîné Michel a toujours fait mon admiration à partir du jour où nous avons sympathisés. Plus grand, plus beau, plus fortuné que moi, il possède un magnétisme qui ne laisse personne insensible. Aujourd’hui encore, il reste l’homme que j’aurais voulu être. Naturellement, il a connu beaucoup plus de femmes que moi. Un véritable Don Juan ! Combien a-t’il eu de conquêtes ? Lui-même ne le sait pas. Plus de mille, certainement. Mais a-t-il épinglé une star à son enviable tableau de chasse ? Je ne pouvais manquer de lui poser la question. À ces mots, ses yeux bleu-gris se figèrent pour suivre, semblait-il, la fumée qui se dégageait de sa tasse de chocolat. Il se gratta le bout du nez, étira légèrement son menton volontaire :

« C’est difficile à dire, mais je crois bien que oui. Comment l’avais-je rencontrée exactement ? C’était un été… C’est ça, à Genève, il y a une bonne quinzaine d’années. J’occupais alors un poste de directeur commercial dans une entreprise de technologie horlogère. Du haut de gamme. On faisait de très bons chiffres à l’international. Le soir, j’allais souvent dans des boites échangistes ou prendre un verre dans un club comme le Baroque. Là, il y avait toujours des nanas qui cherchaient un peu de réconfort. Mais ce soir-là, j’avais envie d’autre chose. Quoi ? Je ne le savais pas très bien. Aussi, j’avais laissé mes pas me porter où ils voulaient. Je m’étais retrouvé sur les quais du lac Léman, à m’émerveiller comme un enfant devant les voiliers et les feux des restaurants lacustres ; à méditer aussi sur l’immense geyser qui s’élance sans cesse vers le ciel en cette saison. C’est ainsi que je m’étais retrouvé à l’orée de ce jardin — j’ai oublié depuis son nom – orné par une sculpture florale en forme de montre. Derrière, ce ne sont que saules et massifs d’arbustes propices, je le savais bien, à cacher des ébats nocturnes. Naturellement, il y avait pas mal de gays mais aussi, disait-on, quelques femmes en recherche d’une baise rapide. Je m’engageais dans ce bosquet, observant çà et là le sempiternel manège de la drague, repoussant sans ménagement quelques propositions d’homosexuels à l’affut, cherchant du regard une promeneuse en goguette. C’est alors que je LA vis. Il n’était pas loin de minuit et j’étais sensible à sa façon élégante de marcher tout en fumant avec nonchalance. Elle portait une longue veste claire et des chaussures à semelle compensée qui allongeaient un peu plus ses jambes fines. Ses cheveux, tirés en arrière, se terminaient pas une épaisse queue de cheval. Solitaire, mystérieuse, terriblement attirante. Et pourtant, aucun homme n’osait s’approcher d’elle. C’est à croire qu’il n’y avait que des pédales, ce soir-là, dans ce jardin.

Aussitôt j’entrepris de me rapprocher d’elle, sans précipitation ni brusquerie : ça pour rien au monde je n’aurais voulu l’effrayer. Durant quelques secondes, je marchais à ses côtés, attendant qu’elle tourne la tête vers moi. Et quand nos regards se croisèrent enfin, quand je découvris son visage dans le faible halo d’un réverbère, je sus que c’était elle, l‘actrice de La fille aux yeux d’or, la chanteuse à succès des années 70 dont je fredonnais les refrains doux-amers sans même y penser. Certes, elle avait vieilli, ses traits étaient moins déliés. Elle devait avoir une soixantaine d’années. Mais ses yeux n’avaient rien perdu de leur beauté légendaire et ses lèvres, légèrement botoxées, étaient une invitation aux baisers. Pour l’instant, il me fallait contenir mon envie. Et faire celui qui ne la connaissait pas. J’entamais la conversation avec des banalités : la douceur des nuits genevoises, la France, l’exil, la liberté. Mais elle était réceptive, tour à tour grave et ironique. Elle disait se sentir bien ici. Car au moins on ne la jugeait pas. Puis, peu à peu, je lui fis comprendre que, contrairement à la plupart des autres promeneurs, j’étais un homme qui aimait beaucoup les femmes. « Et je vous plais ? » me dit-elle avec ce mélange d’impudeur et de retenue qui la caractérise. Si elle me plaisait : la belle affaire ! C’est alors qu’elle entrouvrit son trench-coat pour préciser ses intentions. Dessous, elle ne portait qu’un soutien-gorge et un slip noirs. Comme ça elle était hyper-bandante. Une ligne de jeune femme ! Je passais mon bras autour de sa taille et commençais à l’embrasser dans le cou avant de plonger ma langue dans sa bouche implorante. Elle m’entraina dans un recoin qu’elle semblait bien connaitre. Si mes mains étaient avides de ses seins et de son ventre, les siennes n’étaient moins prestes à soupeser ma virilité et à l’extirper de mon pantalon. A genoux sur le gazon, elle prit mon membre dans sa bouche avec un art consommé de la pipe, l’avalant et le léchant tour à tour depuis le gland jusqu’à la lisière des couilles. Rarement j’ai été aussi bien sucé et je dois dire que si j’avais été un débutant, j’aurais joui dans sa bouche en moins d’une minute. Au lieu de ça je me retins et me retirais pour mieux m’occuper de sa fente et de son clito. Jusqu’au moment où, n’en pouvant plus, elle me demanda d’enfiler un préservatif et de la prendre à la hussarde, adossée contre un arbre, légèrement soulevée, ses jambes enlaçant mes hanches. Notre plaisir fut rapide, sauvage et partagé. Je buvais son souffle et j’avais du mal à me retirer d’elle, tellement je bandais. Puis, progressivement, chacun retourna à lui-même. J’avais envie de la revoir et de mieux la connaître. Elle me disait que j’étais « un sacré coup » et n’y semblait pas hostile. Jusqu’à ce que, par une sorte de lapsus, je l’appelle « Marie ». La prononciation de ces deux syllabes la surprit et lui déplût manifestement. Elle me rétorqua que je faisais erreur, qu’elle ne se prénommait pas Marie mais Maïténa, que je devais la confonde avec une autre femme. S’il y a des mots qui ouvrent les êtres, il y en d’autres qui les ferment, je venais de m’en rendre compte. Aussi je fis profil bas et je m’abstins de lui proposer un nouveau rendez-vous qu’elle aurait, je m’en doutais bien, refusé. Nous nous séparâmes assez froidement, sans la moindre marque de tendresse, sinon un « « tchao » qu’elle me lança en s’éloignant de ce pas léger et indolent qui m’avait troublé moins d’une heure avant. Depuis j’ai eu bien d’autres femmes, mais je pense encore à elle. J’écoute encore ses chansons, surtout celle où elle parle des quatre saisons à Genève. »

- À t’entendre on croirait que tu es un peu amoureux d’elle.
- Pas du tout, mon petit. Il y a longtemps que je ne fais plus grand cas de ces choses-là. Je me dis simplement que c’était une vieille libertine qui cherchait une bonne bite, ce soir-là. Et qui l’a trouvée avec moi.
- Il est vrai qu’avec son nom d’artiste, tu ne pouvais que la rencontrer dans un bosquet.

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