Un parfum d’ambre
Dans mon rouge obscur
Titille une nostalgie d’Eros
Dans le ciel de mon boudoir
Je sens
Une érection qui renoue avec la puissance
Je sens
Une érection qui rappelle les chaines de la faiblesse
Une étoile brille sur le toit de ma circoncision
Une main nue
Ni la sienne
Ni la mienne
Mais celle du jardin
Du jardin secret
Du potager de la libido
Où l’ivresse de Sodome est permise
Où l’interdit dénude les songes
Je les vois
Sous mes paupières
Elles apparaissent belles et multiples
Offertes et si faciles
Rondes et graciles
L’amour se prélasse dans le verger
Le désir pilote les bruits du monde
J’y suis seul
Seul dans mon jardin
Si heureu-
sement seul
Un refuge où le démon vrai
Se baigne dans les ruissellements extatiques
…
Des brouillards et des soleils
S’imbibent dans les décors de mes terribles loisirs
Et les rythmes de l’ancestrale bête
Frappant les cymbales acides du temple d’or
Portent les fluides trésors de lait
Aux portes du plus haut règne d’Icare
